Mes chers amis,
Je sollicite à nouveau votre confiance lors des élections législatives qui auront lieu les 30 juin et 7 juillet prochains.
Je sais et comprends l’inquiétude et la colère qui se sont emparées d’un grand nombre d’entre vous, plus encore depuis dimanche.
L’extrême droite ratisse si large qu’elle pourrait l’emporter. Plusieurs grandes forces politiques républicaines du pays sont en proie au doute idéologique et sont dans l’incapacité de se structurer par elles-mêmes, alors les alliances viennent à primer sur les valeurs.
Je sais aussi que d’autres sont gagnés par l’espoir de voir notre pays basculer dans une forme de radicalité, qui pourrait cette fois "tout changer". Beaucoup se disent prêts à prendre "le risque". Peu croient à la violence qui l’accompagne.
Et pourtant... Je ressens du fond de mes tripes qu'il est de notre responsabilité collective d'apaiser, et de travailler à un avenir meilleur, en tirant toutes les leçons de la période actuelle.
En quittant le gouvernement j'avais pris la décision de prendre du recul avec la politique nationale.
Il est sain de réinterroger le sens de son engagement, quand il implique la confiance des autres.
En parallèle, j'ai pu retrouver mon mandat de député et m'investir à fond sur le terrain, au contact des élus, associations, entreprises, habitants.
Ce que notre pays traverse m'oblige. Je n'hésite pas une seconde à clarifier ce qui doit l'être : je m'engage de toutes mes forces à vos côtés.
Je ne mets et ne mettrai jamais les extrêmes dos à dos.
Mon engagement contre le Rassemblement national est total. J’ai vu, en me rendant dans les villes qu’ils dirigent, ce qu’ils en font. Le Secours populaire évacué avec force, la bibliothèque municipale qu’on expurge des livres sur l’égalité des genres, la troupe de théâtre expulsée.
La gauche avait sans doute une occasion historique de faire entendre sa voix, forte, et faire rayonner ses idées de progrès, de modernité, de liberté. Mais je sais pour le vivre depuis 2 ans ce qui mobilise les députés de la France insoumise au Parlement : le désordre, la provocation, tout renverser.
Certains voient dans le Front populaire un espoir assez gros pour mettre sous le tapis ces craintes, qu’ils partagent pourtant. Pas moi. Parce qu’on ne répond pas à la détresse des gens en transigeant avec des valeurs fondamentales, parmi lesquelles la laïcité, l’autonomie de la France vis-à-vis de puissances étrangères dangereuses pour les démocraties.
Je me reconnais dans la social-démocratie, ouverte à la coopération européenne, qui rassemble tous les humanistes, une démocratie solide sur ses valeurs de progrès durable pour tous, de laïcité, de transparence, d’honnêteté.
À votre écoute, sur le terrain, j’entends votre besoin de considération, de bien-être, de dignité. Nous devons concilier la demande légitime de sécurité avec la conquête de nouveaux droits, la recherche du plein-emploi avec la réduction des inégalités sociales et une éducation qui favorise la réussite pour tous, la croissance économique avec la contribution à la lutte contre le réchauffement climatique.
Mon bilan, c’est le Nutriscore, la taxe sur les sodas, la contraception gratuite pour des millions de jeunes femmes, la stratégie nationale contre l’endométriose, le cannabis thérapeutique, la suppression du délit de solidarité, le Ségur de la santé, et bien sûr la lutte contre cette terrible pandémie à laquelle nous avons fait face, parce que nous étions soudés.
Je serai un député libre, et engagé à vos côtés.