En 1925, Le Corbusier propose de raser le Marais.
Pas une ruelle. Pas un Ăźlot. Le quartier entier.
240 hectares de Paris rive droite, du Temple aux Halles, condamnés sur le papier. à la place : dix-huit gratte-ciel en croix, soixante étages, posés sur une dalle traversée d'autoroutes.
Il appelle ça le Plan Voisin, du nom de l'avionneur qui le finance. L'idée tient en une phrase : la vieille ville est malade, il faut la remplacer.
HÎtels particuliers, hÎtel de Soubise, ruelles médiévales, tout disparaßt. Le Corbusier y voit du progrÚs. Une ville pour l'automobile, l'air, la lumiÚre.
Le projet ne verra jamais le jour. Trop radical, trop brutal, refusé en bloc.
Aujourd'hui, le Marais est l'un des quartiers les plus visités d'Europe. Ses hÎtels du XVIIe siÚcle, ses cours pavées, tout ce que Le Corbusier voulait effacer fait sa valeur.
Le Paris qu'on aime tant a failli tenir dans dix-huit tours de béton.
Qu'est-ce qui fait qu'on dĂ©cide qu'un quartier mĂ©rite d'ĂȘtre sauvĂ©, ou rasĂ© ?