Joined March 2010
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La vie 🎈 Pour Ă©crire, il faut avoir de la mĂ©moire. Il faut se souvenir de ce qui s’est passĂ©, parfois il y a bien longtemps. Il faut avoir de la mĂ©moire et retranscrire ce qui survit encore dans les influx Ă©lectriques des neurones. Un samedi, le 23 juin de l’an de grĂące 2012, l’homme qui me tenait la main pour me conduire Ă  l’école maternelle Ă©tait mis en terre. Cela faisait peu d’annĂ©es qu’il avait pris une retraite bien mĂ©ritĂ©e. Depuis toujours, tout le monde se demandait ce qui avait poussĂ© Owona Boniface Ă  rejoindre la gendarmerie nationale. L’envie de s’en sortir honorablement, l’opportunitĂ©, puis la volontĂ© de servir son pays. Owona Boniface, mon oncle, intĂ©gra ainsi le parcours de formation des gendarmes camerounais. C’est grĂące Ă  lui que j’entendis parler du Camp Yeyap Ă  YaoundĂ©, dans la capitale de mon pays, le Cameroun. Cet homme taciturne et timide ne buvait pas d’alcool, ne fumait pas et on ne lui connaissait aucune histoire intempestive avec les femmes. Je l’aimais beaucoup. Il Ă©tait mon oncle prĂ©fĂ©rĂ©, celui que je surnommais Awomo. Dans la famille de mon pĂšre, le nom Awomo revient souvent. Il est issu du mot « dix » en français. Awomo sous-entend « Awomo Boro », qu’on traduit par « dix hommes ». Il semble que depuis toujours, nous qui avons hĂ©ritĂ© du sang de notre arriĂšre-grand-mĂšre paternelle Alougou — une femme Otoloa venue en mariage chez les Mvog Tsoung Mballa —, nous ayons hĂ©ritĂ© de forces hors du commun. Les forces de dix hommes. De plus, Alougou eut pour mĂšre une femme dont le pĂšre fut un explorateur de l’empire colonial allemand. Tous ces mĂ©langes de peuples firent de nous des gens aux forces diverses. Quand j’avais quatre ans, Owona Boniface venait me chercher Ă  l’école maternelle. J’étais alors un enfant malin comme un chinois. D’ailleurs, ma mĂšre disait que ce fut une maladie qui changea mon teint : je devins foncĂ©, un Ă©bĂšne pur, noir charbon, aprĂšs avoir Ă©tĂ© « chinois », les yeux bridĂ©s en moins. Quand Owona Boniface venait me chercher Ă  l’école en 1979, je lui disais toujours deux choses avec ma petite bouche d’enfant : - Je regardais une voiture et voulais savoir si elle pouvait arriver jusqu’à mon village d’Akom BikoĂ©, au fin fond de la forĂȘt tropicale. Nous n’avions alors ni ponts ni routes, et il fallait une voiture Ă  double pont pour aller chez nous. - Quand je remarquais que nous avions marchĂ© Ă  pied de l’école maternelle jusqu’à notre maison en terre battue au carrefour Golf, je lui disais : « Awomo, toi-mĂȘme tu sais qu’on n’a pas pris le taxi, non ? Alors il faudra qu’on se partage l’argent du transport. » Mon oncle souriait, me regardait avec tendresse et me rassurait : l’argent servirait Ă  m’acheter des bonbons. Le samedi 23 juin 2012, mon oncle fut enterrĂ© avec les honneurs militaires dans son village natal, Ă  Akom BikoĂ©, dans la forĂȘt. Le drapeau de la RĂ©publique recouvrait son cercueil et ses collĂšgues gendarmes lui rendirent hommage. Je n’ai pas oubliĂ© le chef du dĂ©tachement qui s’était enfoncĂ© dans la forĂȘt pour tirer des coups de pistolet vers les cimes des arbres. C’était une façon d’accompagner l’ñme du marĂ©chal des logis-chef Owona Boniface vers son paradis des belles Ăąmes. Je n’ai pas oubliĂ© mon oncle. Il Ă©tait de ceux qui me disaient avec assurance : « Rentre au pays, n’aie pas de crainte. » Il Ă©tait alors commandant dans une brigade de gendarmerie Ă  Douala. On se demandait toujours ce qui avait conduit cet homme doux dans le mĂ©tier des armes. Mais en rĂ©alitĂ©, il nous montra que celles et ceux qui choisissent la dĂ©fense de la patrie, jusqu’au sacrifice suprĂȘme s’il le faut, sont de tous types : des gens calmes comme des baroudeurs. Ils suivent la voie de leur destin, essayant d’ĂȘtre des hommes bons, remplissant leur devoir avec honneur et fidĂ©litĂ©. Quatorze ans plus tard, je pense toujours Ă  Owona Boniface, le commandant. Un grand homme parti trop tĂŽt. Repose en paix, mon oncle. Manekang.
