Professeur de Lettres Classiques. Auteur de « Wesh Madame?! » aux éditions Robert Laffont

Joined August 2020
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Myriam Meyer retweeted
Orthographe : ce n'est pas l'exigence qui discrimine, mais son effondrement D'abord, je voudrais revenir sur une controverse similaire, qui a eu lieu dans notre pays ces dernières décennies. Elle concernait l’apprentissage de la lecture. Dans les années quatre-vingt, l’école publique a délaissé la méthode dite syllabique – c’est-à-dire le déchiffrage du type B A = BA – au profit de la méthode globale ou semi-globale, qui s’appuie sur la mémoire visuelle des mots. Pourquoi ? Parce qu’une nouvelle pédagogie jugeait la méthode syllabique conservatrice, trop exigeante, et prônait une « démocratisation » de l’écrit, notamment pour les enfants issus des classes populaires. Jusqu’à ce que des enquêtes viennent jeter un froid. Notamment une étude, pilotée en 2014 par l’Université de Saint-Quentin-en-Yvelines et le CNRS, portant sur plusieurs centaines d’élèves en Zone d’Éducation Prioritaire. Ce rapport battait en brèche les présupposés, et démontrait que « le manuel le plus efficace" chez ces élèves était aussi « le plus exigeant ». 19 points de réussite supplémentaires sur 100 aux épreuves de compréhension avec la méthode syllabique ! Que l’on a, depuis, réintroduite en partie. Apprendra-t-on un jour de nos erreurs ? En juin dernier, avec ma collègue de L’Express Amandine Hirou, nous avons obtenu le compte rendu d’une « réunion d’entente académique » - ces réunions durant lesquelles les inspecteurs pédagogiques donnent leurs consignes aux correcteurs du bac. Et dans cette séance, des professeurs de français d’Île-de-France se sont entendu dire que l’orthographe « représentait une part assez minime » de ce qu’on attend d’un élève au bac français. Voilà où l’on en est. Mais certains, donc, voudraient aller encore plus loin, et reprochent au ministre de l'Education nationale, Édouard Geffray, de vouloir durcir le niveau d'exigence. Une politique qu'ils jugent inégalitaire. Las ! Voilà trente ans que le niveau baisse, et trente ans que les inégalités scolaires explosent. Ce n’est pas l’exigence qui discrimine. Mais l’effondrement de l’exigence. Car de cet effondrement naît un deux-poids-deux-mesures : entre ceux qui attendent tout de l’école, et ceux dont les parents peuvent aider, payer des profs particuliers, etc. Entre ceux à qui l’on aura dit « t’inquiète, l’orthographe c’est un truc de réacs », et ceux à qui on aura répété en boucle « chou, hibou, caillou, genou », et qui seront favorisés. Certains sont sincères en prônant la baisse de l’exigence. Soit : débattons. D’autres – et à ceux-là j’en veux – sont cyniques. Ils veulent le beurre et l’argent du beurre : la posture morale, et l’avantage qu’ils tirent pour eux ou pour leurs enfants de la situation provoquée. C’est en étant exigeant avec tout le monde – sans présupposé de classe – que l’on offre la possibilité à tous de pouvoir réussir scolairement. Ça sonne peut-être un peu conservateur. Mais l’école est en partie un conservatoire. Il ne faut y toucher qu’avec la main qui tremble.
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Voilà sept ans que j'alerte sur la violence adolescente. Les élèves sont exposés, les enseignants sont exposés. Il faut absolument comprendre ce crime de plus comme un sujet politique. Pensée solidaire pour notre collègue.
