Plus largement, il est difficile d’imaginer qu’un pays puisse développer une pleine conscience des enjeux liés à la pédocriminalité et aux violences faites aux femmes lorsque persistent de telles contradictions au sommet de ses institutions et dans son espace public :
Lorsque son Président de la République doit son mariage à une relation qui continue d’alimenter le débat sur le caractère pédophile de celle-ci, et qu’il s’est affiché en campagne aux côtés de Daniel Cohn-Bendit, dont certains écrits passés, ont fait ni plus ni moins que l’apologie de la pédophilie, on peut déjà se dire qu’il y a quelques indices pour envisager comme un léger problème de perception du sujet…
Mais quand en plus, son ministre de la Justice, a été mis en cause dans une affaire de viol, d’harcèlement sexuel, abus de faiblesse, avant d’être relaxé par la justice alors qu’il était ministre de l’Intérieur, chacun comprend aisément que la portée symbolique de la situation continue d’interroger, et on peut légitimement penser que le problème de perception du sujet, n’appartient pas au mœurs du passé, mais bien aux abus du présent.
Tout comme lorsque son ancien Premier ministre se retrouve au cœur de révélations concernant des violences sexuelles insuffisamment prises en compte lorsqu’il exerçait des responsabilités au sein de l’Éducation nationale, et qu’il continue de minimiser les faits, on peut allègrement passer du questionnement légitime au vertige absolu…
Et tout ceci, en offrant un écrin inviolable aux vices et crimes, en acceptant que des personnalités condamnées pour des faits de nature sexuelle continuent à bénéficier d’une totale visibilité médiatique, tel un Morandini, participant sans aucune gêne aux débats sur la morale ou les valeurs de la société, faisant ainsi de la pédophilie, de l’abus de faiblesse, de simples anecdotes juridiques, et ce, confortés par la classe politique qui participe à ces émissions, et des autorités qui cautionnent cela sans même sourciller.
Lorsque, parallèlement, la dénonciation des abus sexuels systémiques commis au sein de l’Église est accueillie avec une hostilité proche du blasphème, on a alors l’assurance que la pédocriminalité en France, n’est pas une question de défaillance de la chaîne judiciaire, mais le fruit d’une tolérance institutionnalisée, où il faut le dire: l’enfant importe peu….
Dans un tel contexte, il n’est pas surprenant que de nombreux citoyens s’interrogent sur la cohérence du discours public en matière de protection de l’enfance et de lutte contre les violences sexuelles, comment pourrait-il en être autrement ?
Avant de prétendre résoudre ces problèmes, il serait peut-être nécessaire d’examiner lucidement cette réalité, et les mécanismes qui ont permis à de telles situations d’exister et de perdurer.
Liste non exhaustive.
Chacun peut y ajouter d’autres exemples, et nous sommes encore loin de disposer de tous les éléments concernant l’Affaire Epstein, la liste risque de devenir un véritable parchemin…….
Si le sommet, les instances, d’un pays s’accommodent de la pédocriminalité, du viol, comment pouvons-nous espérer que le sujet soit appréhendé par l’ensemble de la société ?
Comme toujours, l’exemplarité n’a rien d’anecdotique….