J'ai revu It's A Wonderful Life de Capra et c'est toujours le feel-good parfait des fêtes.
La vie d'un homme sera ruinée après la faillite de son entreprise, il songe au suicide mais tout change lorsqu'un ange gardien vient à sa rescousse. En tout cas, ça c'est une petite partie du film car c'est avant tout une déconstruction du rêve américain. Sorti en 1946, il représente l'ambiance post-guerre du pays avec le capitalisme au coeur de la communauté : tout est transactionnel, une question de réputation et rien ne semble sincère dans les relations car la seule motivation est l'argent.
La vie de cette homme est constamment remise en question afin de rentrer dans le moule américain de l'époque mais il ne le souhaite pas, il veut vivre une vie complètement différente et fait tout presque par défaut car la société le demande. C'est aussi pour cela qu'il est malheureux, tout tient à un fil et il doit apprendre à se reconnecter à des valeurs simples, humaines et au-delà du stress du travail. Il est prêt à abandonner toute sa famille et sa vie juste à cause du vilain capitaliste qui lui met des bâtons dans les roues. Le film lui donne l'opportunité de découvrir la vie qu'il abandonne via un peu de magie de Noël.
J'adore la gestion des acteurs de Capra car ils sont tous très enjaillées : ils jouent vite et fort. Tout s'enchaîne constamment sans moment de pause sauf dans les moments de silences absolus qui viennent contraster l'énergie du film. Il en devient une critique acerbe du mythe américain mais aussi une œuvre existentielle remplie d'espoir. Entre thriller noir héroïque vers sa fin et conte de fêtes tout le reste du film. La place de la femme est aussi très intéressante car la vie du protagoniste tourne clairement toujours autour d'elles, que ce soit sa femme ou les autres qui l'entourent.
Très bon mélange de fantastique et réalisme avec un James Stewart au top.