Chronologie :
En 2018, un ORL lui retire un grain de beauté « un peu moche » sur le bord de l'oreille.
« Tous les nævi retirés sont envoyés au laboratoire d’anatomopathologie pour analyse afin de confirmer leur caractère bénin » la rassure le praticien. « À aucun moment il n’a prononcé le mot mélanome ! » se souvient Sabine.
Près de trois années après, un ganglion apparait dans son cou, chaque semaine de plus en plus volumineux. Nouveau passage en chirurgie pour l’extraire et rendez-vous avec le praticien 4 jours après. « C’était le 13 janvier 2021 ». « Ce ganglion est une métastase de mélanome. » « Le médecin m’a expliqué qu’il n’avait pas trouvé le mélanome primaire ». Et pas un seul grain de beauté suspect sur son corps. Incompréhensible. « C’est mon mari qui a mis le médecin sur la piste. Il s’est souvenu du retrait de mon grain de beauté en 2018. »
Sabine s’aperçoit alors que ce retard de diagnostic vient de la négligence de l'ORL et du généraliste qui l’a envoyé dans cet hôpital privé réputé de Rennes. « Les analyses de mon grain de beauté étaient mauvaises, on aurait dû m’appeler, raconte-t-elle. Le premier a avoué avoir « zappé » de me passer un coup de fil avant de classer mes résultats dans mon dossier. » La seconde dans un cabinet où Sabine avait pris rendez-vous après la retraite de son médecin traitant, n’a même pas pris connaissance des résultats. « La doctoresse s’est défendue en disant que je n’étais pas une patiente suivie et en faisant état d’un problème de logiciel dans le cabinet. On venait de déménager, j’ai trouvé ce cabinet où j’ai été en consultation plusieurs fois, avec différents médecins selon les créneaux disponibles. Je n’avais pas encore choisi mon praticien déclaré à la Sécu. C’est un droit : j’avais un an pour trouver un médecin traitant », se défend la mère de famille.
Durant ces trois années, le cancer primitif « a eu le temps de bien se développer ! ». Le scanner révèle trois foyers métastasiques : dans le cou, sous l’aisselle et dans la rate.
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L’expertise médicale durera aussi 3 ans. La faute de l’ORL est reconnue, celle du généraliste écartée. Dans son prérapport rendu en 2024, l’expert retiendra 63 % de perte de chance de survie en raison du retard de diagnostic. Un résultat que Sabine juge alors « acceptable ». Mais l’impensable arrive : « Un an après en 2025, dans son rapport définitif, il est rabaissé à 26 % ».
« Le rapport d’expert n’est qu’un avis technique pour le juge, il a un pouvoir souverain d’appréciation » assure son avocate qui compte contester le taux de perte de chance retenu par l’expert avec de nouvelles études scientifiques. « Je vais demander que soit pris en compte le taux de 75 % de perte de chance. »
PS : Il semble que l'ancien généraliste ait adressé directement la patiente à un ORL pour exérèse, sans passer par un dermatologue, qui au dermatoscope aurait pû faire le diagnostic de mélanome.
Un délai de 4 jours pour avoir l'anatomo-pathologie définitive du ganglion métastatique vous semble crédible ?
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