âŒïžđșđŠđșđžđŹđȘđ·đșđȘđș « LFI n'est pas pro-russe »
C'est faux. Voici leur ligne pour 2027.
En 3 mins, ce député sans colonne vertébrale enchaßne 21 (!!!) contre-vérités ahurissantes.
Je vais TOUTES les démonter.
C'est long. Réfuter une absurdité prend plus de temps que l'affirmer :
1. « La prioritĂ© devrait ĂȘtre de ramener la Russie dans le concert des nations europĂ©ennes »
La Russie nâa pas Ă©tĂ© exclue arbitrairement. Elle a Ă©tĂ© suspendue puis exclue de plusieurs institutions aprĂšs lâannexion de la CrimĂ©e en 2014, puis lâinvasion Ă grande Ă©chelle de lâUkraine en 2022.
Le problĂšme principal nâest pas un manque dâintĂ©gration occidentale, mais la violation rĂ©pĂ©tĂ©e du droit international par Moscou.
2. « On sâest mal dĂ©brouillĂ©s avec Poutine »
Entre 2000 et 2014, les Occidentaux ont au contraire multiplié les partenariats avec la Russie.
La Russie a rejoint le G8, lâUnion europĂ©enne est devenue son premier partenaire commercial, et des projets Ă©nergĂ©tiques massifs ont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©s, notamment Nord Stream. Des milliers dâentreprises occidentales sont allĂ©es investir en Russie. Tout le monde Ă©tait heureux de sâouvrir Ă un marchĂ© de 140 millions de consommateurs.
La Russie est avant tout responsable de son isolement.
Je suis sincĂšrement dĂ©rangĂ© de voir un dĂ©putĂ© français expliquer que lâOccident serait responsable de la situation actuelle, alors que la Russie mĂšne des guerres contre ses voisins depuis les annĂ©es 1990.
Il suffit de regarder les pays baltes : ils ont rejoint lâOTAN parce quâils connaissaient parfaitement le danger que reprĂ©sentait Moscou.
3. « Il aurait fallu une diplomatie différente au début des années 2000 »
Au début des années 2000, Poutine avait déjà :
- ĂcrasĂ© la TchĂ©tchĂ©nie ;
- Réduit progressivement le pluralisme politique ;
- Renforcé le pouvoir des services de sécurité ;
- Fait pression sur les médias indépendants ;
- EmprisonnĂ©, contraint Ă lâexil ou fait taire de nombreux opposants.
Encore une fois : comment un dĂ©putĂ© français peut-il affirmer sans trembler que nous serions responsables de la situation actuelle Ă cause dâun prĂ©tendu manque dâentente diplomatique ?
Pourquoi faut-il systématiquement dédouaner le régime russe de son durcissement autoritaire et de ses crimes ?
4. « Il ne fallait pas bombarder la Serbie »
Aurélien Taché nous ressort ici tous les poncifs habituels sur les Balkans.
Lâintervention de lâOTAN peut ĂȘtre critiquĂ©e. Câest un dĂ©bat parfaitement lĂ©gitime. En revanche, lancer cette phrase sans aucun contexte historique est profondĂ©ment trompeur.
Entre 1991 et 1999, les guerres de Yougoslavie font plus de 130 000 morts. Les forces serbes de Bosnie et le rĂ©gime de Slobodan MiloĆĄeviÄ sont impliquĂ©s dans des campagnes de nettoyage ethnique Ă grande Ă©chelle contre les populations non serbes.
Quelques rappels :
- Le siÚge de Sarajevo dure prÚs de quatre ans. Des milliers de civils sont tués par les bombardements et les tirs de snipers.
- Des forces serbes mettent en place des camps de détention et de concentration en Bosnie et en Croatie.
- En juillet 1995, le massacre de Srebrenica entraĂźne lâassassinat de plus de 8 000 hommes et adolescents bosniaques musulmans. Les juridictions internationales lâont qualifiĂ© de gĂ©nocide.
Des responsables comme Radovan KaradĆŸiÄ sont condamnĂ©s pour gĂ©nocide, crimes contre lâhumanitĂ© et crimes de guerre. MiloĆĄeviÄ, prĂ©sident serbe, lui-mĂȘme est inculpĂ© pour crimes contre lâhumanitĂ© avant sa mort.
