Il n'Ă©tait mĂȘme pas venu pour le football, seulement pour voir les feux d'artifice aprĂšs la victoire du PSG.
Quelques minutes plus tard, touchĂ© par un tir de LBD, il perdait un Ćil. Aujourd'hui, Ă 26 ans, il est mutilĂ© Ă vie.
Cette nuit-là , des milliers de tirs de LBD ont été effectués. D'autres personnes, dont des adolescents, ont également été gravement blessées.
Depuis des annĂ©es, les mutilations provoquĂ©es par ses armes s'accumulent. Ăborgnements, mains arrachĂ©es, fractures graves : les victimes se comptent par centaines. Ă chaque fois, les autoritĂ©s promettent des explications. Ă chaque fois, les mĂȘmes pratiques continuent.
Cette violence est devenue systémique. Elle résulte de choix politiques assumés : militarisation du maintien de l'ordre, banalisation de l'usage de la force et impunité quasi permanente pour les responsables.
Et ce sont toujours les mĂȘmes qui en paient le prix. Les jeunes des quartiers populaires, les personnes racisĂ©es, les manifestants, etc. Tous ceux qui sont perçus comme des populations Ă surveiller plutĂŽt qu'Ă protĂ©ger.
Perdre un Ćil pour avoir voulu assister Ă une fĂȘte populaire est inacceptable. Dans une dĂ©mocratie, mutiler sa jeunesse ne devrait jamais devenir la norme. Dans une dĂ©mocratie le ministre et le prĂ©fet auraient dĂ©missionnĂ©.
Au lieu de cela, ils se maintiennent en poste, refusent toute remise en cause et préfÚrent diaboliser une partie de la population pour masquer l'échec de leur stratégie et leur propre incompétence.
Toute la lumiĂšre doit ĂȘtre faite sur les circonstances de ce tir et les responsabilitĂ©s doivent ĂȘtre Ă©tablies. Mais au-delĂ , c'est toute la doctrine du maintien de l'ordre qui doit ĂȘtre remise en cause.
« Je suis allĂ© voir le match du PSG et Ă la fin de la soirĂ©e, jâai un Ćil en moins »
Jordan, éborgné par un tir de LBD :
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mediapart.fr/journal/france/âŠ