Mercredi 10 juin, le collectif de soutien aux enfants mal logés de Bordeaux Métropole a organisé une réunion avec la mairie de Bordeaux, conviant les élus à écouter les témoignages et recommandations de tous les intervenants officiels et officieux dans un processus de soutien aux familles mal logés qui s'est peu à peu mis en place face aux manquements des institutions publiques.
Je vous partage notre introduction, lue par Laure Michel, qui gĂšre le quotidien du collectif.
« Avant dâentrer dans le vif de la prĂ©sentation de notre collectif, il nous semble important de rappeler une rĂ©alitĂ© simple, câest que lâĂ©cole accueille les Ă©lĂšves 144 jours par an. Au portail, Ă 8h30 et Ă 16h30, les parents rencontrent donc les enseignants, qui sont des reprĂ©sentants de lâĂtat, jusquâĂ 288 fois par an.
Le caractĂšre obligatoire de la scolaritĂ© et la frĂ©quentation rĂ©guliĂšre de lâĂ©cole contribuent Ă en faire lâune des institutions les plus accessibles pour les familles.
Et dans la vie, lorsquâon se noie, on se tourne instinctivement vers la bouĂ©e la plus proche. Pour beaucoup de familles aujourdâhui, cette bouĂ©e, câest lâĂcole.
Câest ainsi que directeurs et directrices, enseignants, parents Ă©lus aux conseils dâĂ©cole ou simples parents dâĂ©lĂšves, sont rĂ©guliĂšrement alertĂ©s par des familles confrontĂ©es au mal-logement, voire Ă une expulsion imminente ou dĂ©jĂ Ă la rue.
Câest dans ce contexte quâest nĂ© notre collectif, il y a un an et demi, en octobre 2024. Il rĂ©unit parents dâĂ©lĂšves, enseignants et citoyens. Tous sont bĂ©nĂ©voles, mobilisĂ©s autour des enfants sans logement ou trĂšs mal logĂ©s, repĂ©rĂ©s donc dans le cadre scolaire.
Nous sommes un collectif apartisan. Au dĂ©part, nous Ă©tions prĂ©sents dans 3 Ă©coles du centre ville, Menuts Barbey Psg, nous sommes aujourdâhui mobilisĂ©s dans 35 Ă©tablissements de la mĂ©tropole bordelaise.
Alors, quotidiennement, que fait-on, dans ce collectif ? Et bien, notre action repose sur deux axes :
- lâaccompagnement des soutiens dans les Ă©coles par un membre du collectif dĂ©jĂ expĂ©rimentĂ©;
- lâinterpellation des Ă©lus, sur des situations individuelles mais aussi sur les politiques publiques, puisque la problĂ©matique est systĂ©mique.
Pour vous donner une idée concrÚte, depuis octobre 2024, les simples citoyens que nous sommes avons accompagné et obtenu des solutions plus ou moins pérennes pour 74 familles, soit 280 personnes, dont 167 enfants.
49,5 % des mamans sont des mÚres isolées et 29% des enfants sont tout petits, scolarisés en maternelle ou bébés.
Dans certaines Ă©coles bordelaises, câest 1 Ă©lĂšve sur 4 qui est domiciliĂ© au CCAS ou au CAIO, sans logement personnel stable. 1 enfant sur 4 qui vit tantĂŽt en hĂŽtel social, en foyer dâhĂ©bergement dâurgence, chez un tiers, dans une cage dâescalier, dans le hall de la gare ou du chu, dans une voiture, dans une tente, que ce soit en Ă©tĂ© ou en hiver.
Ce sont des familles dont les situations administratives sont extrĂȘmement diverses : françaises ou Ă©trangĂšres, en situation rĂ©guliĂšre de plus ou moins longue durĂ©e, de 10 ans Ă des autorisations provisoires de sĂ©jour 3 mois, ou parfois des familles en attente de renouvellement dâautorisation depuis des mois qui, faute de rĂ©ponse administrative, ont perdu tous leurs droits ; certaines sont dĂ©boutĂ©es, avec ou sans OQTF.
Certaines sont arrivĂ©es Ă Bordeaux il y a peu, dâautres sont ici depuis des annĂ©es.