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Les dominants et les dominĂ©s 🎈 Êtes-vous un dominant ou un dominĂ© ? Il est Ă©vident que certains trouveront ce texte trop long. Ils n’ont pas hĂ©ritĂ© de cette nĂ©cessitĂ© de plonger dans les mots pour dĂ©crypter les maux et s’émerveiller devant le beau. Il est tout aussi Ă©vident que d’autres s’y plongeront avec appĂ©tit, car tout ce qui est Ă©crit, nourrit depuis l’enfance leurs envies curieuses. Qu’est-ce que cela signifie d’ĂȘtre dominant ? Et qu’est-ce que cela signifie d’ĂȘtre dominĂ© ? Le mot « domination » vient du latin dominus, qui signifie « maĂźtre de maison », « propriĂ©taire », « seigneur ». C’est cette racine qui a donnĂ© naissance au verbe dominari : « dominer ». Le dominant, issu de dominus et dominari, est le chef de la maison, celui qui en est propriĂ©taire et qui, comme en biologie, dicte la ligne directrice. Il ordonne, il commande. Dans la langue Ă©wondo dans laquelle j’ai Ă©tĂ© trempĂ© par des anciens conscients, plusieurs termes expriment l’idĂ©e de domination : - IdzoĂ© : commandement - MmiarĂšn : compression - NfirĂšn : Ă©crasement Le dominant se distingue de l’expression « nteubeu ossou », qui signifie « tĂȘte de file ». Il ne s’agit pas d’une figure de domination, mais d’éclairage. Le nteubeu ossou est un Ă©claireur, une Ă©claireuse. Alors, ĂȘtes-vous dominant ou dominĂ© ? Les choses sont-elles toujours aussi tranchĂ©es, aussi rugueuses ? Certains considĂšrent qu’on peut ĂȘtre dominant dans un domaine et dominĂ© dans un autre, selon le temps, le lieu, le sujet et les interlocuteurs. D’autres estiment qu’il est possible de se situer en dehors de cette conception binaire de la sociĂ©tĂ© — celle qui ignore les quotients, les divisions fines, et ne retient que les tout et les rien, les « 1 » et les « 0 ». Pourquoi cette question de la domination se pose-t-elle ? Parce qu’elle renvoie directement Ă  la reproduction sociale thĂ©orisĂ©e par Pierre Bourdieu. Car derriĂšre la domination se cache la question de la conscience des fils et des filets de ce que nous appelons le mĂ©rite. L'enfant d’un vieux mototaxi analphabĂšte (Bac -5) qui deviendra mototaxi titulaire d’un baccalaurĂ©at (Bac 0) aura-t-il Ă©tĂ© plus mĂ©ritant que celui d’un mĂ©decin (Bac 12) qui deviendra directeur de multinationale (Bac 7) ? On peut arguer que le fils du mototaxi pourra tout aussi bien devenir professeur d’universitĂ©. On dira alors de lui qu’il fut intelligent et que son pĂšre a su se sacrifier pour que la chance sourie Ă  son sang. Ce serait toutefois une probabilitĂ© infime, du fait de son dĂ©part du bas de l’échelle sociale. Tant que la probabilitĂ© n’est pas nulle, tout reste statistiquement possible, Dieu le voulant. Et le miracle naĂźt prĂ©cisĂ©ment de la probabilitĂ© nulle. Dans notre champ de pensĂ©e camerounais, nous rĂ©duisons souvent le capital au seul aspect Ă©conomique. C’est une opinion qui peut croĂźtre indĂ©finiment dans son erreur. Bourdieu, fils de paysan devenu l’un des grands penseurs du monde, montre que les capitaux sont multiples : Ă©conomique, culturel et social. Le capital Ă©conomique, c’est l’argent : L’enfant ira-t-il Ă  l’école publique ou privĂ©e ? Ira-t-il mĂȘme Ă  l’école ? Nombreux sont ceux qui, le jour de la rentrĂ©e, se retrouvent dans une cabane, le ventre et la tĂȘte creux, ou dans la rue, Ă  la recherche de clients, de jour comme