Incroyable.
Et désolé pour les soutiens de ce président, mais je crois que Trump est en train de commettre l’une des erreurs les plus graves de sa politique moyen-orientale.
Écoutez-le.
Le voilà qui déclare qu’il a placé Joulani en Syrie et que ce même Joulani devrait désormais régler le problème du Hezbollah au Liban à la place d’Israël.
D’abord, Joulani est arrivé à Damas avant le retour de Trump à la Maison Blanche. Certes, Trump a largement contribué à sa légitimation internationale, mais l’ascension du nouveau pouvoir syrien doit beaucoup à la Turquie et au Qatar, principaux parrains du djihadiste de Damas. Macron a commencé le bal des soumissions. Il a facilité le travail pour Trump. Donc désolé pour ce dernier il ne fut pas le premier de la classe. Le président français l’a doublé … dans l’ignominie.
Puis, écoutez surtout cette phrase, prononcée aux côtés du prince qatari :
« Il (Joulani) a fait un travail incroyable pour tout rassembler. Ce n’est pas un boy-scout. »
Vraiment ?
Massacrer des minorités, tolérer les enlèvements de femmes alaouites, imposer progressivement une vision islamiste de la société syrienne, est-ce cela « tout rassembler » ?
Ce n’est pas rassembler.
C’est effacer la diversité syrienne sous un voile idéologique islamiste.
Et le pire est peut-être ailleurs.
Trump déclare :
« Je suggère à Israël de laisser la Syrie s’occuper du Hezbollah parce qu’honnêtement, je pense qu’ils feraient un meilleur travail. »
Un meilleur travail ?
Les islamistes syriens seraient donc appelés à devenir les arbitres du Liban ?
Rendez-vous compte de ce qui est en train de se dessiner.
Hier, Trump voulait donner à la Turquie un rôle majeur à Gaza.
Aujourd’hui, il envisage de confier au nouveau pouvoir syrien un rôle déterminant au Liban.
Personne ne voit le danger ? Le piège ?
Personne n’entend les déclarations de responsables turcs rêvant d’étendre leur influence de Damas à Beyrouth, et jusqu’à Jérusalem ?
Je continue de penser que le Hezbollah est avant tout un problème libanais et israélien.
Confier davantage de pouvoir régional à des islamistes, sous le regard satisfait du Qatar, est une erreur monumentale.
Je le répète depuis des mois :
l’Occident facilite le travail de ceux qui rêvent de sa disparition.