Je ne sais pas à quel degré on peut faire confiance à ce graphique et à l’analyse qu’il y a dessus, mais je l’ai vu sur LinkedIn et il est quand même très interpellant.
Ça fait aussi écho aux difficultés, au sentiment d’impuissance, au sentiment de parler sous une espèce de dôme, de porter des projets de plusieurs centaines de milliers d’euros, d’accomplir des projets qui changent des dizaines de vies, qui consolident des carrières. Et avoir toujours ce sentiment-là que ton histoire est racontée par une autre personne.
D’avoir toujours l’impression que ce que tu accomplis n’a aucune valeur et que c’est uniquement le point de vue d’une personne, sans même savoir de qui il s’agit réellement. En fait, porter des projets incroyables, magnifiques, qui devraient forcément donner envie aux gens de venir dans ton pays ou sur ton territoire, et te rendre compte que leur approche, leur connaissance de ce territoire, tu ne peux pas la nier, mais tu ne peux pas non plus y réduire toute la complexité qui en constitue la richesse.
De sentir qu’il y a un narratif qui n’est pas le tien, mais qui parle quand même de toi, qui influence ton image, parfois même ton destin.
Ça fait quoi, ça ?
Et à un moment donné, on se demande quand ceux qui sont capables de le faire vont comprendre qu’il est important de reprendre la main sur le narratif de nos pays. Qu’il est important de travailler à la mise en place de groupes médias puissants.
Dans nos pays, il y a des chaînes nationales. Il y a une certaine volonté d’affirmer quelque chose en matière de puissance médiatique. Certains sont même, médiatiquement parlant, des puissances historiques.
Mais nous en sommes là.
Aujourd’hui, quand tu demandes de citer un média africain puissant, on te répond souvent : Jeune Afrique.
C’est incroyable.
Nous avons de jeunes médias qui sont là, qui se battent, qui se battent, qui se battent, mais qui ont tous un plafond de verre au-dessus de la tête.
Donc nous sommes en 2026. Que faut-il faire ?
Que faut-il faire ?
Des artistes, des opérateurs culturels, des chefs d’entreprise, des communicants, des experts, tellement de richesses sur ces territoires qui apparaissent en gris sur certaines cartes, qui sont rouges sur les cartes diplomatiques, et qui pourtant sont de vraies destinations, de vrais territoires où des jeunes se battent chaque jour pour construire des choses magnifiques.
Mais qui va raconter cela ?
Qui va changer le récit ?
Qui va simplement imaginer un début de changement de récit ?