Les frappes aĂ©riennes de lâOTAN en aoĂ»t-septembre 1995 (opĂ©ration Deliberate Force) visent principalement les forces serbes de Bosnie aprĂšs Srebrenica et les bombardements rĂ©pĂ©tĂ©s de zones civiles, aprĂšs des annĂ©es dâinaction internationale face aux massacres.
Lorsque lâon arrive au Kosovo en 1998-1999, lâOTAN nâintervient pas dans le vide. Elle agit aprĂšs des annĂ©es de massacres, de dĂ©portations et de nettoyages ethniques dans lâex-Yougoslavie, alors que MiloĆĄeviÄ est toujours au pouvoir.
Au Kosovo, les forces serbes mÚnent une campagne de répression contre la population albanaise. Des villages sont incendiés, des exécutions sont documentées et des centaines de milliers de Kosovars fuient leurs foyers.
Le massacre de RaÄak, oĂč des dizaines de civils albanais sont retrouvĂ©s morts, joue notamment un rĂŽle majeur dans la dĂ©cision occidentale dâintervenir.
à la suite de cela ont lieu les négociations de Rambouillet entre Serbes et Kosovars. Elles échouent, chaque camp jugeant les propositions inacceptables.
Lâalternative est alors entre une intervention militaire contestĂ©e et la poursuite probable dâune campagne de nettoyage ethnique dĂ©jĂ en cours.
On peut dĂ©battre de la lĂ©galitĂ© de lâopĂ©ration de lâOTAN, de ses consĂ©quences ou de ses erreurs. Mais prĂ©senter les bombardements de 1999 comme une agression gratuite contre la Serbie sans rappeler tout ce contexte revient Ă effacer lâessentiel de lâhistoire.
5. « Les Russes pouvaient rĂ©gler le problĂšme serbe eux-mĂȘmes »
Clairement non.
On a vu les rĂ©sultats de cette diplomatie tout au long des guerres yougoslaves. Elle nâa empĂȘchĂ© ni les massacres, ni les dĂ©placements de population, ni lâescalade militaire.
La Russie soutenait Belgrade depuis des années. Aurélien Taché a raison sur un point : la proximité historique, culturelle et religieuse entre les deux pays était réelle.
Mais câest prĂ©cisĂ©ment pour cette raison que Moscou nâĂ©tait pas un acteur neutre.
Primakov et les dirigeants russes de lâĂ©poque soutenaient le rĂ©gime de MiloĆĄeviÄ. PrĂ©senter la Russie comme un mĂ©diateur impartial dans cette crise nâa donc aucun sens.
6. « Le bombardement de la Serbie a convaincu les Russes qu'on ne pouvait pas faire confiance à l'Occident »
Beaucoup de responsables russes ont effectivement vécu le Kosovo comme une humiliation. Mais en faire l'origine de la rupture avec l'Occident est réducteur.
D'abord, les tensions existaient dĂ©jĂ avant 1999, notamment autour de l'Ă©largissement de l'OTAN Ă l'Europe centrale, perçu Ă Moscou comme un recul de son influence. Câest dâailleurs un rĂ©flexe impĂ©rialiste russe, et non occidental, puisque les nations sont souveraines dans leur choix dâalliances militaires, et que le contexte historique justifie largement leur volontĂ© de se protĂ©ger.
Ensuite, la dĂ©gradation des relations ne s'explique pas seulement par les choix occidentaux. Elle est aussi liĂ©e Ă l'Ă©volution de la Russie elle-mĂȘme : concentration du pouvoir autour de Poutine, affaiblissement des contre-pouvoirs, montĂ©e de l'autoritarisme et volontĂ© croissante de restaurer une sphĂšre d'influence dans l'espace post-soviĂ©tique.
Encore une fois : les Russes nâont quâĂ se regarder dans le miroir. La main leur a Ă©tĂ© tendue Ă de trĂšs nombreuses reprises. Ce sont eux qui ont choisi la voie de la belligĂ©rance et de lâantagonisme permanent. Il suffit dâĂ©couter la classe politique russe et ses mĂ©dias.
