Le Canadair est un avion dépassé, des années 1960.
Il a sauvé des milliers d'hectares de forêt mais il n'est plus adapté aux feux hors-normes qui nous attendent.
C'est ce que j'ai dit à
@Var_Matin , qui consacre un dossier au renouvellement de nos moyens aériens de lutte contre les feux de forêt. Trois constats que je veux partager ici :
🔻 1. Les délais ne sont pas tenables.
Quatre nouveaux Canadair ont été commandés en 2022, livraisons promises par De Havilland pour 2028. D'après mes informations, le constructeur canadien a perdu certaines compétences industrielles. Je suis plus que dubitatif. Et même livrés à temps, ces appareils resteront une conception des années 1960 face à des feux du XXIe siècle.
🔺 2. La relève doit être européenne, et elle se construit en France.
À Istres, Hynaero vient de lever 117 millions d'euros pour le Frégate-F100. 10 tonnes d'eau par largage, avionique moderne, conception européenne. Premier vol prévu début 2031, livraisons fin 2032.
À Toulouse, Kepplair Evolution transforme par kit l'ATR 72 en bombardier d'eau "multi-rôle" disponible dès 2027. 5 millions d'euros viennent d'être débloqués par l'État (France 2030) et la Région Occitanie. Le projet est qualifié "d'intérêt national".
Deux projets complémentaires. Deux preuves que la souveraineté industrielle européenne sur la protection civile est possible et doit être soutenue.
🔻3. N'oublions pas nos Beechcraft 200.
Trois appareils, encore plus vieux que les Canadair. Ce sont eux qui commandent les opérations en vol et permettent de prioriser quand plusieurs feux se déclarent simultanément. J'y vole encore en mission.
Leur remplacement est urgent…et accessible : des avions existent sur étagère, il suffit de les équiper.
Investir dans nos moyens de protection civile, c'est investir dans notre souveraineté, dans notre industrie aéronautique, et dans la sécurité de nos concitoyens.