Jâai Ă©galement Ă©voquĂ© chez Apolline la premiĂšre phrase qui mâest venue Ă lâesprit suite Ă cet âaccordâ, celle de Nietzsche qui disait que les Ătats sont les plus froids des monstres froids. Trump avait promis de lâaide au peuple iranien, et câest le rĂ©gime qui rĂ©colte la caisse !
âIl faut rappeler quâil y a 130 jours, on disait Ă la population iranienne : âHelp is on the wayâ, lâaide arrive, nous allons vous libĂ©rer. Et aujourdâhui, câest le rĂ©gime iranien qui est en train de toucher des milliards, tandis que la population continue de souffrir. Des dizaines de milliers de prisonniers croupissent toujours dans les geĂŽles du rĂ©gime.
Les autres victimes sont les habitants du Sud-Liban qui ne peuvent toujours pas rentrer chez eux. Il nây a ni engagement iranien Ă cesser le financement du Hezbollah, ni engagement israĂ©lien Ă se retirer du Sud-Liban. Le Liban demeure donc la variable dâajustement et risque une nouvelle fois de servir de victime expiatoire dans cette rivalitĂ© entre puissances.
Nous retrouvons le mĂȘme schĂ©ma que depuis le 11 septembre 2001 : lâillusion selon laquelle lâoutil militaire permettrait de rĂ©soudre des problĂšmes essentiellement politiques. Or, Ă chaque fois, on finit par renforcer les mouvements les plus radicaux.
Vous le disiez : psychologiquement, le rĂ©gime iranien se sent aujourdâhui confortĂ©. Il considĂšre quâil a remportĂ© une victoire. Si une partie des fonds qui vont ĂȘtre dĂ©bloquĂ©s ruisselle vers les proxys, ceux-ci pourraient rapidement ĂȘtre remis Ă flot.
Les Iraniens ont tout fait cette fois-ci pour ne pas lĂącher le Hezbollah. En 2024, ils avaient Ă©tĂ© accusĂ©s de ne pas en avoir fait assez aprĂšs lâassassinat du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Hezbollah. Cette fois, ils ont tenu bon.
(âŠ)
Lorsque certains responsables amĂ©ricains ont Ă©tĂ© interrogĂ©s sur les 14 points que les Iraniens prĂ©sentent comme des acquis de lâaccord, ils ne les ont pas vĂ©ritablement dĂ©mentis. Ils ont simplement rĂ©pondu quâil sâagissait du spin, du rĂ©cit que TĂ©hĂ©ran cherche Ă imposer. Cela signifie probablement quâune partie substantielle de ces Ă©lĂ©ments est exacte.
En rĂ©alitĂ©, si lâon compare avec lâaccord de 2015, nous sommes bien en dessous de ce qui avait Ă©tĂ© obtenu Ă lâĂ©poque. Il y avait alors un systĂšme dâinspections. Aujourdâhui, il nây en a pas. Il y avait Ă©galement la participation de lâEurope, de lâONU, de la Russie, de la Chine, de lâAllemagneâŠ
On peut mĂȘme penser que certains responsables iraniens seront dĂ©sormais encore plus dĂ©terminĂ©s Ă se doter un jour de lâarme nuclĂ©aire.
Cela dit, la guerre est loin dâĂȘtre terminĂ©e. Il nâest pas exclu que nous assistions Ă un nouveau round dans quelques mois.
Mais dans lâimmĂ©diat, les Ătats-Unis se sont heurtĂ©s Ă un mur. Ils ont Ă©tĂ© contraints dâaffronter la rĂ©alitĂ© : ils nâont pas rĂ©ussi Ă faire tomber ce rĂ©gime. Ils souhaitent dĂ©sormais passer Ă autre chose.
Et lâon voit dĂ©jĂ apparaĂźtre dâautres prioritĂ©s dans le discours amĂ©ricain. On commence Ă reparler de Cuba, par exemple et on a soudainement ressorti de vieilles accusations visant Raoul Castro. Nous pourrions donc ĂȘtre entrĂ©s dans une tout autre sĂ©quence dâici quelques semaines.
Entre-temps, ce sont les populations de la rĂ©gion qui continuent de payer les pots cassĂ©s.â