7. « AprÚs cela, Poutine a compris qu'il n'y avait pas d'avenir avec l'Occident »
Faux.
Là encore, l'affirmation ne résiste pas aux faits.
Si Poutine avait rĂ©ellement conclu dĂšs 1999 qu'il n'y avait « aucun avenir avec l'Occident », pourquoi la Russie a-t-elle continuĂ© Ă coopĂ©rer Ă©troitement avec les Ătats-Unis et l'Europe pendant plus d'une dĂ©cennie ?
AprĂšs le Kosovo, Moscou soutient les Ătats-Unis aprĂšs le 11 septembre 2001, facilite les opĂ©rations en Afghanistan, participe Ă la crĂ©ation du Conseil OTAN-Russie en 2002, dĂ©veloppe ses relations Ă©conomiques avec l'Union europĂ©enne et construit mĂȘme des projets stratĂ©giques communs comme Nord Stream.
Les exemples sont lĂ©gion. Bref, câest encore un poncif sans ancrage dans le rĂ©el.
8. « Les révolutions en Géorgie ont été pilotées par les Américains »
Cette affirmation est non seulement fausse, mais aussi profondément insultante envers le peuple géorgien.
Oui, des ONG occidentales étaient présentes en Géorgie. Oui, des fondations américaines ont soutenu des médias indépendants, des observateurs électoraux ou des organisations de la société civile. Mais cela ne signifie pas qu'elles ont organisé ou contrÎlé la Révolution des Roses.
La révolution éclate avant tout à la suite d'élections législatives massivement contestées pour fraude, dans un pays gangrené par la corruption et le banditisme. Des dizaines de milliers de Géorgiens descendent dans la rue, rejoints par une opposition qui bénéficie déjà d'un large soutien populaire.
Pour croire à la thÚse d'un « pilotage américain », il faudrait expliquer comment Washington aurait pu manipuler à lui seul des centaines de milliers de citoyens géorgiens ayant leurs propres motivations politiques.
Cette lecture retire toute capacitĂ© d'action aux GĂ©orgiens eux-mĂȘmes. Elle suppose que lorsqu'une population post-soviĂ©tique se rĂ©volte contre un pouvoir impopulaire ou corrompu, elle ne peut pas le faire de sa propre initiative et doit nĂ©cessairement ĂȘtre dirigĂ©e depuis Washington.
C'est prĂ©cisĂ©ment l'un des postulats centraux de la propagande russe depuis vingt ans. Câest mĂ©prisant et profondĂ©ment indĂ©cent.
Ăa en dit aussi long sur TachĂ© : apparemment, pour lutter pour la libertĂ© dans son pays, il faudrait forcĂ©ment toucher un billet. Je sais que cela peut paraĂźtre inconcevable pour vous, Monsieur le dĂ©putĂ©, mais contrairement Ă ce que vous semblez croire, les peuples savent se mobiliser contre l'injustice sans ĂȘtre payĂ©s pour le faire.
Enfin, si les Ătats-Unis contrĂŽlaient rĂ©ellement ces rĂ©volutions, il devient difficile d'expliquer pourquoi elles ont produit des rĂ©sultats aussi diffĂ©rents selon les pays, les pĂ©riodes et les dirigeants concernĂ©s. Les mouvements de contestation en GĂ©orgie, en Ukraine ou au Kirghizstan ont tous suivi des trajectoires distinctes, parfois mĂȘme dĂ©favorables aux intĂ©rĂȘts occidentaux.
La rĂ©alitĂ© est beaucoup plus simple : les Ătats-Unis ont soutenu des acteurs dĂ©mocratiques et la sociĂ©tĂ© civile, mais aucune preuve sĂ©rieuse ne montre qu'ils ont « pilotĂ© » la RĂ©volution des Roses. Confondre soutien politique et contrĂŽle opĂ©rationnel est un raccourci qui ne rĂ©siste pas Ă l'examen des faits.
9. « Maïdan a été piloté par les Américains »
LĂ , câest pareil. Il rĂ©pĂšte la propagande la plus crasse, la plus stupide et la plus dĂ©goĂ»tante du Kremlin sans rougir.
