Par un 26 mai : A part quelques retouches, vous avez déjà lu ce texte en 2025 ! Et je suis sûr que mes jarbaat Bodiaw, Massar et Fama ne le liront pas, car nageant dans la spiritualité de la station d’Arafat !
26 Mai 1972 : Des éléments armés venant de la Guinée portugaise (Bissau) attaquent le village sénégalais de Santhiaba-Manjack défendu par l'Armée nationale. Six soldats sont tués, cinq autres blessés.
🇸🇳 🇵🇹 Alphousseyni Cissé, ou la jeunesse envoyée à la guerre
Dans son remarquable travail de vulgarisation des faits saillants au Sénégal, le site SenegalDates devait, mentionner le nom d’Alphousseyni Cissé. Ainsi, mes jarbaat sauront que, dans leur martyrologie estudiantine, Alphousseyni devrait être en tête pour avoir été tué lors de cette attaque du village de Santhiaba-Manjack, le 26 mai 1972, par l’armée coloniale portugaise qui occupait la Guinée-Bissau.
En effet, Alphousseyni Cissé faisait partie de ces étudiants incorporés de force dans l’armée sur ordre de Senghor, et contre l’avis de certains officiers qui refusaient la présence de ces jeunes considérés comme des perturbateurs potentiels.
Les membres de ce « contingent spécial » furent ensuite répartis dans différentes unités de l’armée (sauf Bassirou Faty, pour des raisons légitimes) :
· Oussouye : Famara Sarr et Mbaye Diack
· Tambacounda : Abdoulaye Bathily, Mbaye Diouf et Papa Konaré Niang
· Bignona : Mamadou Diop Decroix et Sakhewar Diop
· Ziguinchor : Mamadou Sall et Alphousseyni Cissé
· Kolda : Tidiane Ly et Mamadou Lamine Sanokho
D’une brève discussion avec votre Nijaay, Mamadou Diop « Decroix », je relève qu’Alphousseyni n’aurait même pas dû être incorporé dans l’armée, car il portait une prothèse dentaire. Ou peut-être est-ce la raison pour laquelle on l’avait affecté à des tâches bureaucratiques dans la ville de Ziguinchor ? Du coup, les entraînements militaires, il n’en faisait presque pas.
Cependant, lorsque l’armée coloniale a occupé le village de Santhiaba-Manjack, un supérieur est venu l’embarquer avec d’autres soldats, dont Mamadou Sall, le frère de votre nijaay Seydou Sy Sall, pour les amener au front sans vraiment prendre toutes les mesures de sécurité.
Cette insouscience me rappelle les mots Jacques Brel sur le sort des jeunes travailleurs français dans les mines de charbon avant la Première Guerre mondiale :
Pourquoi ont-ils tué Jaurès?
Si par malheur ils survivaient
C'était pour partir à la guerre
C'était pour finir à la guerre
Aux ordres de quelques sabreurs
Qui exigeaient du bout des lèvres
Qu'ils aillent ouvrir au champ d'horreur
Leurs vingt ans qui n'avaient pu naître
Et ils mouraient à pleine peur
Ce « sabreur sénégalais » fit entrer ces jeunes soldats dans le village sans savoir que des éléments de l’armée coloniale portugaise s’y étaient cachés. Ainsi, lorsqu’ils arrivèrent à découvert, ce fut le carnage, avec la mort de six soldats, dont Alphousseyni.
Je vous renvoie au livre-mémoires de Abdouaye Bathily, Passion de liberté, d’où est tirée cette photo du contingent, et qui explique les circonstances dans lesquelles Alphousseyni Cissé et ses camarades furent tués à
#SanthiabaManjack : décapités, leurs têtes emportées comme trophées par la soldatesque portugaise et ses complices locaux.
La longue marche vers la démocratie ne peut être racontée sans évoquer cet épisode cruel — ni sans rappeler les terribles répressions qui n’ont pas commencé le 1er décembre 1963, comme on le croit souvent, mais bien avant, comme ce 27 mai 1962 qui suit.
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26 Mai 2014 : Ouverture à Dakar par le Président Macky Sall d’une conférence régionale sur les déclarations de patrimoine.
🇸🇳 Déclarer son patrimoine ? Oui… mais pas moi
La déclaration de patrimoine est loin d’être née d’une réflexion exclusivement endogène. Elle résulte d’une directive de l’UEMOA du 27 mars 2009 portant Code de la transparence dans la gestion des finances publiques, ainsi que des « encouragements » des partenaires au développement. C’est peut-être pourquoi sa mise en œuvre demeure, encore aujourd’hui, très problématique.
Nous avons même forgé des dictons qui permettent de rejeter la transparence (Xaalis bëggul coow), de faire l’éloge du raccourci et de la corruption (Xaalis kenn du ko liggéey, danu koy lijjanti), ou encore de justifier la recherche d’un protecteur pour bénéficier de l’impunité (Ku am kuddu du lakk).
