Carl ALEXANDRIAN (2009-2021)
33 mois aujourdâhui que celui qui nâavait pas besoin dâĂȘtre mon fils pour que je lâaime tout autant est parti, ou dit plus crĂ»ment, est mort.
Alors que commenter du suicide dâun enfant de 12 ans si ce nâest que le temps passe et quâavec lui, la mĂ©moire dâautrui sâefface aussiâŠ
Me voilĂ donc ici, Ă Ă©crire des mots vidĂ©s dâespoirs, pour rappeler Ă qui passera par lĂ , que nul nâest Ă lâabri de se retrouver Ă ma place.
Le harcĂšlement scolaire tue, on le sait aujourdâhui. Mais quid de lâinceste et de lâabsence de rĂ©ponse judiciaire, de la souffrance de lâenfant qui a subi et Ă qui on dit quâon ne peut pas faire plus, si ce nâest le nĂ©cessaire pour lui. En parle-t-on assez ? Ă mon niveau, lâai-je suffisamment rĂ©pĂ©tĂ© ? 33 mois aprĂšs le dĂ©cĂšs de Carl, ce post a-t-il seulement un sens ?
Face Ă ce manque insoutenable, je ne peux quâavouer que ce malheur nâaurait pas autant le goĂ»t de la tragĂ©die, que je ne serais pas si inconsolable, si jâavais constatĂ© au cours des 24 094 heures que jâai passĂ©es sans lui, que la sociĂ©tĂ©, les politiques, si ce nâest les acteurs concernĂ©s, sâĂ©taient tous noblement saisis du sujet.
Malheureusement, il nâen est rien. Chaque jour, les enfants accompagnĂ©s par lâ
@AssociationCarl font les frais dâun manque de moyens, et au quotidien, les acteurs les plus compĂ©tents combattent lâhypocrisie et la mauvaise foi de celles et ceux qui pensent que la protection de lâenfance nâa quâune voix.
Or, la question est complexe. Quiconque vous dirait le contraire mentirait, et je suis triste de voir combien parmi nous, emplis de vulnérabilité, se laissent duper.
Aujourdâhui je pleure les vices de lâĂȘtre humain, le manque de solidaritĂ©, la lĂąchetĂ© de lâadulte face aux besoins vitaux de lâenfant, et ce que chaque jour passĂ© dans ce constat nâamoindrit pas mon chagrin.
Aujourdâhui, je pleure Carl.
1 enfant sur 10 victime dâinceste en France.
1 victime sur 2 qui pense que la solution Ă sa souffrance est de sâĂŽter la vie.
Pourquoi ?
Parce que nous tous, la société, nous ne nous donnons pas les moyens de les protéger.
đž Prise quelques minutes avant une Ă©niĂšme audience au tribunal de Marseille, dans un cafĂ© oĂč nous avions la triste tradition de partager un jus dâorange pressĂ© pour prendre des forcesâŠ