Maïdan commence en novembre 2013 aprÚs la décision du président Viktor Ianoukovytch de renoncer à l'accord d'association avec l'Union européenne, alors qu'il s'était publiquement engagé à le signer lors de sa campagne présidentielle.
Les premiÚres manifestations sont spontanées et rassemblent essentiellement des étudiants, des journalistes et des citoyens ordinaires. Ce n'est qu'aprÚs la répression policiÚre du 30 novembre, lorsque de jeunes manifestants pacifiques sont passés à tabac, que le mouvement prend une ampleur nationale.
Des centaines de milliers d'Ukrainiens descendent dans les rues de Kyiv et d'autres villes.
Affirmer que Washington aurait « pilotĂ© » un tel mouvement suppose que les Ătats-Unis auraient Ă©tĂ© capables de contrĂŽler des mois de manifestations, des centaines de milliers de participants et une multitude d'acteurs politiques, associatifs et citoyens. Or il nâexiste pas la moindre preuve sĂ©rieuse pour Ă©tayer une telle affirmation. Dâailleurs, bien que trĂšs jeune Ă lâĂ©poque, jây Ă©tais moi-mĂȘme.
Les Ătats-Unis ont bien soutenu politiquement l'opposition dĂ©mocratique ukrainienne, comme ils l'ont fait dans de nombreux pays. Des responsables amĂ©ricains ont rencontrĂ© des opposants et exprimĂ© leur soutien aux manifestants. Mais soutenir un mouvement et l'organiser sont deux choses trĂšs diffĂ©rentes.
LĂ encore, cette thĂ©orie souffre surtout d'un problĂšme logique : elle retire toute capacitĂ© d'action aux Ukrainiens eux-mĂȘmes. Elle part du principe que des millions de personnes ne peuvent pas se mobiliser contre la corruption, l'autoritarisme ou un changement de cap gĂ©opolitique sans ĂȘtre manipulĂ©es par une puissance Ă©trangĂšre.
C'est une vision profondément paternaliste et méprisante des peuples post-soviétiques.
10. « Il faut des référendums sur les territoires occupés »
Un référendum n'a de valeur que si les électeurs peuvent voter librement.
Or, dans les territoires occupés par la Russie :
- Des millions d'Ukrainiens ont fui ;
- Une partie de la population a été déplacée de force ;
- Les médias indépendants ont disparu ;
- La population subit la propagande russe 24 heures sur 24 depuis des années ;
- Toute opposition à l'occupation est réprimée ;
- Des citoyens ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s, torturĂ©s ou intimidĂ©s pour leurs positions pro-ukrainiennes.
Dans ces conditions, il est impossible de déterminer qui devrait voter et dans quel environnement politique.
Surtout, le droit international est trĂšs clair : un Ătat ne peut pas envahir un territoire, en prendre le contrĂŽle militaire, puis organiser un rĂ©fĂ©rendum pour lĂ©gitimer cette conquĂȘte.
Accepter ce principe reviendrait Ă crĂ©er un prĂ©cĂ©dent extrĂȘmement dangereux : n'importe quelle puissance pourrait annexer un territoire voisin puis rĂ©clamer un vote sous occupation pour valider le fait accompli.
Cette idée de « conférence des frontiÚres », chÚre à Jean-Luc Mélenchon, est une véritable boßte de Pandore.
La vĂ©ritable question n'est donc pas : « Faut-il un rĂ©fĂ©rendum ? », mais plutĂŽt : pourquoi rĂ©compenser une invasion en accordant Ă l'agresseur le droit de redessiner les frontiĂšres qu'il a lui-mĂȘme violĂ©es ?
Enfin, les Ukrainiens des territoires occupés n'ont jamais demandé de référendums avant l'invasion russe de 2014. C'est un mythe construit par Moscou. Il n'existait aucun mouvement séparatiste dans le sud ou l'est de l'Ukraine avant l'invasion russe.
11. « Zelensky n'a plus aucune légitimité populaire »
Encore une fois, on retrouve presque mot pour mot l'argumentaire développé par le Kremlin.
