Pour la farce du show biz ?
Rien que du dégoût !
Sur la scène pourrie du showbiz français, la vertu est une monnaie qu'on jette au public comme on lance des pièces à des manants. Récupérez la came, braves gens, mais fermez-la sur ce qui se trame en coulisses.
Le rituel est immuable : des saltimbanques engraissés, des penseurs de comptoir estampillés "intellectuels" et des gloires fabriquées de toutes pièces s'avancent sous les projecteurs pour vitupérer la société, clouer au pilori les puissants d'en face, sangloter sur les opprimés du bout du monde et s'ériger en directeurs de conscience de la nation. Mais quand la lumière fouille leurs propres ténèbres, c'est le black-out intégral. Une loi du silence feutrée, civilisée, impeccablement tarifée.
Tout le showbiz savait. La variété, le grand écran, le théâtre subventionné : tous savaient. Des brutes en roue libre, des prédateurs patentés, des ogres à particules fines évoluaient en pleine lumière parmi eux, protégés par un cordon sanitaire de complicités crasseuses, actives ou passives. On détournait le regard, on rasait les murs, on noyait le poisson. Pourquoi ce silence de caniveau ? Parce qu'ouvrir sa gueule, c'était scier la branche dorée : moins de contrats juteux, moins de tournées grasses, moins de subventions publiques détournées en confort personnel, moins de unes complaisantes dans la presse aux ordres.
Le "génie" intouchable, on le couvrait de lauriers tant qu'il remplissait les caisses. Quelques femmes broyées, des vies piétinées, des carrières étranglées : peccadille ! Mieux valait immoler quelques proies sur l'autel du chiffre d'affaires collectif que d'ébranler le racket institutionnalisé de la profession. Et quand, après des décennies de dégueulasserie protégée, l'un de ces monstres finit par mordre la poussière, voilà qu'on assiste à l'immonde ballet des pleureuses d'hier, qui s'avancent en catimini pour chuchoter leur refrain dégueulasse : "On savait tous..."
Quelle bassesse absolue. Quelle ignominie couronnée de succès. Savoir et se terrer, ce n'est pas de la discrétion, c'est de la collusion caractérisée. C'est transformer la mafia en réseau d'entraide et l'omerta en code d'honneur. Ces mêmes perroquets qui, sur tous les plateaux, à toutes les heures, exigent à grands cris la transparence, le devoir de mémoire, le courage et la vertu, ont élu pendant des années la confortable chaleur du silence complice. Ils n'ont protégé aucune victime ; ils ont sanctuarisé leur garde-manger.
Dès qu'il s'agit de cogner sur des cibles extérieures à la confrérie, l'indignation devient torrentielle, quasi-volcanique. On voit alors fleurir les tribunes incendiaires, les appels fiévreux, les pétitions vertueuses contre Bolloré, contre l'hydre "fasciste" du moment, contre tout ce qui ne porte pas l'onction du sérail. Là, ils sont soudés comme des légionnaires, solidaires comme des rats dans un fromage, héroïques par procuration. La petite famille du showbiz aux abois se serre les coudes pour défendre son monopole moral autoproclamé et son magot mirobolant.
Mais que le scandale vienne de l'intérieur, qu'il menace les juteux festivals, les coproductions arrangées entre copains, les subventions détournées, et soudain la vertu se fait la malle. On passe à l'ordre du jour. On invoque des "dossiers complexes", des "rumeurs malveillantes", des "contextes subtils". L'éternelle arnaque du deux poids deux mesures : la morale fouettarde pour le peuple d'en bas, l'impunité blindée pour la caste d'en haut.
Regardez ces réalisateurs à message, ces humoristes subventionnés, ces trublions de luxe qui ont englouti des dizaines de millions d'euros d'argent public, le vôtre, ou privé pour accoucher d'une succession de bouses cinématographiques, souvent gavées d'idéologie prémâchée jusqu'à l'indigestion.
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