@MarionMarechal
Vous ne me connaissez pas. Mais puisque vous vous permettez d’écrire sur mon époux, dont vous ignorez tout, en colportant fantasmes et accusations mensongères, je me permets de vous répondre.
Ramy Shaath, ça ne vous dit rien ?
Son histoire est pourtant exemplaire de la naïveté française face à la violence du militantisme pro-palestinien, de l’extrême gauche et de ses accointances avec les Frères musulmans.
Commençons par la fin : la préfecture des Hauts-de-Seine a entamé une procédure visant à obtenir l’expulsion de cet activiste égyptien. L’État lui reproche depuis longtemps des prises de position extrémistes, des propos très ambigus sur le pogrom du 7 octobre, ainsi qu’un militantisme au sein d’organisations sulfureuses comme « Urgence Palestine ».
Rien d’extraordinaire ?
Au contraire.
Car Ramy Shaath est en France grâce à l’implication personnelle et déterminée d’un homme : Emmanuel Macron.
Celui-ci tweetait ainsi, le 8 janvier 2022 : « Je salue la décision des autorités égyptiennes de remettre Ramy Shaath en liberté. Je partage le soulagement de son épouse Céline Le Brun, qu’il retrouve en France, avec qui nous n’avons rien lâché. Merci à tous ceux qui ont joué un rôle positif dans cette heureuse issue. »
Interviewée dans Elle et sur RFI, sa compagne avait multiplié les interventions pour clamer l’innocence de son mari, détenu au Caire pour un activisme présenté comme pacifique.
Il y avait pourtant déjà matière à se méfier.
En Égypte, il était soupçonné de liens avec les Frères musulmans et avait lancé le mouvement BDS.
Mais toute une cohorte de commentateurs avait présumé que les soupçons des autorités égyptiennes étaient nécessairement infondés, au point de convaincre Emmanuel Macron d’accueillir Shaath sur notre sol.
Que croyez-vous qu’il fit une fois arrivé dans le pays qui s’était battu pour lui ? Il recommença.
Au point de cofonder « Urgence Palestine », comme Ramy Shaath l’explique lui-même au site « Contretemps » : « J’ai commencé à travailler sur l’idée d’Urgence Palestine et sur la formation d’organisations palestiniennes à partir du début de l’année 2023. Au moment de l’attaque du 7 octobre, nous étions prêts à former une nouvelle communauté. »
Sur sa page Facebook, il publie : « Si Gaza brûle, Paris brûlera aussi », comme l’a rappelé Omar Youssef Souleimane, auteur des Complices du mal, consacré aux liens entre LFI et les islamistes.
Encore ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau avait engagé une procédure de dissolution contre ce groupuscule, l’accusant de contribuer à un « climat de haine contre la communauté française ». D’ailleurs, son porte-parole attend son jugement pour « apologie du terrorisme », et l’organisation compte de nombreuses figures liées à l’islamisme politique, comme Elias Imzalène.
Résumons : Emmanuel Macron a fait pression sur un allié stratégique dans la lutte contre les Frères musulmans, l’Égypte, afin de faire venir sur notre sol un activiste qu’une partie des autorités considère aujourd’hui comme dangereux et hostile aux intérêts français.
Quatre ans plus tard, le ministère de l’Intérieur doit désormais batailler pour obtenir son expulsion.
Cette histoire n’est pas une anecdote.
C’est un exemple.
Celui d’un pouvoir aveugle face au péril islamiste et à la capacité d’influence de ses réseaux.