Comparez vous-mĂȘmes :
JLM : « Monsieur Zelensky, dites-vous, vous plaisantez ? Il n'est président de rien. Depuis le mois de mai dernier, son mandat est arrivé à terme. »
Poutine : « Le président de l'Ukraine est élu pour cinq ans. Il n'existe aucun moyen de prolonger son mandat. »
JLM : « Si vous faites signer un accord par quelqu'un qui est ensuite remplacé par quelqu'un d'autre qui dit : "Moi, je n'étais pas au courant et lui, il ne représentait personne", et c'est fini, patatras, tout est ramené à zéro.
Nous avons donc besoin qu'il y ait un président légitime élu par les Ukrainiens (...) pour signer l'accord de paix. »
Poutine : « La signature doit ĂȘtre celle des autoritĂ©s lĂ©gitimes. Sinon (...) le prochain arrivera et jettera tout ça Ă la poubelle. »
D'abord, le mandat présidentiel ukrainien n'a pas été prolongé de maniÚre arbitraire. La Constitution ukrainienne et la loi martiale interdisent la tenue d'élections nationales en temps de guerre. Cette rÚgle existait bien avant l'invasion russe de 2022.
Organiser un scrutin alors qu'une partie du territoire est occupée, que des millions de citoyens sont réfugiés à l'étranger, que des centaines de milliers de soldats sont au front et que des villes sont bombardées quotidiennement serait matériellement et démocratiquement impossible.
Ensuite, malgré l'usure inévitable liée à plus de quatre ans de guerre, Zelensky demeure l'une des personnalités politiques les plus populaires du pays. Aucun opposant ne bénéficie aujourd'hui d'un soutien comparable à l'échelle nationale, à l'exception éventuelle de Zaloujny.
Depuis plusieurs années, Vladimir Poutine affirme qu'il ne peut pas négocier avec Zelensky car celui-ci serait devenu « illégitime » en raison de l'absence d'élection présidentielle.
Or cet argument ignore volontairement les dispositions du droit ukrainien en temps de guerre et sert avant tout à justifier le refus du Kremlin d'engager de véritables négociations.
Lorsque Aurélien Taché ou Jean-Luc Mélenchon reprennent cette idée, ils reprennent quasiment mot pour mot l'un des principaux éléments de langage utilisés par Moscou depuis des mois. Qu'ils le veuillent ou non, ils contribuent ainsi à légitimer le prétexte invoqué par le Kremlin pour poursuivre la guerre.
Si personne n'est « légitime » pour négocier cÎté ukrainien, alors aucune négociation n'est possible.
C'est prĂ©cisĂ©ment la position dĂ©fendue par le Kremlin pour justifier la poursuite du conflit, alors mĂȘme que les frappes russes continuent de tuer des civils ukrainiens chaque semaine.
12. « Une affaire de corruption éclate tous les quinze jours »
Populisme de bas étage.
Personne ne nie que la corruption demeure un problÚme en Ukraine. C'est d'ailleurs précisément pour cette raison que le pays a créé depuis 2014 plusieurs institutions spécialisées, comme le Bureau national anticorruption (NABU) ou le Parquet spécialisé anticorruption.
Si des scandales Ă©clatent rĂ©guliĂšrement, c'est aussi parce que ces structures enquĂȘtent davantage qu'auparavant et que la sociĂ©tĂ© civile ukrainienne est particuliĂšrement vigilante sur ces questions.
Ensuite, les affaires révélées ne démontrent pas l'absence de lutte contre la corruption, mais souvent l'inverse. Plusieurs ministres, hauts fonctionnaires, responsables militaires ou proches du pouvoir ont été limogés, poursuivis ou contraints à la démission.
Dans de nombreux pays, ces dossiers n'auraient jamais été rendus publics.
Surtout, l'argument est utilisé de maniÚre trÚs sélective.
La Russie figure parmi les pays les plus corrompus d'Europe selon la plupart des indicateurs internationaux, mais on entend rarement les mĂȘmes conclure que le Kremlin aurait perdu toute lĂ©gitimitĂ© pour autant.
13. « Une partie de l'aide disparaßt »
C'est faux. Et c'est un argument particuliĂšrement malhonnĂȘte.
Des audits français, amĂ©ricains et europĂ©ens sont rĂ©alisĂ©s en permanence. On sait prĂ©cisĂ©ment oĂč vont les aides Ă©trangĂšres et comment elles sont utilisĂ©es.
