Ce matin, quand j’ai ouvert mon compte Twitter, que j’ai vu les vidéos des exactions israéliennes de la veille, des déclarations de Lecornu sur l’ingérence étrangère et celles de Glucksmann, qui annoncent tranquillement le coup d’État en préparation pour truquer voire supprimer la présidentielle de l’année prochaine, que j’ai lu sur son propre réseau social la 43e déclaration de victoire de Donald Trump dans sa guerre contre l’Iran, j’ai eu envie de publier quelques remarques bien senties. Mais là, stop ! La fonction « gare à l’algorithme » que j’ai implanté dans mon cerveau s’est immédiatement mise à clignoter. Et le blocage qui en est la conséquence s’est mis lui aussi à fonctionner. Désormais, sur ce réseau, si je veux récupérer de la visibilité et mes faullauouères supprimés, je ne dois utiliser que la fonction : « Castelnau, l’ami des animaux ».
Hier je vous ai annoncé après les chats et les cochons d’Inde que j’allais vous parler de mon élevage de cigales, celles-ci venant de recommencer à donner de la voix. Comme vous le savez tous la cigale appartient à la famille des Cicadidae qui regroupe des insectes de l'ordre des hémiptères. Ce sont des hétérométaboles puisque seule leur dernière métamorphose sera complète. Alors je vais vous faire un petit tuto pour vous permettre vous aussi de disposer d’un élevage. Premier prérequis, la Provence. Important ça, la Provence, c’est même indispensable. Parce que si vous essayez du côté du plateau de Langres, la réussite n’est pas garantie. Ensuite de la patience. Il faut attendre le mois de juin et que la température les incite à mettre le nez dehors après quatre ans passés sous la terre. Elles vont chanter, s’accoupler et pondre, cela va leur prendre deux mois. Vous n’aurez rien à foutre qu’à les écouter. Mais il y a une astuce. Si vous êtes dans un endroit un peu boisé, et qu’autour de vous il y a eu, comme par exemple en 1999, du côté de Saint-Rémy Provence, un immense incendie qui a détruit des milliers de pins maritimes que ces imbéciles de l’ONF ont planté partout alors que ça n’est pas une essence locale. Parce que les années suivantes, et pendant quatre ans, les enfants des cigales dont les arbres ont disparu vont ressortir, et ne pas retrouver les arbres de leurs parents. Alors là, je vous dis pas l’ambiance. Elle est simplement assourdissante, et la sieste provençale, c’est même pas en rêve !
En ce moment, la cymbalisation des mâles qui appellent les femelles se combine avec celle des oiseaux (toujours les mâles, non mais) qui chantent à tue-tête pour les mêmes raisons. Pour ce qui me concerne, j’ai des rossignols philomèle et des fauvettes à tête noire. Des chants très voisins qu’il est parfois difficile de distinguer. Heureusement, il y a les applis, qui vous reconnaissent ça en quelques secondes. À propos de ces piafs, un matin de pluie battante j’ai entendu un bruit sourd contre une baie vitrée. Je n’y ai pas prêté attention plus que ça, et n’ai ouvert cette baie que deux heures plus tard, pour tomber sur l’oiseau qui l’avait heurté, mort. Et sous la pluie, figé à côté de lui, ce qui devait être son compagnon qui le veillait. Toujours sous la pluie il est resté là plusieurs heures. C’était lugubre et m’avait foutu le bourdon pour la journée. Personne n’aime les histoires d’amour qui comme chacun sait finissent mal en général. Même celles des oiseaux.
Bon, si avec ça l’algorithme ne comprend pas que je suis quelqu’un de très recommandable c’est à désespérer.
Ah, j’oubliais. Le chat dont je vous ai parlé qui porte non Horus (« par Horus demeure ! », C’est une référence à l’album de Blake et Mortimer : le mystère de la grande pyramide), Horus donc s’est foulé la patte dites donc. Regardez la photo, gonflée elle fait le double de l’autre. Comme vous vous inquiétez, je vous rassure, il va beaucoup mieux.
Petit message de service quand même, pour ceux qui sont indécrottables et qui préfèrent mes méchancetés aux photos de chatons, ils peuvent toujours aller sur mon Substack. Tiens, cet après-midi, si j’ai le temps, on va y parler d’André Bercoff.