Edgar Morin était l’incarnation du principe de vitalité.
Grand résistant, mettant sa vie en jeu pour la liberté ; grand penseur passant toutes les frontières disciplinaires pour chercher la vérité complexe de l’humain; être humain exceptionnel par son ouverture d’esprit et sa joie de vivre par-delà toutes les épreuves.
La liste de ce qu’il aimait serait bien longue. La lecture, l’écriture, la musique, la France, l’Amérique latine, le cinéma, les amis, les bonheurs simples de l’existence qui le rendaient amoureux de la vie, encore à 105 ans. Il aimait confronter ses idées à tout ce qui était différent. Nos débats pouvaient durer des heures entières dans le plaisir de la confrontation des idées, de son immense culture et de son expérience incomparable. Nous avions tant de différences! Et un tel plaisir qu’il en soit ainsi pour progresser par l’échange. Nous en avons même fait un livre. Il était un ami sûr et droit, un homme de bien, un homme bon. Je perds un être que j’aimais profondément et qui m’a donné des signes d’affection inoubliables.
En pensée avec sa femme Sabah Abouessalam-Morin qui a tant fait pour lui jusqu’au bout.