24 Sep 2025
🔴 ALERTE INFO Une enseignante poignardée en classe dans un collège du Bas-Rhin par un élève l.bfmtv.com/fs2m
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"Réunion d’entente académique". Le nom est courtelinesque à souhait, l’objet, intrigant à loisir : chaque année, avant la réception des copies du bac, les professeurs qui s’apprêtent à corriger l’examen sont convoqués à ces séances en ligne, durant lesquelles les inspecteurs pédagogiques régionaux (IPR) déroulent la liste de leurs consignes. Ainsi, le 17 juin dernier, des professeurs de français d’Ile-de-France se sont-ils entendu dire que l’orthographe "représente une part assez minime" de ce qui est attendu des élèves au bac écrit de français. "La maîtrise de la langue dépasse largement le cadre du respect du code orthographique […], il n’y a pas lieu de lui accorder une place à part", ont justifié les organisateurs. Peu importe, finalement, la façon dont le propos est retranscrit, ce qui compte c’est son '’intelligibilité'." Autres largesses à méditer avant de noter : la paraphrase, naguère bannie, est désormais jugée "acceptable" si elle est "éclairante" et qu’elle sert de "tremplin vers l’interprétation", et les analyses stylistiques ne sont plus forcément indispensables, "les candidats pouvant tout à fait faire le choix d’une démarche psychanalytique". Rien que ça. Pas besoin d’être Sigmund Freud, en revanche, pour comprendre de quoi est faite, depuis des années, la réussite de plus de 90 % des promotions au bac : de déni. Dans les coulisses de la correction du bac, ou les scandales d'un trompe l'oeil. Un coproduction avec @amandinehirou , à lire dans @LEXPRESS
3 Jul 2025
Les coulisses de la correction du bac : "Au nom de la bienveillance, on nous incite à remonter nos notes" ⤵️ ✍️ Par @ARosencher et @amandinehirou l.lexpress.fr/uz6
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Je vais commencer par une anecdote qui date un peu mais comme les choses n’ont guère changé depuis - si ce n’est en pire -, je la crois toujours édifiante. Elle m’a été rapportée par une professeure de Physique, que je connais, et qui a longtemps enseigné dans un grand lycée public parisien. Il y a une dizaine d’années, alors qu’elle corrigeait les copies du Bac, elle a reçu un appel de l’inspecteur général de Physique. Ce dernier lui demandait de compter comme juste une réponse pourtant fausse à une question précise - elle se souvient d’ailleurs très bien qu’il s’agissait d’optique géométrique, et du reflet d’un objet dans un miroir. « J’aime la Physique, j’aime l’enseigner, et vous ne me ferez pas dire d’une chose fausse qu’elle vraie », a-t-elle répondu, tout en demandant pourquoi on réclamait une telle absurdité de sa part. « C’est parce qu’il faut assurer un certain pourcentage de reçus au bac », a argué l’Inspecteur.   Voilà. Un exemple – parmi d’autres – de la falsification institutionnalisée en ce qui concerne le niveau scolaire et la promesse de l’école. Car enfin, comment peut-on se féliciter année après année du taux sans cesse plus impressionnant de réussite au bac quand toutes les études – nationales, et internationales – documentent la baisse du niveau en France ? Comment peut-on se féliciter de ces cohortes d’élèves qu’on envoie au casse-pipe d’un enseignement supérieur déborde, et parfois inadapté, dans lequel seuls les initiés se retrouvent ? Sur le sujet de l’école, on ment. On ment, et on trahit. En particulier ceux qui en attendent tout et qui méritent la méritocratie.   Il suffit de regarder les statistiques. On a le recul nécessaire, désormais. On sait que la baisse du niveau d’exigence, qu’on a justifié au nom de l’égalité, a fait flamber les inégalités scolaires. Au point que la France est désormais l’un des pays de l’OCDE où la Catégorie Socio Professionnelle des parents pèse le plus dans la réussite à l’école. Pour une raison simple : quand on renonce à la sélection et à l’orientation par le mérite au sein de l'école, c’est la sélection par la stratégie parentale (cours particuliers, arrangement avec la carte scolaire, coachs Parcoursup etc.) qui prend la place. Je ne jette pas la pierre aux parents : chacun fait au mieux pour ses enfants. En revanche politiquement, c’est une trahison, qui avance sous couvert de bons sentiments, mais dont les vrais moteurs sont le déni, l’hypocrisie et la lâcheté. Pour une nation, il n’y pas de question plus vitale que l’école. Tout le monde le sait. Le sujet apparaît d’ailleurs comme un point de consensus spontané (et douloureux) dans les premières restitutions des doléances des Gilets Jaunes. Il n’y a pas de sujet plus vital que l’école, oui. Ni de déception plus constante depuis quarante ans.