Si l'Ukraine Ă©tait rĂ©ellement un systĂšme oĂč l'aide occidentale disparaissait massivement dans la corruption, il serait difficile d'expliquer comment elle a rĂ©ussi Ă tenir plus de quatre ans face Ă l'armĂ©e russe, Ă moderniser ses capacitĂ©s militaires et Ă mener des opĂ©rations complexes.
Les audits occidentaux ont identifié des cas de corruption et de mauvaise gestion, mais aucune preuve d'un détournement massif et systémique de l'aide militaire occidentale.
Tous les grands scandales de corruption de ces derniÚres années, notamment l'affaire Midas, qui concernait environ 100 millions de dollars détournés dans le secteur de l'énergie, ne portaient pas sur les aides étrangÚres.
Oui, la corruption existe. Mais prétendre que l'aide occidentale est massivement détournée est un mensonge que le Kremlin adore propager pour convaincre les Occidentaux d'abandonner l'Ukraine.
Aurélien Taché reprend ici exactement ce récit.
14. « Des hommes sont enlevĂ©s dans la rue pour ĂȘtre enrĂŽlĂ©s »
Oui, des vidĂ©os montrent parfois des mĂ©thodes brutales ou illĂ©gales employĂ©es par certains agents chargĂ©s de la mobilisation. Ces abus existent et sont rĂ©guliĂšrement dĂ©noncĂ©s en Ukraine mĂȘme.
Mais parler d'« enlĂšvements » comme si l'Ătat ukrainien kidnappait systĂ©matiquement ses citoyens est faux. L'Ukraine applique une conscription en temps de guerre, comme de nombreux pays l'ont fait dans leur histoire lorsqu'ils Ă©taient confrontĂ©s Ă une menace existentielle.
Présenter ces vidéos comme la preuve que les Ukrainiens ne veulent plus se battre revient à confondre des abus ponctuels avec la réalité d'un pays mobilisé depuis plus de quatre ans pour sa survie.
15. « Les Ukrainiens ne veulent plus se battre »
Encore une phrase dénuée de sens.
Il existe une fatigue de guerre réelle en Ukraine. AprÚs plus de quatre ans de conflit à grande échelle, des centaines de milliers de morts et de blessés, des familles séparées et une mobilisation prolongée, de nombreux Ukrainiens s'interrogent sur la stratégie à suivre. Cette lassitude s'est notamment accentuée aprÚs l'échec de la contre-offensive de l'été 2023, qui avait suscité d'importants espoirs.
Mais cette fatigue ne signifie pas que les Ukrainiens ne veulent plus se battre. Les sondages montrent généralement qu'une majorité de la population refuse toujours les concessions territoriales majeures et considÚre une victoire russe comme une menace existentielle.
Cela dit, il existe de rĂ©elles difficultĂ©s et le moral n'est plus celui de 2022. C'est parfaitement normal. Dans toutes les guerres longues â de la PremiĂšre Guerre mondiale au Vietnam, en passant par l'Irak ou l'Afghanistan â les populations finissent par s'Ă©puiser, douter et chercher une issue.
C'est la nature mĂȘme de la guerre. Confondre fatigue, lassitude et volontĂ© de capituler est une façon de dĂ©former la rĂ©alitĂ© du terrain.
16. « Le récit du bien contre le mal est imposé »
Oui, Monsieur Taché.
La Russie a envahi un Ătat souverain sans la moindre justification valable, dĂ©truit des villes entiĂšres et provoquĂ© la mort de centaines de milliers de personnes.
L'Ukraine, elle, subit une guerre dont elle n'est en rien responsable.
Dans ce conflit, il n'est pas difficile d'identifier l'agresseur et l'agressé.
Votre facultĂ© Ă le faire est indigne pour un dĂ©putĂ©, et jâespĂšre que vous ne le serez plus prochainement. Vous nâavez clairement pas les compĂ©tences pour.
17. « Les Russes sont présentés comme le mal et l'OTAN comme le bien »
Caricature grotesque.
La plupart des observateurs occidentaux ne prĂ©sentent pas l'OTAN comme une organisation parfaite ou irrĂ©prochable. Les interventions en Irak, en Afghanistan ou en Libye ont fait l'objet de critiques extrĂȘmement sĂ©vĂšres en Europe comme aux Ătats-Unis.
