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Le 15 juin 1389 eut lieu la bataille de Kosovo Polje, ou « Champ des Merles ». Elle opposa une armée ottomane commandée par le sultan Mourad Ier à une coalition de princes chrétiens, principalement serbes et bosniaques. Les Ottomans étaient passés en Europe dès 1352, d'abord en tant que mercenaires dans les guerres civiles qui secouaient l'Empire byzantin moribond. En 1354 survint un puissant tremblement de terre dans les Dardanelles. Les murailles de la cité de Gallipoli s'effondrèrent. Témoin de cet événement depuis l'autre rive du détroit, Süleyman, fils d'Orhan, traversa aussitôt et s'empara de la ville. Il fit rapidement restaurer les fortifications et remplaça les habitants grecs qui avaient fui par des Turcs d'Anatolie. Ce fut le début de la conquête et de la soumission de la Thrace. En 1361, la ville d'Andrinople rebaptisé Edirne, est prise et les Ottomans en font leur nouvelle capitale en lieu et place de Bursa, démontrant ainsi leur volonté de se maintenir durablement en Europe. En mars 1362, Mourad succède à son vieux père Orhan et abandonne le titre de bey pour celui de sultan, affirmant là aussi le nouveau statut de l'État ottoman et les ambitions du jeune souverain. Mourad est un grand administrateur. Il crée le divan, sorte de conseil des ministres, et institue un gouverneur général pour les possessions européennes : le beylerbey de Roumélie, fonction confiée à son ami Lala Şahin Pacha. On lui doit également la création de la fonction de grand vizir, du juge des affaires militaires (kadiasker) et du ministre des Finances (defterdar). Dans le domaine militaire, il institue le système du timar, qui accorde aux cavaliers sipahis un fief à titre viager en échange du service militaire. Cette réforme permet l'émergence d'une cavalerie professionnelle puissante, nombreuse et capable de s'équiper à ses propres frais. Pour l'infanterie, il fonde le corps des janissaires, appelé à devenir le redoutable corps d'élite de l'armée ottomane. Recrutés au départ parmi les prisonniers de guerre chrétiens, les janissaires voient ensuite leur recrutement assuré par le devchirmé, littéralement « la récolte », qui consistait à prélever un certain nombre de garçons parmi les populations chrétiennes des Balkans, généralement âgés de 8 à 14 ans. Une fois « récoltés », ils étaient envoyés à Edirne où ils étaient convertis à l'islam, éduqués comme des Turcs et soumis à un entraînement intensif afin d'intégrer le corps d'élite des Kapıkulu, les « esclaves de la Porte », directement au service du sultan. Sous Mourad Ier, les conquêtes s'enchaînent à un rythme effréné. En 1371, l'armée du roi serbe de Macédoine est détruite lors de la bataille de la Maritsa. En 1373, l'Empire byzantin vaincu est contraint de payer tribut aux Ottomans. En 1377, Gallipoli, perdue en 1366 lors de l'expédition d'Amédée VI de Savoie, est reprise. En 1385, les Ottomans s'emparent de Sofia et pénètrent toujours plus profondément en Bulgarie. En 1387, ils prennent Thessalonique. À côté de ces victoires et de ces conquêtes, les armées ottomanes connaissent également plusieurs échecs sanglants, notamment face aux Serbes lors des batailles de Dubravnica (1381) et de Pločnik (1386). En 1388, c'est le beylerbey Lala Şahin Pacha lui-même qui est battu par les forces du royaume de Bosnie lors de la bataille de Bileća. C'est afin de venger ces affronts qu'en 1389 Mourad réunit une grande armée pour soumettre et punir les Serbes. Le plus puissant des princes serbes, Lazar Hrebeljanović, rassemble ses vassaux et alliés afin de s'opposer aux desseins des Turcs : son gendre Vuk Branković, seigneur du Kosovo, ainsi que Vlatko Vuković, grand duc de Bosnie représentant le roi Tvrtko Ier. Toutefois plusieurs seigneurs serbes rivaux de Lazar refusent cependant de répondre à son appel, préférant leurs querelles internes à l'unité face au péril ottoman. Le 15 juin, non loin de Pristina au Kosovo, les deux armées se font face. La coalition chrétienne, composée principalement de contingents serbes et bosniaques, compte également des Valaques, des Croates et des Albanais. Elle rassemble entre 15 000 et 20 000 hommes, dont un puissant corps de cavalerie lourde. L'armée ottomane est plus nombreuse, probablement autour de 30 000 hommes. Elle comprend des archers, des azabs, fantassins semi-professionels anatoliens armés de lances, de masses et de haches, la cavalerie légère des akıncı, la cavalerie lourde des sipahis et enfin le corps d'élite des Kapıkulu, composé d'environ 500 cavaliers et 2 000 janissaires. L'armée serbe est déployée sur deux lignes, la cavalerie à l'avant et l'infanterie à l'arrière. L'aile gauche est commandée par Vlatko Vuković, le centre par Lazar Hrebeljanović et l'aile droite par Vuk Branković. L'armée ottomane est quant à elle organisée en trois lignes, archers, infanterie et enfin cavalerie avec le centre commandé