L’Homme et Moi
J’ai tant aimé, tant donné, tant semé
Sans jugement, sans calcul, sans rien espérer
Que le fragile éclat d’un peu de respect.
Pourtant la vérité, cruelle et nue,
Aucune âme croisée n’a mérité ma bienveillance.
L’intérêt seul règne, roi sans couronne,
Profit et exploitation, maîtres des cœurs.
Je refuse ces lois, ces philosophies froides.
Et me voilà aujourd’hui,
Seul, sans amour, sans amis, sans famille.
La trahison et l’humiliation
Ont creusé ma chair chaque jour un peu plus.
Plus de dignité, plus de confiance,
Plus d’épaule où poser ma peine.
Je deviens agoraphobe, je deviens haineux,
Prisonnier d’un monde qui m’a broyé.
Ce que je vis, le monde entier le porte :
L’Homme est laid, si laid,
Et par sa cupidité, il scelle son déclin.
Tout n’est que combat, que mascarade,
À qui brillera, à qui aura le bon mot.
Même l’amour se marchande, se monnaye,
My gosh, comme c’est dingue.
Ma naïveté, ma crédulité tendre,
Ma vision candide et mes espoirs fous
Ont eu raison de moi.
Tant de déceptions, si lourdes, si dures…
Je ne comprends pas ce monde.
Je ne comprends pas l’Homme.
Je suis trop armé d’amour pour lui,
Trop fragile pour ses crocs malicieux.
L’altruisme et la bienveillance
Ne sont que chimères, masques habiles
Au service de l’égoïsme éternel.
Force à ceux qui portent encore la flamme,
Ces vaillants si rares, si beaux, si seuls…
Aujourd’hui le monde m’a achevé.
Je n’ai plus la force de lutter.
Mon être pleure en silence
Chaque jour, toutes les larmes de l’humanité.
L’Homme a choisi.
Et my gosh… qu’il a mal choisi.
Le baiser du vide
J’ai effleuré les étoiles,
j’ai bu la lumière crue des cieux,
j’ai tenu mes rêves à pleine gorge,
j’ai goûté l’impossible, ivre et vivant.
Gratitude, oui, gravée dans le sang.
Puis le ciel s’est fermé.
Le jour s’est éteint sans bruit.
Un cauchemar sans porte, sans aube.
Je tombe, je tombe, et rien ne me retient.
Ma mère, arrachée.
Ma fille, envolée.
"Mes" femmes, poussière entre mes doigts.
Tout ce qui faisait battre mon cœur
git maintenant en silence, loin, trop loin.
Je marche, ombre parmi les ombres,
fantôme aux semelles de plomb,
dans ce théâtre d’escrots et de masques.
Le karma, bourreau patient,
serre le nœud, jour après jour,
jusqu’à l’os.
Ce monde hurle un langage que je ne parle plus.
Il tourne sans moi, trop rapide, trop faux.
Je n’ai plus de place, plus de nom, plus de feu.
Force aux braves qui tiennent encore la flamme.
Force à l’amour qui résiste aux lames.
Moi,
je rends les armes.
Et je regarde le vide
me rendre son baiser.