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The Furious réussit l'impossible : des scènes d'action dans un chaos total mais d'une lisibilité parfaite. Le nouveau film de @KenjiTanigaki, ancien chorégraphe de Donnie Yen, est produit par Bill Kong (Tigre et Dragon, Hero). On y suit Wang Wei, un homme muet au passé mystérieux qui, suite à l'enlèvement de sa fille par des trafiquants d'enfants, va s'allier avec un journaliste pour la retrouver et démanteler le réseau.
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Dans The Furious, le héros est muet. Alors c'est son corps qui s'exprime à sa place. En plus de son visage, ses mouvements deviennent une extension de ses émotions. Par exemple, quand le personnage est triste ou désespéré ils sont mous, quand il est en colère ils augmentent en explosivité. Là où un film d'action traditionnel utiliserait des plans rapprochés avec un personnage à la fois, ici la caméra choisit de montrer le combat dans sa globalité. Grâce à cette focale, chaque mouvement, chaque coup, chaque émotion restent lisibles. La scène y gagne en authenticité, portée aussi par les acteurs. Le réalisateur a préféré choisir de vrais comédiens d'action et experts en arts martiaux, plutôt que de simples comédiens auxquels il aurait fallu rajouter des doublures. Comme ce sont eux qui font leurs propres cascades et combats, la caméra peut tout filmer sans tricher.
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Lors du grand combat final au commissariat, le film propose un spectacle rarement vu. Ce n'est pas un simple 2v2 mais bien chaque personne qui se bat, avec des alliances changeant constamment. On passe du 1-contre-1 au 2-contre-1, au 2-contre-2, au 2-contre-2-contre-1. Personne n'est durablement allié. Malgré ce chaos, les mouvements restent parfaitement lisibles. Là où d'autres réalisateurs auraient noyé le spectateur dans une bouillie illisible, Kenji Tanigaki nous offre une véritable œuvre d'art. Le son clarifie aussi les scènes de combat. Il est précis, on identifie plus facilement où sont portés les coups et à quel moment. Il est amplifié. Les impacts sont plus lourds, on ressent chaque coup, chaque mouvement. Ces sons sont un poil exagérés pour mieux nous immerger, sans que ça fasse too much et que ça nous sorte du film. Kenji Tanigaki a réussi à nous délivrer un film d’action d’une brutalité et d’un réalisme qu’on n’avait pas vus depuis très longtemps. Il est même très généreux : côté durée, certains combats frôlent l’excès. Fort heureusement, on ne franchit jamais cette ligne. The Furious est clairement la nouvelle référence du cinéma d’action.
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#DisclosureDay, le tout dernier Spielberg, sorti ce mercredi, nous replonge dans l'univers des aliens. Cette fois-ci, ils sont déjà là. Nous n'attendons pas leur arrivée mais leur dévoilement. Margaret, une présentatrice météo, va soudainement parler une langue étrange en direct à la télévision puis s'effondrer sur le plateau. Daniel, un informaticien travaillant pour une société privée, a volé des preuves que la présence d'aliens est cachée depuis 80 ans. Il décide que le monde a le droit de savoir. Son organisation, elle, veut tout garder caché. S'ensuit une course-poursuite avec cette organisation. Les deux protagonistes ne savent pas ce qui leur arrive, eux aussi sont à la recherche de leur propre vérité.
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Lorsque l'oiseau rouge de son enfance (un cardinal) entre par la fenêtre, il la regarde droit dans les yeux et Margaret passe en transe. Tout se joue dans le regard. Les yeux sont le reflet de l'âme. Cet échange invisible, sans son, va au plus profond d'elle et réactive son don qui date de son enfance. Juste après, Margaret se met à parler russe comme si c'était sa langue maternelle. Ce don, nommé dropping in dans le film, lui permet d'aller au-delà des apparences. En la regardant dans les yeux, elle se connecte avec la personne, créant un lien empathique. Elle lit à l'intérieur : pensées, émotions, secrets cachés. Hugo explique que pour les aliens, l'empathie est la prochaine étape du développement humain. Cette immersion dans l'intérieur des gens, nous aussi on la vit : le son nous rapproche des personnages. Le micro semble très proche des bruits, que ce soit les pas, les portes ou les mouvements. Tout est détaillé.