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Le 6 juin 1944, Enoch O’Dell, vétéran de l'armée de l'air aujourd'hui âgé de 97 ans, débarquait en Normandie pour nous libérer des nazis. 80 ans plus tard, il clame son amour pour la France en récitant du Verlaine. Quelle émotion !

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Comment bien rater son plongeon ? On est allé apprendre du meilleur 🤝 @AlexisJandard
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Merci pour ce courage et cette simplicité, merci pour tous ceux qui luttent contre cette saleté.
A message from Catherine, The Princess of Wales
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Quelque chose de terrifiant est en train de se produire. Un ami, professeur de droit dans l'enseignement supérieur, m'a fait part de son effarement face à l'effondrement cognitif des étudiants de première année. Des questions d'examen, qui paraissaient compréhensibles pour notre génération née entre 1960 et 1980, ne sont tout simplement pas comprises par les étudiants d'aujourd'hui. Ils reçoivent la matière, peuvent peut-être l'apprendre par cœur, mais ne la comprennent pas, ne sachant pas articuler les concepts pour les appliquer dans des cas réels. C'est comme s'ils étudiaient l'alphabet d'une langue phonétique, mais étaient ensuite incapables d'agencer les lettres pour former des mots. Et que dire de la conjugaison ou de la syntaxe! Il cite aussi la ponctuation: «Rares sont les étudiants sachant quand utiliser la virgule ou le double point. C'est effarant! Quand je leur montre comment une phrase change complètement de sens avec ou sans virgule, je dois leur expliquer des principes élémentaires de l'école primaire, et c'est seulement après plusieurs minutes qu'ils saisissent les deux sens. «Nous mangeons les enfants!» «Nous mangeons, les enfants!» «Si je l'avais vue depuis la terrasse.» «Si, je l'avais vue depuis la terrasse.» On n'est pas dans une école professionnelle pour apprendre la couture à des adolescents en décrochage, nous sommes dans une faculté de droit avec des textes relativement chargés en syntaxe et qui nécessitent une interprétation contextuelle mais aussi juridique! Le corps professoral s'inquiète de cet effondrement progressif observé ces 10-15 dernières années. On ne peut pas décerner un diplôme de droit à des gens incapables de résumer, de comprendre et de développer un raisonnement. Imaginez des juristes ou des avocats ne maîtrisant pas le langage ni les subtilités juridiques. Cela me rappelle cette anecdote récente d'un chef d'entreprise qui avait engagé un élément brillant d'une école de commerce (trois ans d'étude). La jeune recrue ne savait pas comment calculer un pourcentage pour une estimation financière. En 2021, en faculté de psychologie de l’UCLouvain, sur les 645 étudiants inscrits en première année, seuls six ont tout réussi en première session. Les étudiants se sont plaints car, entre autres, les cours étaient dispensés par des personnes de plus de 40/50 ans. À cela, j'avais répondu: «C'était pareil quand nous étions à votre place, nous avions aussi 20 ans et nos profs étaient bien plus âgés.» Quelque chose de terrifiant est en train de se produire, et je pense que sans une révolution majeure — philosophique, culturelle, sociale — nous nous dirigeons vers une société de veaux consommateurs passifs, dirigée par une élite. La fameuse «génération de crétins».
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Simple. Clair. Écoutez-nous.
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Lire absolument ce thread de @loysbonod #EducationNationale
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Je ne connaissais pas personnellement @Clem_Vd . C’est sur Twitter que je l’avais découverte et que nous avions échangé. Et pourtant, ce matin, comme tant d’autres, j’ai le sentiment d’avoir perdu quelqu’un d’indispensable. ⬇️
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Elle nous a laissé sa voix, sa précieuse voix: elle aura réussi à témoigner, sans faux-semblants, sans tricherie, sans emphase. Qu’elle soit bénie pour ce qu’elle nous a donné, et que sa famille et ses proches sachent que partout dans le monde aujourd’hui, elle est pleurée.⬇️
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Pensées et prières à tous ceux qui avaient la chance de la connaître vraiment, et pour qui cette perte doit être encore plus cruelle et violente. 🙏
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