Ce matin, en passant à proximité d’une zone sensible mobilisée dans le cadre du G7, je me suis arrêté pour laisser traverser quelques jeunes soldats suisses.
Ils m’ont remercié d’un signe de la main.
Pendant quelques secondes, je me suis revu.
À 18 ans, c’était moi qui traversais la route avec mon paquetage sur le dos.
Puis ils ont continué leur chemin.
Et moi le mien.
En rentrant dans ma voiture, je me suis fait une réflexion.
Nous parlons souvent des institutions, des budgets, de la politique ou des crises.
Mais une société tient rarement grâce à ses discours.
Elle tient parce qu’à chaque génération, certains acceptent de prendre leur place dans quelque chose qui les dépasse.
Hier, d’autres l’ont fait avant eux.
Aujourd’hui, c’est leur tour.
Demain, ce sera celui de ceux qui les regardent passer.
Peu importe les opinions que chacun peut avoir sur l’armée suisse.
Ce matin, je n’ai pas vu des armes ni des uniformes.
J’ai vu une chaîne de transmission.
Et dans un monde qui semble parfois avoir oublié d’où il vient et où il va, cela m’a paru presque rassurant.
Peut-être que la véritable force d’un pays ne réside pas seulement dans ses infrastructures, ses technologies ou sa prospérité.
Peut-être réside-t-elle aussi dans sa capacité à transmettre un sens du devoir, de la responsabilité et du collectif à ceux qui viendront après lui.
Aujourd’hui, cela paraît ordinaire.
L’Histoire nous rappelle souvent que les choses ordinaires sont parfois les plus précieuses.
Reste lucide. Reste libre.