Cette relique de la droite libĂ©rale se bat sur les mĂȘmes terres, du Nord, que Guiraud et compagnie.
ChĂšre Madame,
Vous avez commentĂ© publiquement mon intervention par ce : « Mais quâest-ce quâil raconte ?!? ».
Je racontais que des millions de Français respectueux des lois, attachĂ©s Ă la RĂ©publique et Ă ses valeurs, sont encore trop souvent victimes dâamalgames quâaucun rĂ©publicain consĂ©quent ne devrait accepter.
Je parlais de ces Françaises et de ces Français qui, pourtant pleinement français, parfois depuis plusieurs gĂ©nĂ©rations, continuent Ă ĂȘtre regardĂ©s, jugĂ©s ou soupçonnĂ©s Ă travers leur couleur de peau, leur nom, leurs origines ou leur religion plutĂŽt quâĂ travers leurs actes.
Ce qui me prĂ©occupe particuliĂšrement est la persistance de rĂ©flexes de gĂ©nĂ©ralisation qui conduisent Ă juger des individus non sur leurs actes, mais sur ce quâils sont ou sur ce quâils sont supposĂ©s reprĂ©senter.
Trop souvent, des millions de Français ayant une conduite exemplaire, respectueuse des lois et fidĂšle aux valeurs de la RĂ©publique, se voient associĂ©s aux comportements dĂ©linquants, violents ou extrĂ©mistes dâune minoritĂ© dâindividus partageant parfois la mĂȘme religion, la mĂȘme origine gĂ©ographique ou la mĂȘme couleur de peau. Cette logique du « tous dans le mĂȘme panier » est profondĂ©ment injuste. Une RĂ©publique digne de ce nom doit juger chacun de ses citoyens sur ses actes et jamais sur les fautes commises par dâautres au seul motif quâils partageraient une religion, une origine ou une apparence semblable.
Câest prĂ©cisĂ©ment lorsque ce rĂ©flexe de gĂ©nĂ©ralisation gagne du terrain ou nâest plus suffisamment combattu quâapparaissent des formes de stigmatisation collective. Cette logique revient Ă faire peser sur des citoyens innocents une suspicion quâils nâont jamais mĂ©ritĂ©e et Ă les rendre complices dâactes quâils nâont jamais commis. Câest prĂ©cisĂ©ment cette mĂ©canique de pensĂ©e qui nourrit le sentiment dâexclusion et de relĂ©gation que ressentent aujourdâhui nombre de nos compatriotes.
Ignorer cette rĂ©alitĂ© ou renoncer Ă la combattre serait une faute politique autant que morale. Car lorsque des citoyens ont durablement le sentiment dâĂȘtre jugĂ©s non pour ce quâils font mais pour ce quâils sont, certains finissent par douter de leur pleine appartenance Ă la communautĂ© nationale. Ne pas chercher Ă endiguer ces mĂ©canismes de stigmatisation, câest prendre le risque dâalimenter le repli sur soi, la dĂ©fiance Ă lâĂ©gard des institutions et, dans les cas les plus extrĂȘmes, les logiques de sĂ©paration que nous devons prĂ©cisĂ©ment combattre.
Lorsque jâai dit hier soir sur BFMTV quâil est aujourdâhui difficile de vivre en France quand on est musulman, juif, quand on nâest pas blanc de peau ou quand on ne porte pas un prĂ©nom du calendrier grĂ©gorien, je ne prĂ©tendais Ă©videmment pas que la France serait un pays hostile Ă ces citoyens ni que ces difficultĂ©s dĂ©finiraient notre sociĂ©tĂ© dans son ensemble. Jâobservais simplement quâun nombre important de nos compatriotes ont le sentiment de ne pas ĂȘtre toujours regardĂ©s comme des citoyens Ă part entiĂšre et quâaucun rĂ©publicain ne devrait sâen satisfaire.
Pour ma part, je mâinterdis de trier les Français en sous-catĂ©gories. Je ne reconnais quâune seule communautĂ© : la communautĂ© nationale. Câest prĂ©cisĂ©ment pour cette raison que je refuse que certains soient renvoyĂ©s Ă une identitĂ© particuliĂšre ou jugĂ©s Ă lâaune de critĂšres qui nâont rien Ă voir avec leur comportement individuel.
Mon message visait Ă©galement Ă souligner que le prochain PrĂ©sident de la RĂ©publique devra travailler Ă la restauration de notre unitĂ© nationale. Cela suppose de combattre toutes les formes de discrimination, mais aussi de rĂ©pondre au malaise que ressentent de nombreux Français. Câest dâailleurs le combat qui a toujours Ă©tĂ© le mien.
Face au pĂ©ril croissant des extrĂȘmes, il nous faut collectivement redoubler dâefforts pour que chacun soit pleinement reconnu comme membre Ă part entiĂšre de notre nation.
Bien cordialement,
XB.