Aux aguets devant le « garant de l’unité nationale » : un spectre complotiste plane après l’interview de Macron
À l’heure où les appels à la mobilisation populaire se multiplient à l’extrême gauche, je me sens à fleur de peau.
A mon âge j’en ai vu des passeurs de plats, mais aujourd’hui Anne-Sophie Lacarrau a établi le modèle étalon du genre. Mais bon certains décortiqueront cela bien mieux que moi !
La phrase qui me dérange, la formule du chef de l’État : « Jusqu’à la dernière minute, je resterai le garant de l’unité de la nation. » Rationnellement anodine, elle glace le complotiste (light) que je suis.
Pourquoi cet accroc ? Parce que les appels au soulèvement populaire s’intensifient, à La France insoumise se multiplient exponentiellement. Dans ce contexte, l’insistance présidentielle à incarner le ciment national résonne étrangement.
Des signaux faibles et des complicités troublantes. D’autres indices alimentent ma paranoïa de comptoir. D’abord, une proximité répétée entre certains cadres LFI et la macronie, à l’image du baiser échangé entre Yaël Braun-Pivet et Mathilde Panot, "un petit détail" qui en dit long. Ensuite, le déplacement récent des insoumis à Gaza et au Liban, accueillis par les plus hauts dignitaires locaux. Un périple impossible sans l’accord ou l’aide de la diplomatie française. Deux univers politiques en apparence antagonistes joueraient-ils en coulisses la même partition ?
Alors, j’ose l’hypothèse : et si le scénario était écrit d’avance, pousser à la rue, attiser la révolte, pour qu’au final Emmanuel Macron, sauveur des institutions, proclame l’état d’urgence républicain et reste seul maître à bord, garant de l’unité nationale ? Je pose la question, sans y croire tout à fait, mais sans parvenir à l’évacuer.
Conclusion en clair-obscur. Rien ne permet d’étayer cette hypothèse, que je livre comme une inquiétude autant qu’un jeu de l’esprit. Mais dans une démocratie fébrile, ces murmures méritent qu’on les écoute, ne serait-ce que pour mesurer l’écart grandissant entre le discours d’en haut et les interprétations d’en bas.