Ce sont des questions légitimes que tu énonces
Je comprends que la situation est complexe, posons-nous les bonnes questions :
1. La régulation ?
Bien sûr, elle a du sens sur le papier, mais dans la réalité, elle suppose que l’offre de soins soit suffisante, que les patients soient suffisamment sensibiliser aux mécanisme, que le personnel de régulation soit en quantité suffisante... Or, aujourd’hui, dans beaucoup de territoires comme le mien, ce n’est pas le cas. Si ces centres à horaires élargis existent, c’est parce qu’il y a un besoin urgent. Les fermer ou les réguler sans préalable, sans nuance, sans transition c’est laisser les patients démunis, sans soins ou saturer les urgences.
2. Les consultations de nuit sont-elles toutes justifiées ?
Évidemment, il y a toujours un risque d'abus, mais d'expérience c’est marginal comparé au besoin réel. Qui consulterait la nuit ou le week-end s’il avait d’autres options ? Les familles qui se déplacent le soir ou la nuit, c’est souvent parce que leur enfant va mal, parce que le médecin traitant est surchargé ou absent, ou parce qu’ils ne peuvent pas attendre. La vraie question, c’est : si ces centres ferment, où iront ces patients ? Aux urgences. Une alternative encore plus coûteuse pour le système de santé.
3. Pourquoi ne pas encourager plus d’installations en libéral ?
L’un n’exclut pas l’autre, j’en suis l’exemple. Je suis médecin traitant, je fais du suivi de patients et des urgences en journée dans le centre où je travaille, ouvert 7j/7. Les soirées et week-ends sont dédiés à la médecine aiguë. C’est une organisation qui fonctionne, qui répond à la demande sans sacrifier ni la permanence des soins ni l’accès à un suivi régulier. Encourager les installations libérales est nécessaire, mais cela n’empêche pas d’organiser des structures capables d’absorber la demande de soins aigus en dehors des horaires classiques.
La solution ne peut pas être binaire : réguler ou fermer. Il faut d’abord répondre à la pénurie de soignants, améliorer les conditions d’exercice et garantir un accès aux soins. En attendant, les centres qui assurent ces horaires élargis remplissent un rôle essentiel, même s’ils ne sont pas parfaits. L’urgence, c’est de soigner les patients. Ce n’est pas en restreignant ces structures sous couvert d'économie qu’on y arrivera.
Qu'en pensez-vous ?
Le sujet est beaucoup plus complexe. Pourquoi ne pas passer par une régulation comme dans beaucoup d'endroits ? Est-ce que les consultations de nuit sont justifiées ? Est-ce qu'on y gagnerait pas si plus de personnes s'installaient plutôt que de travailler dans ces centres ?