Lors d’un voyage en Asie, Milton Friedman (prix Nobel d’économie en 1976) visite un chantier où il observe des centaines d’ouvriers utilisant des pelles pour déplacer la terre.
Intrigué, il demande au responsable local pourquoi ils n’utilisent pas de bulldozers. Celui-ci explique que c’est pour mobiliser un maximum de travailleurs, démontrant ainsi la capacité de l’État à créer de l’emploi.
Friedman répond alors : « Dans ce cas, donnez-leur des cuillères ! »
Cette anecdote illustre parfaitement une vérité que beaucoup préfèrent ignorer : le travail seul ne suffit pas à créer de la richesse. L’emploi n’est pas une fin en soi, seule la création de valeur compte vraiment.
Si c’était le cas, il suffirait de creuser des trous et de les reboucher pour devenir prospère…
Le travail reste l’ingrédient de base, c’est certain. Mais la richesse ne se manifeste que lorsque cet effort se combine avec des idées, du capital, de l’organisation et surtout de la prise de risque.
Un emploi n’existe pas simplement parce qu’il y a « quelque chose à faire ». Il existe parce que quelqu’un voit une opportunité, investit, structure un projet et propose un produit ou un service que d’autres veulent acheter.
C’est probablement pour cela que certains critiquent si vivement les entrepreneurs. Car cette vérité révèle une réalité inconfortable : d’une certaine manière, le travail ne vaut que s’il sert les autres.
Rien ne les empêche pourtant de créer demain une coopérative, supprimer les hiérarchies, répartir les revenus et affronter la réalité de l’offre et de la demande.
Pourquoi ce modèle n’est-il pas alors devenu la norme et un modèle de succès collectiviste ? Parce que toute coopérative finit par découvrir que le vrai problème, ce n’est pas le « patron » qui écrase salaires et emplois : c’est l’État.
En France, entre charges sociales et impôts, près de 50 % de ce que coûte un salarié disparaît avant même d’arriver dans sa poche, soit l’un des taux les plus élevés de l’OCDE. Ce fardeau fiscal asphyxie l’emploi, réduit les salaires nets et décourage la croissance.
À l’inverse, l’Irlande a réduit son taux global de prélèvements sur le travail à environ 25 % tout en préservant des recettes publiques élevées grâce à la croissance économique générée. Le résultat ? Un taux de chômage divisé par deux en quinze ans.
La prospérité ne viendra pas d’un État planificateur et collectiviste, toujours plus obèse et affamé, mais d’un cadre allégé à son minimum où la prise de risque est encouragée et où le fruit du travail bénéficie réellement à ceux qui le produisent.
C’est seulement dans ces conditions que nous pourrons tous ensemble créer de la richesse et de la prospérité.