Dâailleurs, il va de soi que dans cette rĂ©union, aujourdâhui, lâinconditionnalitĂ© est un prĂ©-requis de nos discussions. Pour nous, ce ne sont pas des gens avec ou sans papier mais des enfants et des parents vivant Ă Bordeaux.
Lâobjectif de notre collectif est simple : permettre Ă chaque enfant, Ă chaque Ă©lĂšve, dâavoir accĂšs Ă un logement stable et digne.
Plus concrĂštement encore, ce quâil se passe câest que dans chaque Ă©cole, face Ă une famille Ă la rue ou en voie de lâĂȘtre, ce sont des comitĂ©s dâenseignants et de parents qui se forment dans lâurgence, spontanĂ©ment, par simple humanitĂ© instinctive. Puis ils nous contactent, dĂ©munis, rejoignent notre collectif et accompagnent eux-mĂȘmes les familles au quotidien, en suivant un process que nous avons Ă©laborĂ© nous mĂȘmes, faute de mieux..
Alors que ce ne sont pas du tout nos compétences, nous, citoyens
suivons les situations,
répondons aux urgences,
orientons les familles,
les accompagnons physiquement ou téléphoniquement dans leurs démarches,
aidons Ă comprendre, reformuler, traduire et faire valoir leurs droits,
documentons les situations,
mettons en lien,
alertons les institutions,
et souvent, trouvons des solutions dâurgence.
Ce travail, nous le faisons en lien constant avec les écoles, les équipes de réussite éducative, les travailleurs sociaux des MDS, du CAIO ou du CCAS, mais aussi avec les maternités, PMI, centres de formation, structures de soin de la PASS, de la Maison de santé à Saint-André, du CHU, de la CAF, des services fiscaux, des employeurs, des avocat·es, des juristes, le Foyer Meunier, la Halte 33, France Horizon, Samu Social, le 115...Nous avons également alerté quasi hebdomadairement le Département et la Ville.
La liste de nos interlocuteurs associatifs Ă©galement est longue : Alifs, Cimade, CEID, PIMMS, SĂ©same, MĂ©decins du Monde, AMI, EMPP, centres dâanimation, Promofemmes, Fondation pour le logement, Pep33, RESF, 100 pour 1 toit Gironde, Compagnons bĂątisseurs, la Veilleuse.
Ce travail est immense. Il repose sur lâengagement bĂ©nĂ©vole de parents et dâenseignants dĂ©jĂ fortement sollicitĂ©s dans leur vie personnelle et professionnelle.
Il pallie des dĂ©faillances institutionnelles alors mĂȘme que la protection de ces enfants relĂšve de la responsabilitĂ© de lâĂtat.
Nous voulons dâailleurs remercier ici tous les comitĂ©s de soutien : leurs accompagnements ont permis de nombreuses mises Ă lâabri, parfois par les institutions, parfois par dâautres formes de solidaritĂ©.
Mais le collectif nâagit donc pas quâau niveau des situations individuelles. Nous avons aussi rencontrĂ© de nombreux acteurs institutionnels : PrĂ©fecture, SG, DDETS, Directeur adjoint, Commissaire Ă la lutte contre la pauvretĂ©, M. Labadie, Barreau de Bordeaux, notamment Mme le BĂątonnier, DĂ©partement, Mme Goeury, VP Ă la protection de lâenfance, plusieurs communes de la mĂ©tropole, Bx, BĂšgles et MĂ©rignac, et le service social de lâAcadĂ©mie de Bordeaux.
Nous avons Ă©galement Ă©crit Ă Madame Catherine Vautrin, alors ministre du Travail, de la SantĂ©, des SolidaritĂ©s et des Familles, notamment au sujet du systĂšme de rotation de lâhĂ©bergement dâurgence instaurĂ© en Gironde qui met Ă la rue des familles au bout de deux mois. Elle nous a rĂ©pondu avec intĂ©rĂȘt et a transmis notre courrier Ă la ministre du Logement.
En revanche, nous nâavons jamais obtenu de rĂ©ponse de Madame Borne, alors ministre de lâĂducation nationale.
