Là on a un combo magistral illustrant le sophisme de causalité par juxtaposition
Oui certains pesticides sont cancérigènes.
Oui il faut limiter leur exposition surtout pour ceux qui les répandent (les agriculteurs le savent)
Mais pour les consommateurs les données sont très rassurantes et non les pesticides ne sont pas une cause environnementale principale
sciencedirect.com/science/ar…
Même si une littérature chinoise fournie suggère un lien avec le cancer du colon sur une vie entière mais avec un mode de vie avec facteurs confondants énormes
sciencedirect.com/science/ar…
Ensuite non manger bio ne réduit pas le risque de cancer de manière certaine : les données sont bien trop faibles pour l’affirmer avec énormément de facteurs confondants
Les 25% viennent de cette étude, toujours la même
Elle a suivi près de 70 000 volontaires pendant quatre ans, dont 78 % de femmes, d’un âge moyen de 44 ans.
Au total, 1 340 cancers ont été diagnostiqués.
Résultat : les consommateurs réguliers de produits bio affichaient un taux de cancers de 1,6 %, contre 2,2 % chez les non-consommateurs soit une différence relative d’environ 25 % effectivement :
@RimaHas a donné le juste chiffre qu’on lui a partagé.
De quoi nourrir un tweet médiatique sans nuance… mais trompeur.
Car il s’agit d’une étude observationnelle de cohorte, sans répartition aléatoire entre groupes « bio » et « non bio ».
Or, avec cette méthode, les différences constatées peuvent résulter de biais de confusion (habitudes alimentaires globales, niveau d’études, activité physique, tabagisme…), plutôt que d’un effet direct du mode de production.
Dit autrement : les amateurs de bio ne sont pas en meilleure santé parce qu’ils mangent bio, mais mangent bio parce qu’ils prennent soin de leur santé et sont donc sensibles aux messages prétendant cette agriculture plus vertueuse sanitairement.
jamanetwork.com/journals/jam…
Une revue systématique de Stanford, publiée en 2012, n’a identifié aucun bénéfice clair du bio sur la santé, ni de différence notable en valeur nutritionnelle, et pas davantage en morbidité, malgré une exposition réduite aux résidus de pesticides.
acpjournals.org/doi/10.7326/…
Une thèse sur le sujet
dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-031…
La conclusion : « À l’échelle individuelle, nous devons continuer à encourager nos patients à manger des fruits et légumes conventionnels s’ils ne peuvent avoir accès au bio. En effet, des études confirment qu’il est préférable de consommer des légumes avec pesticides que de ne pas en manger du tout. »
Et oui manger des fruits et légumes est un facteur protecteur peu importe l’origine même si pas bio !
pmc.ncbi.nlm.nih.gov/article…
Donc partir d’une incidence et glisser sur les pesticides et le bio pour suggérer que si tout le monde mangeait bio sans pesticide le nombre de cas de cancers chuterait significativement est bien fallacieux et relève du sophisme. Le nombre de cas est d’abord une question démographique.
Et les véritables facteurs évitables sont ici
nature.com/articles/s41591-0…
C’est du sérieux
Et c’est sur ça qu’il faut agir si on est un élu responsable