D’autre part, les partenaires à l’honneur au cours de ce séminaire, à savoir les Médias et la Société civile, ont été, sur fond des brillants exposés et des échanges fructueux qui s’en sont suivis, davantage armés, outillés dans la quête de la bonne gouvernance, la transparence dans la gestion des ressources publiques, la lutte contre la corruption et les détournements des fonds publics, ainsi que la promotion de la redevabilité en République Démocratique du Congo qui constituent le leitmotiv de l’IGF.
Mesdames et Messieurs, Distingués invités,
La gestion publique en général, et les méthodes de contrôle de cette gestion en particulier, accusent un énorme retard dans notre pays par rapport à l'évolution du monde, caractérisé par la mondialisation des économies, l'intégration mondiale des systèmes financiers et l'utilisation des nouvelles technologies du numérique et de l'Intelligence Artificielle (IA). Il va donc sans dire que la transformation de l'IGF s’impose ou s’imposait d’elle-même. Elle vise à répondre aux défis actuels et futurs de la gouvernance financière publique, dans un contexte caractérisé par une mutation rapide et permanente du mode de gestion publique impulsée par le mouvement de la Nouvelle Gestion Publique (NGP). C’est le grand défi que se propose de gagner le Plan ambitieux en six piliers qui a été déroulé au cours de ce séminaire. Mais, cela requiert des réformes courageuses, à la fois efficaces et efficientes.
C’est ici donc l’occasion pour ma part d’exprimer avec respect une profonde gratitude au Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, qui, depuis son avènement à la tête de la République Démocratique du Congo, ne ménage aucun effort pour engager résolument le pays sur la voie des réformes dans le but d’améliorer la gestion des finances publiques, de garantir une utilisation efficace et efficiente des ressources publiques, de lutter contre la corruption et autres anti-valeurs assimilées, en vue de renforcer la confiance des citoyens dans les institutions de l’Etat.
Mesdames et Messieurs, Distingués invités,
C’est quoi le «Contrôle systémique», pierre angulaire du Plan Stratégique Triennal 2026-2028 de l’IGF ?
De manière très succincte, c’est une vison portant positionnement de cette institution supérieure de contrôle de l’Etat comme organe d’intelligence et d’intervention pour la transformation de la gouvernance publique, basée sur la maîtrise de la donnée. Il se veut une approche intégrée et préventive qui vise à surveiller le fonctionnement global du système financier, budgétaire et administratif, plutôt que de se limiter aux contrôles d'actes isolés. Il s'appuie sur une approche fondée sur la maîtrise de la donnée, donc la digitalisation, et est orienté vers la performance plutôt que seulement sur la régularité des actes de gestion.
L'approche systémique vise finalement à comprendre l'État comme un système composé de sous-systèmes interconnectés et en relation avec d'autres systèmes extérieurs. Les finances publiques, au cœur de la mission de l'IGF, n'en sont qu'un des sous-systèmes.
Et en vue d’un contrôle efficace, il faut agir ainsi en amont et en aval des flux financiers. Cette perspective permet d'intervenir non seulement sur les conséquences (en aval), mais aussi sur les causes profondes (en amont), en analysant en amont les politiques, les processus et les mécanismes générateurs desdits flux.
Point donc de doute. En identifiant les points de vulnérabilité et les leviers d'action à chaque niveau, l'IGF passe d'un contrôle réactif à une prévention proactive, garantissant une intervention efficace et performante.
Implicitement donc, la «Patrouille financière» va connaître une évolution, c’est-à-dire déboucher sur une méthode contrôle plus globale et globalisante qu’est le «Contrôle systémique».
( suite au prochain x)