Lors de ces divers échanges, nous avons formulé 4 demandes :
la rĂ©alisation dâune Ă©tude globale sur le coĂ»t rĂ©el de lâhĂ©bergement dâurgence et du non-hĂ©bergement ;
lâorganisation de temps de travail entre professionnels, institutions, associations et acteurs de terrain pour optimiser lâactuelle coordination, dans une logique dâintelligence collective ;
lâaccĂšs Ă un numĂ©ro dâurgence spĂ©cifique pour les Ă©coles, afin que les directeurs puissent alerter immĂ©diatement lorsquâune famille ne sait pas oĂč dormir le soir mĂȘme et les dĂ©charger de cette charge mentale insoutenable.
la construction, Ă moyen terme, dâun plan « Territoire zĂ©ro enfant Ă la rue » en gironde. (nous en reparlerons)
Nous avons aussi Ă©crit Ă de nombreux parlementaires locaux pour tenter dâorganiser un dialogue collectif. (Nous vous transmettrons tout Ă lâheure 2 des 6 courriers adressĂ©s lâan dernier Ă M. Cazenave.)
Seuls 2 députés et une sénatrice ont répondu. Seule la sénatrice, Mme De Marco, est venue à notre rencontre, accompagnée de M. Dostes, que nous remercions.
Nous avons aussi menĂ© plusieurs actions publiques, notamment lors de la JournĂ©e internationale des droits de lâenfant, rassemblant en chanson prĂšs de 200 personnes autour de notre Hymne Ă un toit, fĂ©dĂ©rant centres dâanimation et citoyens, jusquâau chef de chĆur du Conservatoire qui a dirigĂ© notre chant. Plusieurs Ă©lus se sont dĂ©placĂ©s, municipaux, dĂ©partementaux et dĂ©putĂ©s. Notre objectif : sensibiliser les citoyens, interpeller les pouvoirs publics par une action positive, et donner courage et espoir Ă nos enfants et Ă leurs camarades.
Nous avons bien entendu contacté la presse, à maintes reprises, créé nos réseaux sur fb et instagram et rédigé moults newsletters.
Puis nous avons rejoint le RĂ©seau national dâaide aux Ă©lĂšves sans toit, aux cĂŽtĂ©s dâune trentaine de collectifs citoyens, sous lâĂ©gide de la Fondation pour le Logement, lâUNICEF, la FAS et la FCPE.
Il faut le dire clairement : nous nâĂ©tions pas et ne sommes pas des militants professionnels.
Nous sommes des citoyens, et nous sommes fatigués.
Ce que lâon vit au quotidien, câest un systĂšme qui craque, dans notre ville.
Alors nous avons aussi lancĂ© une pĂ©tition sâinscrivant dans la demande plus large de ce Territoire zĂ©ro enfant Ă la rue. Peu importe ce que chacun pense Ă ce jour de lâappellation choisie, notre objectif Ă©tait de faire des enfants sans logement, une prioritĂ© politique locale. Elle a recueilli 3000 signatures.
En juillet dernier, la SĂ©natrice Mme De Marco a adressĂ© une question Ă©crite au ministre de l'amĂ©nagement du territoire et de la dĂ©centralisation, mettant en avant la rupture caractĂ©risĂ©e dâĂ©galitĂ© des chances des Ă©lĂšves, en totale contradiction avec les valeurs de notre RĂ©publique.
Elle lui demande dâinviter le prĂ©fet de la Gironde, dĂ©jĂ saisi sur ce sujet, Ă engager une expĂ©rimentation afin que la Gironde devienne un territoire pilote pour la mise en Ćuvre dâun dispositif coordonnĂ© de lutte contre le sans-abrisme des enfants scolarisĂ©s.
En novembre, dans lâarticle sur la mobilisation de notre collectif paru dans le journal LibĂ©ration, Mme de Marco relate quâun premier constat a Ă©tĂ© Ă©tabli avec le DIHAL, le dĂ©lĂ©guĂ© interministĂ©riel Ă lâhĂ©bergement et au logement, en septembre dernier. Il lui a Ă©tĂ© assurĂ© que sa proposition allait ĂȘtre Ă©tudiĂ©e sitĂŽt la sortie des affaires courantes.
Mais pendant ce temps, les situations se rĂ©pĂštent : Ă©puisement des familles, des citoyens bĂ©nĂ©voles, des enseignants, sentiment dâabandon et de violences institutionnelles.