En réalité, rendre compte de son patrimoine reste difficilement acceptable pour la majorité des personnes concernées par la loi du 21 mars 2014 au Sénégal : le Président de la République, le Premier Questeur de l’Assemblée nationale, le Premier ministre et les ministres, ainsi que tous les administrateurs de crédits, ordonnateurs de recettes et de dépenses, et comptables publics réalisant des opérations annuelles d’un montant supérieur ou égal à un milliard de FCFA.
L’adoption de cette loi résulte également d’un accord entre le Sénégal et la Banque mondiale. Dans un communiqué de presse, la
@BM_Afrique avait précisé que « la déclaration de patrimoine par les détenteurs d’un pouvoir public, la célérité dans la publication des rapports de la Cour des comptes (…) sont autant de résultats attendus » après le versement d’une première tranche d’un appui budgétaire de 85 millions de dollars, approuvée le 20 décembre 2012.
Pour recevoir la deuxième tranche,
@Macky_Sall signa, après de multiples allers-retours, le projet de loi relatif à la déclaration de patrimoine le 15 novembre 2013. Et le 19 décembre 2013, la Banque mondiale, préjugeant que la loi serait votée, versa au Trésor la seconde tranche promise, d’un montant de 30 millions de dollars. Inutile d’en dire plus !
Ce processus explique également toutes les difficultés rencontrées par l’OFNAC par la suite, pour obtenir les déclarations des assujettis, dont beaucoup opposèrent un « niet », en toute impunité. Par exemple, dans le premier gouvernement nommé par
@PR_Diomaye Bassirou Diomaye Faye, sous la direction du PM Ousmane
#Sonko, seuls neuf ministres ont satisfait à leur obligation de déclaration de patrimoine, rappelait le 10 mai dernier Moustapha Ka, président de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC).
En France, la déclaration de patrimoine, tant au début qu’à la fin du mandat, est rendue publique sur un site internet, permettant à tout citoyen — et aussi à la presse — de signaler, si nécessaire, des omissions, qu’elles soient volontaires ou non.
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26 Mai 1966 : Inauguration par le Président Léopold Sédar Senghor de l'hôpital Heinrich Lübke de
#Diourbel, fruit de la coopération avec la République Fédérale d'Allemagne. Heinrich Lübke fut président de la République Fédérale d'
#Allemagne du 30 septembre 1959 au 30 juin 1969. Il avait effectué une visite au Sénégal le 18 janvier 1962.
🇸🇳 Comment naît une première chirurgienne
Pourquoi cette image du service de « Chirurgie Générale Dr Sérigne Momar Bâ » de l’hôpital Abbas Ndao ? Tout simplement parce que cette appellation aurait tout aussi bien pu exister dans cet hôpital de Diourbel, inauguré par Senghor. Le docteur Bâ — évidemment un ancien du lycée Faidherbe 😃— y exerçait déjà en 1966. Il y fut ensuite médecin-chef pendant de longues années, laissant derrière lui de très bons souvenirs. Un de vos nijaay, bout de chou à l’époque, se rappelle encore de l’inauguration… et surtout des fameux «bombe mort » de la garde présidentielles. Si tu ne t’es jamais émerveillé devant un « tombe-mort », c’est que tu n’as pas 50 ans ! 😄
Et sans doute inspirée par les blouses blanches de papa et maman dans cet hôpital du Baol, une petite fille Bâ devint, plus tard, la première chirurgienne du Sénégal. Comme quoi, derrière un nom posé sur un mur d’hôpital, il y a parfois une filiation, une vocation à découvrir.
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26 Mai 2006 : La styliste Oumou Sy reçoit les insignes de Chevalier de l’Ordre National de la Légion d’honneur française à la Résidence de l’Ambassadeur de France au Sénégal
🇸🇳 Oumou Sy : pas que du style, aussi du futur
Qui n’a pas fréquenté le Metissacana d’Oumou Sy, le tout premier cybercafé d’Afrique — après l’Afrique du Sud — créé en 1996, n’a pas connu les débuts d’Internet au Sénégal ! À cette époque, le Sénégal était, avec l’Afrique du Sud, le seul pays africain à être entièrement connecté à Internet. Une heure de connexion à 5000 F ! Oui, cela a existé ! Demandez a Djibril Fall sans doute le premier sénégalais à avoir eu une adresse mail !
Évidemment, Oumou Sy, grande styliste aux multiples initiatives, est aussi connue pour avoir habillé les actrices et acteurs de nombreux films de Djibril Diop Mambéty, Sembène Ousmane, Idrissa Ouedraogo, entre autres.
La reconnaissance officielle — avec l’attribution de la Légion d’honneur française — viendra bien plus tard, après ses démêlés judiciaires en 2001, qui s’étaient soldés par un non-lieu un an plus tard.
Pas de bonus VAR car déjà trop long.
Note : En dehors de mes commentaires subjectifs, partiels, biaisés et précédés de 🇸🇳, ces informations sont disponibles sur des milliers de sites, notamment SenegalDates.
#26mai #Senegal #Kebetu