La plus grande tapisserie du Moyen Âge a servi à couvrir des chevaux.
La Tapisserie de l'Apocalypse, au château d'Angers.
1375. Louis Ier d'Anjou, frère du roi Charles V, commande une œuvre démesurée. Il veut illustrer l'Apocalypse de saint Jean, ce texte qui annonce la fin du monde. Nous sommes en pleine guerre de Cent Ans, la peste noire vient de tuer un Français sur trois. Le sujet parle à tout le monde.
Sept ans de travail. 140 mètres de long. 6 mètres de haut. Des centaines de scènes tissées fil par fil, à Paris.
Le roi René la lègue à la cathédrale d'Angers. Puis on l'oublie.
Vient la Révolution. La tapisserie n'intéresse plus personne. On la découpe. On en fait des couvertures pour les chevaux. On protège des orangers avec. On bouche des trous d'écurie.
Au XIXe siècle, un évêque la retrouve en lambeaux et décide de la sauver. Il en reste 100 mètres sur les 140 d'origine.
Aujourd'hui, elle est inscrite à l'UNESCO. On marche le long de ses 100 mètres comme dans une bande dessinée vieille de 650 ans.
La plus belle œuvre tissée du Moyen Âge a failli finir en chiffon.
Vous la connaissiez, celle-là ?