Autant vous prévenir, le pavé qui suit risque de mettre votre patience à rude épreuve. Je l’ai travaillé durant une bonne partie de la nuit, donc si vous y croisez une répétition ou une coquille, considérez cela comme la signature d’une fatigue légitime. Bonne chance pour la lecture.
🎉 Depuis 180 ans, le libéralisme défend une idée simple : faire confiance à la liberté plutôt qu’à la contrainte.
@GLBouchez oppose le libéralisme à la contrainte. Or, sa pratique politique est profondément marquée par une technocratie disciplinaire. La gestion libérale actuelle, loin de favoriser l'autonomie, multiplie les dispositifs de contrôle social et de conditionnalité des aides. Cette "liberté" est en réalité réservée à ceux qui possèdent le capital nécessaire pour en jouir, tandis que pour les autres, la "contrainte" est précisément l'outil de gouvernance privilégié, souvent soutenu par un discours méritocratique qui culpabilise les dominés.
🇧🇪 180 ans de combats pour les libertés individuelles, l’émancipation et le progrès
L'usage du terme "société ouverte" est ici un artifice de langage destiné à se parer de vertus progressistes. Pourtant, la stratégie du
@MR_officiel vis-à-vis des "satellites conservateurs" et sa rhétorique souvent teintée de populisme contre les bénéficiaires des politiques sociales contredisent l'idée d'une société réellement inclusive. C'est une fermeture, une clôture du champ des possibles politiques, où le "progrès" est réduit à la seule croissance économique et à la productivité, ignorant totalement les urgences de l'écologie politique ou la nécessaire transformation des structures de domination.
📈 180 ans à défendre le travail, l’initiative et la prospérité.
Lorsqu'il revendique 180 ans de défense du travail, c'est une réécriture flagrante. Le libéralisme qu'il porte (très éloigné d'un libéralisme social émancipateur) s'inscrit dans une logique de dévalorisation structurelle du travail salarié au profit de la valorisation du capital. En prônant des politiques qui fragilisaient historiquement les corps intermédiaires (syndicats) et le droit de grève, il ne défend pas le travail, mais la flexibilité accrue des travailleurs, transformés en variables d'ajustement.
🗽 Parce que la liberté n’est jamais acquise, elle se défend et se transmet à chaque génération.
C'est un bel aphorisme, presque emprunté à la pensée révolutionnaire. Le tour de passe-passe ici est de faire oublier que la liberté, pour beaucoup, est une condition matérielle.
@GLBouchez transforme la liberté (qui, chez mes auteurs de référence, est liée à l'autonomie et à l'absence de domination) en une simple liberté de marché. La "liberté" qu'il veut transmettre, c'est celle de l'entrepreneur, pas celle de l'individu libéré de la précarité ou du travail aliénant.
En revendiquant une transmission générationnelle, il tente de sanctuariser un héritage idéologique qui, historiquement, a souvent été le fer de lance des classes possédantes pour s'opposer aux conquêtes sociales (le suffrage universel, les congés payés, la sécurité sociale).
🎂 Aujourd’hui, nous rendons hommage à celles et ceux qui ont fait vivre cet idéal depuis près de deux siècles.
Faire "hommage" à ceux qui ont fait vivre cet idéal depuis deux siècles est une manœuvre classique de construction de lignée.
Il oublie pudiquement que pendant ces 180 ans, le libéralisme n'a pas été qu'un long fleuve tranquille de "libertés". Ce fut aussi l'époque de l'industrialisation sauvage, de l'exploitation coloniale, et de la résistance acharnée contre les mouvements ouvriers. Se revendiquer de 180 ans d'histoire sans mentionner les luttes sociales qui ont dû imposer des limites à ce même libéralisme, c'est un déni d'histoire sociale pure et simple.
C'est une stratégie de "fétichisation" du parti : en transformant le
@MR_officiel en dépositaire d'une flamme historique, il cherche à rendre toute critique de ses politiques actuelles illégitime. Critiquer Bouchez, ce serait, selon lui, s'attaquer à 180 ans de "progrès". C'est une manière très efficace, et très cynique, de clore le débat.
Bref, ce qu'il énonce est une liturgie de la légitimation. Il utilise le passé pour masquer une gestion présente qui, loin de viser l'émancipation, tend à verrouiller l'ordre établi et à pérenniser les privilèges acquis. C'est le triomphe de la forme sur le fond, un exercice de communication où la "liberté" devient le cache-misère d'une politique qui, paradoxalement, cherche à contraindre le champ social dans une trajectoire unique.
Il nous incombe de liquider cette parenthèse néolibérale en 2029.