En 10 jours seulement aprĂšs la rentrĂ©e, en septembre dernier, nous avons reçu 35 demandes dâaide urgente dâĂ©coles : des directeurs dĂ©munis, des enseignants inquiets, de nouveaux parents dâĂ©lĂšves sidĂ©rĂ©s, des enfants en proie au stress.
Et je vous laisse imaginer notre dĂ©sarroi lorsque ce sont des mĂ©decins, des travailleurs sociaux, des maternitĂ©s ou des crĂšches qui nous contactent Ă nous, pour tenter de trouver des solutions dâorientation ou dâhĂ©bergement. Je vous cite juste 2 exemples de phrases de conclusion de ces mails qui nous ont Ă©tĂ© adressĂ©s :
Travailleuse sociale :
« Je suis désolée de me tourner vers vous, mais je n'ai aucune solution à proposer à madame et ne peut me résoudre à l'idée que cette fillette et sa maman dorment dehors. Auriez-vous svp des idées ou une aide possible à apporter à cette famille ? »
AS dâune maternitĂ©, pour un bĂ©bĂ© Ă naĂźtre :
« Merci par avance pour l'attention que vous porterez Ă cette demande d'orientation oĂč tout conseil est le bienvenu⊠»
Pour nous, si des professionnels en sont Ă rechercher des solutions auprĂšs de citoyens, câest que lâheure est vraiment grave.
Cet hiver, lors de fin de prises en charge de familles au titre du plan hivernal comme du plan grand froid, câest-Ă -dire concrĂštement lors de remise Ă la rue de familles avec enfants en bas Ăąge aprĂšs 2 mois dâhĂ©bergement dâurgence maximum en plein hiver, nous avons demandĂ© une nouvelle audience Ă la PrĂ©fecture ainsi quâune Ă la directrice du CAIO.
Nous avons eu un refus du 1er et aucune réponse de la 2de.
En revanche, Ă force de ces Ă©changes quasi hebdomadaires avec lâĂ©quipe municipale prĂ©cĂ©dente, nous avons eu enfin une sensation dâĂ©volution potentielle de voir la question du sans-abrisme infantile enfin reconnue comme un enjeu majeur, dans sa nouvelle campagne municipale.
Nous nous sommes alors attelĂ©s Ă la conception de notre charte, avant les Ă©lections, pour obtenir des engagements.. Nous lâavons prĂ©sentĂ©e et faite signer Ă 5 des candidats.
Bordeaux fait partie du rĂ©seau « Ville amie des enfants » de lâUNICEF depuis 2002, rĂ©seau fortement soutenu par Alain JuppĂ© Ă lâĂ©poque, et de lâANVITA, Association nationale des villes et territoires accueillants.
Ainsi, pour concevoir notre charte, nous nous sommes basĂ©s sur nos constats de terrain, sur le guide de lâUnicef sur le sans-abrisme infantile âEnfants sans toit mais pas sans droitâ, de ceux de lâAnvita et de France terre dâasile, tous 3 rĂ©digĂ©s Ă lâattention des futurs maires.
Nous avons commencĂ© Ă rĂȘver dâune dĂ©lĂ©gation transversale mĂ©tropolitaine et dâune coordination dĂ©diĂ©e aux enfants sans abri, telles que prĂ©conisĂ©es. Notre rĂȘve nâest pas devenu rĂ©alitĂ©.
Toutefois, les engagements de notre charte ont été lus, évalués, signés par les candidats, notamment par A. Siarri pour votre équipe. Nous sommes désormais là pour suivre et veiller à leur traduction concrÚte.
Nous nâavons pas la prĂ©tention de maĂźtriser tous les aspects techniques du sujet. Nous ne connaissons pas lâensemble des actions dĂ©jĂ engagĂ©es par la mairie et nous savons le travail considĂ©rable accompli chaque jour par les professionnels, notamment les travailleurs sociaux, que nous souhaitons saluer.
Nous savons Ă©galement que nous ne rĂ©volutionnerons pas le systĂšme et nous nâavons pas la naĂŻvetĂ© de penser quâil nây aura plus aucun enfant Ă la rue dĂšs la prochaine rentrĂ©e.
En revanche, nous refusons lâidĂ©e selon laquelle cette situation serait une fatalitĂ©.
