Depuis l'époque PayPal, Peter Thiel bute sur une seule chose chez Elon.
Ses mots : "il sait quelque chose sur le risque que nous on ignore. C'est dur à articuler. Je ne sais même pas s'il peut l'articuler lui-même."
Aujourd'hui je vais essayer de connecter trois trucs : l'expérience des fentes de Young, le multivers, et le rapport au risque d'Elon.
Et pourquoi, lui, il gagne à tous les coups.
Le raisonnement de Thiel est simple.
Années 2000 : Elon lance Tesla ET SpaceX en même temps.
Sagesse de la Silicon Valley → deux paris totalement débiles.
Si UN seul avait marché, on aurait dit "chance".
Les deux ont explosé.
Statistiquement, c'est presque impossible.
Donc soit on est tous trop risk-averse. Soit Elon sait un truc.
Voilà ce truc, à mon avis.
La plupart des gens jouent UNE ligne. Une vie, un plan, une trajectoire.
Et ils optimisent pour ne pas perdre sur cette ligne.
Résultat : ils passent leur existence à se border, à se couvrir.
Elon ne joue pas une ligne. Il joue l'arbre entier.
Il empile les paris convexes — perdre peu, gagner l'infini — en parallèle.
Il sait qu'il suffit qu'UNE branche explose pour que tout le reste devienne du bruit.
C'est l'onde des fentes de Young. Tant que tu n'as pas collapsé, tu es partout à la fois.
Et c'est là que la philosophie devient tout. Parce qu'il y a une bonne et une mauvaise façon de prendre du risque max.
La distinction n'est pas "contrôler ou pas".
Tu peux viser, planifier, halluciner ta branche — ça, c'est contrôler ta PROPRE onde.
À fond.
Le poison, c'est de vouloir contrôler les autres.
Parce que chaque humain est lui-même un observateur.
Une onde.
Une conscience avec son propre libre arbitre, qui collapse sa propre réalité.
Quand tu essaies de contrôler une autre conscience, tu tentes de collapser son onde à sa place, de l'extérieur.
Et c'est la chose la plus coûteuse de l'univers : tu te bats contre des agents libres qui optimisent chacun leur propre arbre. Résistance, friction, décohérence. Overhead pur.
C'est exactement le problème de Hayek et Mises.
Aucun planificateur central ne peut agréger ni diriger le savoir distribué de millions d'esprits libres.
La bureaucratie, c'est littéralement ça : collapser les ondes des autres à leur place.
Elle échoue mécaniquement. (cf hier : la rigidité → débranchée.)
Le modèle d'Elon, c'est l'inverse. Il ne contrôle personne. Il pose une mission, une direction, une dinguerie à atteindre — et il laisse chaque conscience libre collapser sa propre onde vers la branche commune. Des agents max-agency, pas des exécutants bordés.
Tu n'alignes pas les gens en les contraignant. Tu les alignes en leur donnant une branche tellement belle qu'ils choisissent d'y tendre leur propre volonté.
Et là, "pro-human" cesse d'être de la morale.
Reconnaître que les autres sont des consciences libres — donc ne jamais chercher à les piloter — c'est aussi la stratégie la moins coûteuse qui existe.
La liberté n'est pas qu'une valeur.
C'est l'architecture la plus efficiente de l'univers.
Le contrôle des autres, c'est de la dette technique sur le réel.
Mets tout ensemble :
→ Risque max : tu joues tout l'arbre.
→ Zéro contrôle des autres : tu ne collapses pas leurs ondes, donc zéro overhead, optionalité maximale.
→ Pro-human : tes branches sont alignées avec le sens de l'histoire, donc poussées au lieu d'être freinées.
Un mec qui fait ça n'est pas chanceux. Il est structurellement condamné à finir par gagner. Pas à chaque coup.
Mais à l'échelle de l'arbre — toujours.
C'est ça que Thiel sent sans réussir à le nommer.
Elon ne "prend pas de risque". Il a juste arrêté de jouer à un jeu à une seule ligne, dans un univers qui en contient une infinité.
"You should never bet against Elon", dit Thiel.
Évidemment.
On ne parie pas contre quelqu'un qui joue sur toutes les branches en même temps pendant que toi t'en surveilles une seule, les fesses serrées.
La vraie question n'a jamais été de parier sur Elon.
C'est de devenir le type de joueur contre qui on ne parie pas.
Elon Musk pense qu'on est dans une simulation.
Moi, mon film préféré c'est Matrix. Et voici ma théorie sur la simulation :
C'est improvable, ok. Mais en tant que philosophie de vie, c'est redoutable.
Le principe : pour que la simulation reste active, il faut qu'il y ait du fun dedans. Sinon les designers s'ennuient et ils débranchent.
Or, qu'est-ce qui tue le fun ? Les systèmes rigides. La bureaucratie. Quand tu enlèves les libertés individuelles, tu tends mécaniquement vers un système boring. Des formulaires, des comités, des normes, des sous-comités sur les normes. Plus personne ne crée, plus personne ne prend de risque, plus personne ne joue.
Et là, les mecs derrière l'écran regardent leur dashboard et se disent : "bon, faut faire quelque chose."
J'ai vu passer une théorie qui m'a fait mourir de rire : le Covid aurait été envoyé par les designers exprès. Pas pour nous nuire — pour pousser la bureaucratie le plus loin possible. La forcer à se révéler dans toute son absurdité. Confinements, QR codes, autorisations de sortie, comités d'experts qui se contredisent en boucle. Un stress test à l'échelle planétaire.
Le but : faire péter le système par excès, pour permettre le reset.
Et c'est exactement ce qu'on est en train de vivre. Trump, Musk, Milei — ce sont les incarnations du patch. DOGE qui démantèle les agences fédérales. Milei qui tronçonne l'État argentin en direct. La tech qui reprend le narratif. Le retour brutal des libertés individuelles comme valeur centrale.
On assiste à un renouveau de civilisation. Et il est massivement basé sur la liberté de l'individu de créer, de buildre, de prendre des risques.
Conclusion opérationnelle :
Traitez la vie comme un jeu vidéo. Accumulez un maximum de skills. Buildez des trucs. Faites des choses qui vous donnent du fun, ou qui donnent du fun à l'humanité — et accessoirement, aux types qui nous regardent depuis l'autre côté de l'écran.
Soyez intéressants à regarder. C'est littéralement votre seule mission.