En revanche, dans le cas de l'Ukraine, le problÚme n'est pas une question de « bien » ou de « mal », mais de faits.
La Russie a envahi un Ătat souverain, annexĂ© des territoires, bombardĂ© des villes, dĂ©portĂ© des civils et commis de nombreux crimes documentĂ©s par les organisations internationales.
Le fait de rappeler ces réalités ne relÚve pas d'un récit manichéen, mais de la description d'événements observables.
L'argument est d'ailleurs révélateur : il ne répond pas aux accusations portées contre la Russie. Il cherche à les relativiser en suggérant qu'elles ne seraient qu'un produit de la propagande occidentale.
Or ce ne sont pas les médias occidentaux qui ont lancé l'invasion du 24 février 2022, bombardé Marioupol ou massacré des civils à Boutcha.
On peut critiquer l'OTAN autant qu'on veut. Cela ne change rien Ă la responsabilitĂ© de la Russie dans la guerre qu'elle a elle-mĂȘme dĂ©clenchĂ©e.
18. « Les Ătats-Unis ne sont mĂȘme plus derriĂšre cette ligne »
PlutÎt vrai. Mais dans ce cas, il faudrait savoir : cette guerre est-elle une guerre américaine « provoquée par Washington », comme l'affirment depuis des années les propagandistes du Kremlin, ou non ?
Les Ătats-Unis ont rĂ©duit leur implication et multipliĂ© les signaux contradictoires. C'est prĂ©cisĂ©ment l'une des raisons pour lesquelles les EuropĂ©ens sont aujourd'hui contraints d'assumer davantage leurs responsabilitĂ©s.
19. « L'Allemagne réarme à 100 % américain »
Factuellement faux.
L'Allemagne a certes acheté des F-35 américains, mais elle investit simultanément des dizaines de milliards d'euros dans son industrie nationale et européenne :
- Plus de 100 milliards d'euros de fonds spécial pour la Bundeswehr ;
- Commandes massives auprÚs de Rheinmetall (chars, munitions, véhicules) ;
- Participation aux programmes européens MGCS et FCAS ;
- Investissements dans les systÚmes de défense aérienne européens.
Dire que l'Allemagne réarme « à 100 % américain » est tout simplement faux.
Mais bon, vĂ©rifier les faits avant de parler semble ĂȘtre devenu optionnel pour certains.
20. « L'Allemagne veut reprendre l'hégémonie militaire en Europe »
Prétendre que l'Allemagne cherche l'hégémonie militaire en Europe parce qu'elle réarme face à la plus grande guerre sur le continent depuis 1945, c'est confondre défense et expansionnisme.
Si Berlin voulait dominer l'Europe, elle ne placerait pas son réarmement dans le cadre de l'OTAN, de l'Union européenne et de programmes militaires communs avec ses voisins.
La doctrine officielle allemande met l'accent sur la défense collective, le soutien à l'Europe et la dissuasion face à la Russie. Rien de sensationnel.
21. « Quand les Allemands réarment, ce n'est jamais bon »
Honteux et insultant pour nos voisins allemands.
L'Allemagne de 2026 n'est ni celle de Guillaume II ni celle d'Hitler. C'est une démocratie libérale intégrée à l'Union européenne et à l'OTAN, dont l'armée est placée sous un contrÎle parlementaire strict.
Son réarmement est une réponse directe à l'invasion de l'Ukraine par la Russie et s'inscrit dans un cadre collectif de défense avec ses alliés.
Par ailleurs, si l'on appliquait ce raisonnement à tous les pays, il faudrait considérer que la France est une menace dÚs qu'elle augmente son budget militaire à cause des guerres napoléoniennes, ou que le Royaume-Uni ne devrait plus avoir d'armée en raison de son passé colonial.
VoilĂ . 25000 signes pour debunker une connerie de 3 minutes. AurĂ©lien TachĂ© est une tĂąche pour la France et pour lâAssemblĂ©e. Vivement les prochaines Ă©lections pour quâil soit battu.
Aurélien Taché : "priorité à ramener la Russie dans le concert des nations européennes."