anonyme: Je travaille comme caissière dans un supermarché en France depuis plusieurs années, et aujourd’hui, j’ai besoin de libérer ma conscience.
Tous les jours, mon métier me met face à la réalité de beaucoup de familles. Je vois des mamans seules compter chaque euro pour acheter l’essentiel : du pain, du lait, des pâtes, quelques légumes… Elles arrivent à la caisse fatiguées, avec ce regard de celles qui calculent déjà ce qu’elles devront peut-être retirer du panier.
Avec certaines habituées, celles que je vois souvent et dont je connais un peu la situation, il m’est arrivé de ne pas scanner discrètement un ou deux petits articles. Pas des choses énormes. Un paquet de biscuits, une boîte de conserve, des yaourts… Juste de quoi alléger un peu une journée trop lourde.
Elles ne s’en rendent pas toujours compte sur le moment.
Sur le coup, j’ai parfois eu l’impression de faire quelque chose d’humain, presque comme une petite Robin des bois derrière ma caisse. Mais une fois rentrée chez moi, la culpabilité revient. Je sais que ce n’est pas légal. Je sais que je risque mon travail. Et je sais aussi que ce n’est pas à moi de décider.
Alors parfois, au lieu de laisser passer un article, je mets quelques euros de ma propre poche pour compléter. Ce n’est pas grand-chose pour moi, mais pour elles, ça peut changer une journée.
Je ne l’ai fait que pour quelques personnes : des mamans seules vraiment en difficulté, et quelques dames âgées qui viennent avec leur petit chariot, en comptant chaque centime. Pas plus. Jamais par amusement. Jamais pour profiter du système. Seulement quand je sentais une vraie détresse.
Je n’encourage absolument personne à faire la même chose. Ce sont des choix personnels, faits avec le cœur, mais pas sans remords.
Aujourd’hui encore, je me pose la question :
Quand un geste part d’une bonne intention, mais qu’il dépasse la règle… est-ce encore une bonne action, ou déjà une faute ?
Ce texte est une confession anonyme, pas un exemple à suivre.