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Malgré un début un peu long, Steven Spielberg retrouve l'émerveillement de l'enfance et nous offre un point de vue idéaliste où l'empathie est la seule véritable chose qui pourrait sauver l'humanité. À l'aube d'une 3e guerre mondiale, Margaret revient à l'antenne. Cette fois-ci, elle ne subit plus son poste, elle le maîtrise. Elle dévoile au monde les documents dissimulés depuis 80 ans. L'alien chuchote son message à Daniel, qui le traduit. Margaret s'installe face caméra. Le temps se fige. Plus aucun bruit et tout le monde retient son souffle. Et ce film, qui n'a cessé de vouloir montrer, se termine sur un seul mot… Listen.
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Je m’y prends en retard mais je viens de découvrir le numéro de la @7eme_obsession sur Wong Kar-wai. Au-delà du fait que le magazine soit vraiment beau, c’est surtout les textes qui sont intéressants. On plonge vraiment dans l’univers du cinéaste et de sa mise en scène. Il y a même un article sur l’utilisation des couleurs. Belle découverte et hâte de rattraper les anciens numéros.
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Avec #LeSyndicatDuCrime, John Woo présente deux hommes que tout sépare : l'un rêve de retrouver sa gloire passée, l'autre de se racheter. Le film commence avec Ho qui dort, il est plongé dans la pénombre avec une lumière diffuse qui effleure son visage. Sa respiration est lourde, il transpire beaucoup : ce n'est pas un rêve paisible qu'il est en train de faire mais un cauchemar. La scène qui suit passe au noir et blanc et sur fond de sa respiration, Ho voit son frère se faire tirer dessus au ralenti. Est-ce un flashback ? Un rêve prémonitoire ? Le spectateur ne le sait pas encore. On y suit 3 personnages aux ambitions différentes. D'un côté Ho, membre haut placé d'un gang de faux billets, qui veut se racheter auprès de son frère Kit. Mark, meilleur ami et partenaire de Ho, qui après avoir tout perdu à la suite de son incarcération rêve de redevenir le grand gangster charismatique qu'il était. Et pour finir Kit, policier, qui veut faire ses preuves auprès de ses supérieurs et s'éloigner de Ho qu'il juge responsable de la mort de son père. #ABetterTomorrow
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⚠️ Spoilers à partir d'ici Mais le passé le rattrape. Il arrive un moment où on ne peut pas y échapper et où il faut y faire face. Le processus de rédemption passe par là. Shing s'attaque à ce que Ho aime, son meilleur ami et son frère. Ho décide de prendre les armes pour en finir avec le gang, sinon il ne sera jamais libre. Au quai, Ho pourrait fuir en bateau, mais revient sauver Kit ; il demande à Mark de partir seul. Mark finit par changer d'avis et fait demi-tour par loyauté pour les protéger. Sous les feux ennemis et quand Ho est blessé, Mark dit à Kit que Ho a racheté ses fautes et qu'il ne lui doit plus rien. Dans ses derniers instants, au lieu de sauver sa peau, il plaide pour son ami auprès du frère. Lui n'a pas de seconde chance, mais il en offre une à Ho. Sa mort permet de réconcilier les deux frères.
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Le processus de rédemption va continuer quand Ho va volontairement se menotter à Kit. Il montre encore une fois qu'il veut changer et se livre aux autorités avec la seule personne qui compte à ses yeux. Les menottes sont une libération (il ne fuit plus son passé) et recréent un lien fraternel avec lui. Les deux frères s'avancent vers les policiers, validant le pardon de Kit et le nouveau chemin de Ho. Au début du film, le cauchemar de Ho présageait qu'il allait perdre son frère. Au lieu de perdre Kit, Ho se lie à lui. Le cauchemar finit en rêve. Un rêve de rédemption, et de retrouvailles avec son frère.
