La CAF, championne toutes catégories du “je m’en foutisme” budgétaire.
La Cour des comptes vient, pour la deuxième année consécutive, de refuser de certifier les comptes de la Caisse d’allocations familiales. Son verdict : 6,3 milliards d’euros de versements indus, c’est-à-dire de l’argent parti dans la nature, qui “ne seront jamais régularisés”.  Jamais. Définitivement évaporés. Bonne journée.
Pour se représenter la chose : près de 28% des montants versés au titre de la prime d’activité, un cinquième du RSA, et un huitième des aides au logement sont entachés d’erreurs non corrigées.  Un dossier sur quatre pour la prime d’activité. Dans n’importe quelle entreprise privée, le directeur financier serait déjà en train de vider son bureau.
Mais à la CAF, on recommence l’année d’après.
Pendant ce temps, si vous oubliez de déclarer 200 euros de revenus, le fisc vous retrouve, vous relance, calcule des pénalités avec une précision chirurgicale et vous envoie une mise en demeure sous 48 heures. L’État sait très bien compter quand c’est vous qui lui devez de l’argent.
En cumulant erreurs et fraudes, c’est 8,5 milliards d’euros que la branche famille n’aurait pas dû verser. En ajoutant les dysfonctionnements de la branche maladie, on atteint 13,5 milliards d’euros. 
13,5 milliards. Le budget annuel de la police nationale. Partis en fumée. Et la réponse de l’État ? Un rapport. Puis un autre rapport. Puis une réunion interministérielle sur les rapports.
Vous, vous travaillez. Eux, ils comptent mal. C’est ça, le pacte social français.