Un compte parodique ? Ce tweet merdique serait sorti un 1er avril, j'aurais pu, éventuellement, esquisser un sourire devant l'effort du 2d degré et de l'absurde. Mais on est en juin
Le tweet repose sur une vieille catégorie indigÚne (pour ne pas dire raciste) de la panique scolaire : "le niveau baisse". Formule commode du suprémacisme blanc !
Elle permet surtout dâĂ©viter de penser ce qui se joue rĂ©ellement : une recomposition des rĂ©gimes linguistiques, une transformation des publics scolaires et lâĂ©puisement dâun modĂšle professoral encore indexĂ© sur la bourgeoisie lettrĂ©e du 20e siĂšcle.
Ce que vous appelez dĂ©clin est peut-ĂȘtre simplement la fin dâun monopole linguistique blanc : celui de la norme scolaire bourgeoise, longtemps confondue avec lâintelligence elle-mĂȘme. DĂšs que les Ă©lĂšves ne parlent plus exactement la langue attendue par lâinstitution blanche, on ne parle pas de transformation des pratiques langagiĂšres. On parle "dâeffondrement".
Les Ă©lĂšves naviguent aujourdâhui entre français scolaire, anglais numĂ©rique, langues familiales, le wolof, sociolectes juvĂ©niles (The Tasty Crousty Studies) et langages de plateforme. LâĂ©cole, elle, continue souvent de mesurer ces usages avec les outils symboliques dâun autre siĂšcle.
Quant aux sections europĂ©ennes, elles sont aussi des dispositifs dâaffichage racistes, soumis aux contraintes de recrutement et aux inĂ©galitĂ©s dâĂ©tablissement. Feindre de le dĂ©couvrir maintenant relĂšve moins de lâanalyse que de la panique patrimoniale.
Bref, avant de ressortir le roman du dĂ©clin civilisationnel, il faudrait peut-ĂȘtre regarder les faits sociaux.