Il faut bien comprendre quâavec toutes ces familles en errance, au-delĂ de nos diffĂ©rences culturelles, linguistiques, sociales, Ă©ducatives et de nos parcours de vie, ce qui nous unit, câest ce que nous souhaitons tous, avant tout : le bien de nos enfants.
Ainsi, il nous a Ă©tĂ© impossible de laisser Ă la rue Corinne, en parcours de sortie de traite humaine avec son petit garçon de 4 ans autiste et scolarisĂ© Ă Barbey, mis Ă la rue en plein dĂ©cembre, GrĂ©goire qui dormait dans une tente derriĂšre la gare jusquâĂ ce quâelle ne brĂ»le et que sa mĂšre le rĂ©vĂšle Ă lâĂ©cole Paul Bert, Alma et sa petite sĆur de 7 mois, leur maman et leur pĂšre amputĂ© dâune jambe mis Ă la rue Ă la fin du dispositif hivernal, scolarisĂ©e Ă Anatole France, Romain en rĂ©mission aujourdâhui, qui aurait dĂ» partager une cuisine commune rĂ©pugnante dans un hĂŽtel social malgrĂ© sa dĂ©ficience immunitaire en lien avec ses soins en oncologie, Fabrice, 9 ans, qui devait changer tous les soirs le carton sous son matelas tellement le taudis louĂ© par Domofrance Ă©tait devenu malsain ou Karine, qui nous a tĂ©lĂ©phonĂ© en pleurs un soir Ă 20h, aprĂšs 7 jours dans une voiture non roulante sur le parking dâAuchan Bouliac, oĂč elle avait trouvĂ© refuge avec son fils de 5 ans. Elle Ă©tait Ă bout et lui nâĂ©tait pas en Ă©tat de retourner, pour la reprise aprĂšs PĂąques, Ă lâĂ©cole maternelle Noviciat.
Nous sommes dans lâaffect, ces situations ne peuvent pas nous laisser indiffĂ©rents. Il sâagit dâenfants qui jouent avec les nĂŽtres, qui viennent chez nous, que nous connaissons, de parents qui sâeffondrent lors dâun goĂ»ter dâanniversaire.
Nous ne pouvons pas nous satisfaire du statu quo ni accepter lâidĂ©e que tout aurait dĂ©jĂ Ă©tĂ© tentĂ©.
Nous voulons Ă©galement dire clairement quâil est inconcevable pour nous que ces enfants soient renvoyĂ©s dans des pays que leurs parents ont fui. Cela ne fait pas partie des solutions envisageables, sauf si bien entendu tel est le choix de la famille.
Nous ne renoncerons pas tant que les enfants scolarisĂ©s de la mĂ©tropole bordelaise ne seront pas traitĂ©s avec la dignitĂ© quâils mĂ©ritent, en accord avec le Droit.
Nous sommes conscients que la rĂ©ponse doit ĂȘtre collective et mobiliser lâensemble des compĂ©tences : Ătat, Ăducation nationale, ARS, DĂ©partement, Ville.
Rassurez-vous, je vais bientÎt céder la parole et nous recentrerons nos échanges sur les compétences locales, municipales et départementales. Mais ce contexte était nécessaire à partager pour comprendre pleinement le sens de cette réunion.
Notre solidaritĂ© et notre bĂ©nĂ©volat ne peuvent pas constituer, Ă eux seuls, une politique publique, et concrĂštement : nous sommes Ă©puisĂ©s. Plusieurs parents arrĂȘteront Ă la prochaine rentrĂ©e. Ils attendent Ă©coute, prise de conscience et action de la part des institutions. Certaines Ă©coles risquent de se retrouver seules.»
Comme dit précédemment, pour moi cette réunion fut un échec.
x.com/agathedavray/status/20âŠ
Sans grande surprise.
Donc on ne m'y reprendra plus.
C'est la derniÚre fois que ça se passe comme ça.
Je vous partagerai mon retour dans un autre tweet, car il y a quand mĂȘme des points positifs dans le sens qu'arrivant au bout de la dĂ©marche institutionnelle "classique", nous allons devoir prendre de nouvelles voies, et celles si me paraissent plus justes.
Hùte de vous partager ces enseignements et les conséquences sur la forme que prendra notre engagement dans les prochains mois.