Ça fait un mois. Un mois que je ne suis plus allé travailler.
Ce week-end, j'ai l'impression que les vacances touchent à leur fin et que, lundi matin, il faudra reprendre le chemin du boulot. Pourtant, lundi, je resterai chez moi.
Les soucis de santé de la « reine mère » font que cette nouvelle vie ne commence pas tout à fait comme je l'avais imaginée. Malgré cela, les dieux sont cléments : le temps est superbe à la Vieille Forge des Trois Jeunes Chiens.
Je me lève toujours tôt, entre six heures et six heures trente. J'avale un café avant d'aller réveiller madame ma mère. Pendant qu'elle fait sa toilette, je prépare le reste de la matinée. Ensuite, je nettoie les saletés, je vide le pot de chambre, puis je lui prépare son petit-déjeuner en veillant à ce qu'elle prenne bien ses médicaments.
Vers huit heures, presque chaque jour, je pars marcher une petite heure. À cette heure-là, le village est encore calme. Ceux qui travaillent sont déjà partis ; ceux qui ne travaillent pas ne sont pas encore vraiment levés.
Il suffit que je quitte la maison pour rejoindre les champs ou m'enfoncer dans les bois. Il y a un mois encore, j'étais un parfait casanier. Je passais facilement douze heures par jour assis sur une chaise. Alors, parcourir quatre à cinq mille pas représente déjà un petit défi, d'autant que le pays n'est pas plat.
Cette promenade matinale est un vrai bonheur. C'est une parenthèse qui vide la tête et remet les idées en ordre. J'espère simplement qu'elle gardera tout son charme lorsque l’hiver reviendra.