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Décryptage de plan - #GreenBook (2018) Réalisateur : Peter Farrelly Directeur de la photographie : Sean Porter Le concert, c'est le grand moment pour un musicien, là où il est sous les feux des projecteurs, là où il écouté et regardé attentivement. Et pourtant, dans ce plan du film Green Book, on le filme à contre-jour, dans la pénombre. La caméra est placée du côté du personnage, pas du public. Cela ajoute un côté intime à la scène, une certaine proximité que nous seuls pouvons voir et ceux, au détriment des personnes présentes dans la salle.
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Les spectateurs sont dans la pénombre, mais le personnage encore plus. De notre point de vue, aucune source n'éclaire Don Shirley. Tout le dispositif lumineux vient de la salle, il est uniquement mis en place pour les personnes qui sont venues assister à son concert. On remarque que la lumière est douce et diffuse et cette diffusion sur le haut de son corps participe à son effacement.
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La lumière principale, un halo blanc qui couronne sa tête, a une température neutre autour des 5600K. Cette température permet de le détacher plus facilement du décor qui a des teintes plutôt chaudes, qui tirent vers le jaune et le vert. Elle déborde aussi sur les touches du piano. Les mains sont la seule partie de son corps vraiment éclairée. La salle voit un homme dans son entièreté, alors que nous, on ne voit qu'un geste. Un homme qui a complètement disparu, avec seulement ce qui le rend unique : ses mains.
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Sur fond de tensions sino-japonaises, #LaFureurDeVaincre montre la vengeance autrement. Non pas comme un désir purement égocentrique, mais comme un deuil qui n’est pas finalisé. Après l’avoir révélé au monde avec Big Boss, le duo Bruce Lee/Lo Wei revient pour une 2e collaboration. Bruce Lee incarne Chen Zhen, disciple de Huo Yuanjia, une figure historique de la résistance chinoise contre les Japonais. Dès la première scène, Chen sous la pluie crie la mort de son maître et plonge sur son cercueil pour en arracher la terre. À l’enterrement, le film montre un Chen en fureur, refusant de le laisser partir. #FistOfFury
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Le film utilise le corps de Bruce Lee comme un objet de mise en scène. Son corps est organique et palpable. On sent la puissance de chaque coup, comme si elle était nourrie par le fait de venger son maître mais aussi tous les Chinois avec lui. Au début (parc, dojo japonais), Chen combat comme un animal, sans aucune mesure. Son maître disait : « Dans l’étude des arts martiaux, il faut surtout retenir une chose, l’important ce n’est pas de se battre férocement avec rage et violence, mais de renforcer son corps et son cœur. » Plus tard, Chen concentre sa fureur sur le seul véritable coupable. Aux élèves du dojo, il lance : « Je veux voir votre maître, je viens venger maître Huo, cela ne vous concerne pas. » Mais face au responsable de la mort de son maître, il redevient un animal, oubliant tout ce qu’on lui a appris. Ses coups explosent avec ses fameux cris. On sent la fureur via son corps mais aussi sa voix. Quand Chen regarde le ciel après le combat, il comprend trop tard qu’il a enfreint tout ce que son maître lui avait enseigné.
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Dans le final du film, Chen fait un pacte avec le policier : s’il se rend, l’école pourra continuer à enseigner. Il fonce en fureur vers les fusils. Le film se fige sur lui en plein saut, et les coups de feu restent hors-champ. En se jetant ainsi, Chen choisit de mourir en guerrier et non en prisonnier. Il refuse aux Japonais une dernière humiliation et rejoint son maître. Au début, Chen refuse de laisser partir son maître. À la fin, il le rejoint. C’est le même refus. Une boucle mortuaire où le deuil n’est jamais fini.
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