par le grand vizir Çandarlı Halil Pacha, l'aile gauche par Yakub Çelebi et l'aile droite par Bayezid Çelebi, tous deux fils de Mourad. La bataille débute à l'initiative des Ottomans qui envoient les akıncı harceler les lignes serbes. Les chevaliers serbes et leurs montures sont lourdement cuirassés et ont peu à craindre des flèches ennemies. Mais, soit par impatience, soit par désir d'en découdre rapidement, une charge générale est ordonnée. Les akıncı se replient alors derrière l'infanterie après avoir accompli leur mission. Les Ottomans avaient creusé devant leurs positions des fossés hérissés de pieux acérés afin de briser les charges de la cavalerie lourde serbe. Ce fut peine perdue. Les obstacles et les archers sont balayés en quelques minutes. Le début de la bataille sourit à la coalition chrétienne. L'aile droite menée par Vuk Branković prend rapidement le dessus sur l'aile gauche ottomane, qui recule jusqu'à son propre camp. À deux doigts de la déroute, Yakub dépêche un messager auprès de son père pour lui exposer la gravité de la situation et demander des renforts. Mourad comprend immédiatement le danger. Si son aile gauche est détruite, son centre risque d'être enveloppé puis anéanti. Il engage donc sa réserve, composée de sa garde personnelle : les Kapıkulu, cavaliers et janissaires. C'est ici que les sources divergent. Une source bosnienne rédigée peu après la bataille affirme que douze hommes de l'aile de Branković, profitant de l'absence de la garde du sultan, se seraient infiltrés dans sa tente et l'auraient assassiné. Les sources ottomanes soutiennent au contraire que Mourad est mort au milieu de ses hommes, les armes à la main. Les sources serbes évoquent quant à elles un chevalier nommé Miloš Obilić qui aurait feint de vouloir se rendre afin de livrer des renseignements importants. Conduit devant le sultan, il se serait prosterné pour le saluer avant de tirer une dague cachée dans sa botte et de poignarder Mourad au ventre. Le sultan succomba à sa blessure tandis qu'Obilić était immédiatement abattu par les gardes. Si les récits divergent, il est néanmoins certain que Mourad expira sur le champ de bataille. Sa mort n'eut toutefois aucun effet sur le moral ni sur la discipline de l'armée ottomane. Le centre et l'aile droite ottomans avaient absorbé le choc de la cavalerie serbe, dont l'élan commençait à s'épuiser. Bayezid engage alors sa cavalerie jusque-là restée en réserve afin de déborder l'aile gauche serbe. Voyant que les azabs ne cédaient pas et que son flanc était gravement menacé, Vlatko Vuković ordonne la retraite, découvrant ainsi le centre serbe. Bayezid laisse les akıncı poursuivre les fuyards et lance les sipahis contre les arrières de Lazar, toujours engagé contre le centre ottoman. Ce fut un massacre. Lazar Hrebeljanović est capturé puis décapité, tout comme les nobles qui l'accompagnaient. Constatant le désastre, Vuk Branković ordonne à son tour la retraite, qui s'effectue néanmoins en bon ordre. Si le champ de bataille reste aux mains des Ottomans, ceux-ci sont épuisés et incapables de poursuivre les Serbes. Les deux camps ont subi de très lourdes pertes, au point que le roi de Bosnie fait écrire au pape que la bataille a été remportée par les chrétiens. Un Te Deum est même chanté à Paris en présence du roi Charles VI. Bayezid, à qui revient une large part de la victoire, est alors informé de la mort de son père. Il fait appeler son frère Yakub sous prétexte de l'en informer. Lorsque celui-ci arrive sur le lieu où leur père a trouvé la mort, il est étranglé sur ordre de Bayezid, permettant à ce dernier de monter sur le trône sans aucune contestation possible. Conscient des pertes subies et soucieux d'affermir son autorité en tant que nouveau sultan, Bayezid ramène l'armée ottomane à Sofia puis à Edirne, accordant ainsi un répit temporaire aux principautés serbes. Toutefois, si les deux camps pouvaient revendiquer la victoire, ce furent les Ottomans qui tirèrent le plus grand bénéfice de la bataille de Kosovo. Disposant de ressources humaines bien supérieures à celles des Serbes, ils furent capables de reconstituer rapidement leurs armées, tandis que la Serbie avait perdu une part importante de son aristocratie militaire et ne retrouva jamais sa puissance d'antan.
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Replying to @Generations7080
Le viager. Claude Brasseur dans le rôle de Noël Galipeau.
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cissounetto🦀 retweeted
le 14 juin 1975 décès à Paris de Madeleine Clervanne (Zoë Jeanne Cretot) actrice. Dans le film le viager elle joue le rôle de la grand-mère (la mère d'Elvire/Rosy Varte), 20e division - cimetière de Gentilly
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Sûrement pour sécuriser le viager mais ça a foiré
Replying to @macojaune
Mamie est restée assise là 💀 estébékwé
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