Si la CAF avait encore un peu de dignité et de sens de la responsabilité, l’exclusion de l’arbitre somalien de la Coupe du Monde (entre autres gestes inédits et inacceptables) aurait engendré une levée de bouclier à l’échelle continentale, voire une menace de boycott de la competition par les équipes africaines.
Respecter l’Afrique et le football africain devrait commencer par le simple fait de respecter la dignité humaine, la dignité africaine.
Ce qui se passe va même au-delà du football. C’est l’expression du racisme d’un régime de suprémacistes blancs, avec à la tête un président américain 🇺🇸 qui a montré tous les signes de psychopathie depuis des années. Le monde s’est tellement habitué à ses dérives et à l’expression de son racisme que notre capacité d’indignation s’en est étiolée.
Ce n’est pas juste footballistique. C’est un affront politique. Et c’est à ce niveau qu’on comprend que l’Afrique est encore loin d’avoir construit un leadership politique capable d’inspirer ou d’imposer le respect. Les institutions continentales, qu’il s’agisse de la CAF ou de l’UA, ont malheureusement choisi d’être les serpillières du reste du monde.
L’hypocrisie des médias occidentaux (prompts aux leçons de morale lorsqu’il s’agit des autres, mais amorphes et complices lorsque leurs turpitudes sont au bas de la porte) qu’on constate encore, n’est que le résultat d’une construction sociale internationale qui hiérarchise les peuples, subalternise « le Sud », et que l’Afrique malheureusement ne conteste pas encore assez ou ne se donne pas les moyens de contester.
L’Afrique est encore subalternisée parce que les autorités qui devaient contester la hiérarchie acceptent d’être eux-mêmes les subalternes des autres…