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@CFrechette ➡️Québec fait une croix sur 30 ans d’efforts diplomatiques.
Depuis des semaines des voix se lèvent pour empêcher la disparition d’un joyau de notre diplomatie québécoise, L’AIEQ l’Association internationale des études québécoises. De nombreux chercheurs, d’anciens ministres des Relations internationales (dont moi-même), des députés de l’Assemblée nationale, desmembres du conseil d’administration et plusieurs médias ont dénoncé à l’unissoncette décision de courte vue du ministre Christopher Skeete.
Récemment, lors d’une mission officielle à Paris, la première ministre Christine Fréchette a effectué une visite à l’UNESCO où elle a discuté de l’importance qu’elle accorde à la promotion de la culture québécoise, de la protection de la langue française ainsi qu’à la découvrabilité descontenus francophones.
Curieux message, car pendant ce temps, elle fait la sourde oreille aux appels qui fusent de partout l’invitant à recadrer son ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christopher Skeete pour l’empêcher de mettre la hache dans 30 ans d’efforts diplomatiques remarquables. L’AIEQ regroupe 500 chercheurs dans une quarantaine de pays et a pour mission de promouvoir et développer les études sur le Québec. Son maigre budget de 250,000 dollars sera dorénavant soupoudré au seindes représentations du Québec.
Sans minimiser le travail de nos diplomates,ils ne pourront rivaliser avec le potentiel de l’AIEQ qui déployait à travers son réseau une véritable force de diplomatie d’influence (soft power) sous l’angle de la culture, de lalangue, des sciences et des valeurs.
Pour justifier cette décisionincompréhensible, notre ministre des Relations internationale, a déclaré en commission parlementaire que les activités de ces chercheurs lui apparaissent trop « nichées » à son goût et ne correspondent pas à ses attentes. À titre d’exemple, ils’appuie sur la tenue d’un colloque international de deux jours en 2024 (financé aussi par son propre ministère) à l’Université UMEÅ en Suède portant sur les productions littéraires, artistiques et médiatiques des cultures du Nord circumpolaire.
Un coup d’œil au programme révèle que huit chercheurs de l’UQAM et de l’Université de Sherbrooke y ont participé ety ont fait découvrir les œuvres littéraires deKev Lambert (Prix Médicis 2023), Andréanne Frenette-Vallières (Grand prix du livre de Montréal 2023), Gabrielle Filteau-Chiba, Vincent Fortier, MP Boisvert, Marie-Pier Lafontaine, Dominique Rivard. Pour le volet créations télévisuelles, il a été question « Des filles de Caleb », « Blanche » et « À l’ombre de l’épervier ». Pas mal pour du trop « niché! ».
Au cours de mon mandat comme ministre des Relations internationales, j’ai pu constater sur le terrain le riche travail de L’AIEQ. Que ce soit à New Delhi, à Séoul, à Tokyo, à Munich ou à Washington, j’airencontré des chercheurs et des étudiants enthousiastes, curieux d’approfondir leurs connaissances sur le Québec et de découvrir toute notre richesse en tant que nation en Amérique du Nord.
En 2017, le Conseil du trésor avait voulu sabrer les fonds de cette l’organisation. Mon sous-ministre, mon cabinet et moi-même avions réussi à le faire reculer et avions défendu avec force l’importance d’un tel réseau pour le rayonnement du Québec.
Plus que jamais, nous nous devons de protéger les acquis du Québec à l’international. En diminuer la portée,constituera un recul majeur et viendra entacher la réputation que nous noussommes efforcés de bâtir au fil des ans et quine mérite pas un tel coup bas de la part du gouvernement surtout au moment où les géants du web mettent notre culture en péril.
« On n’est pas un petit peuple, on est quelque chose comme un grand peuple » déclarait René Lévesque il y a un demi-siècle. Des paroles que le gouvernement Fréchette qui se dit « nationaliste » semble avoir oubliées.
Christine St-Pierre
Fellow IEIM-UQAM
Ministre des Relations internationales et de la Francophonie 2014-18