de nuit. Mange-t-il avant d’aller Ă  l’école ? Se rend-il Ă  l’école Ă  pied, Ă  moto, en car scolaire ou dans une voiture avec chauffeur ? Existe-t-il de l’argent de poche ? Est-il suffisant ? L’école dispose-t-elle d’enseignants de qualitĂ© ? Un rĂ©pĂ©titeur rĂ©explique-t-il les cours Ă  la maison ? Le pĂšre parle-t-il la langue de l’école et peut-il accompagner son enfant dans son parcours quotidien ? Ceux qui disent que l’argent achĂšte tout n’ont pas toujours tort. L’argent achĂšte les moyens de la rĂ©ussite scolaire. On n’est pas premier du concours national quand on a faim pendant les cours de mathĂ©matiques ou de philosophie. Tous les ĂȘtres humains, dans leurs diversitĂ©s culturelles et morphologiques, disposent des mĂȘmes prĂ©dispositions neuronales. Le pays des gĂ©nies n’a pas de frontiĂšres. Je le pense et je le crois. Depuis que l’Homme est sorti de la grotte, tous ont marchĂ© vers la lumiĂšre, attirĂ©s par elle. Le capital culturel, c’est celui de la connaissance : Y a-t-il des livres, des journaux, des revues, des encyclopĂ©dies Ă  la maison ? L’enfant a-t-il accĂšs Ă  des bibliothĂšques ? Peut-il accĂ©der Ă  internet pour rechercher des informations, Ă©couter des podcasts, regarder des vidĂ©os ludiques ou Ă©ducatives ? Dispose-t-il d’un ordinateur ou d’un smartphone pour utiliser les intelligences artificielles ? L’école est-elle valorisĂ©e comme lieu d’acquisition et de maĂźtrise des savoirs ? La maison est-elle un espace d’éveil Ă  la comprĂ©hension des enjeux du quartier, du pays, du village et de la planĂšte ? Les discussions portent-elles sur les racines, la tradition, la modernitĂ©, l’identitĂ©, la tolĂ©rance ou l’indiffĂ©rence ? C’est grĂące au capital culturel que l’on apprend Ă  bien s’exprimer pour mieux se faire comprendre. Moins on dispose de mots pour dire ce que l’on pense et ce en quoi l’on croit, plus on risque de dĂ©verser ses frustrations par des moyens disproportionnĂ©s, improductifs et parfois contre-productifs. Et puis il y a le capital social: Dans un pays comme le Cameroun, les espaces de segmentation sociale ne sont pas hermĂ©tiques, mais ils existent et se reproduisent dĂ©cennie aprĂšs dĂ©cennie : village d’origine des parents, langue maternelle, identitĂ© culturelle et tribale, quartier d’enfance, lieu des vacances, mĂ©tier des parents, appartenance politique du clan ou de la famille. Est-on fils de ministre, de gouverneur, de prĂ©fet ou de directeur dans l’administration publique ? A-t-on pu faire ses Ă©tudes supĂ©rieures aux États-Unis, au Canada, en Europe ou en Chine ? En est-on revenu avec des diplĂŽmes facilitant l’insertion sociale ? A-t-on Ă©tĂ© happĂ© malgrĂ© soi par les filets de l’immigration ? A-t-on intĂ©grĂ© l’École nationale d’administration et de magistrature, cette pĂ©piniĂšre inĂ©galĂ©e de l’élite administrative du pays ? Le capital social est le plus visible au Cameroun, car son rĂ©seau place directement les acteurs dominants dans les structures publiques. Ses effets sont flagrants, car, comme l’argent et l’école, lorsqu’il agit, il ne fait pas de bruit. Il est discret, efficace et puissant. Il m’arrive de dire, tout fier, que ma mĂšre, infirmiĂšre, a Ă©pargnĂ© pendant de longues annĂ©es pour me prĂ©parer un avenir plus Ă©clatant, surtout quand elle ne serait plus lĂ . Je le dis avec bonheur : ce fut une grande femme, fille d’une mĂšre sans emploi et d’un pĂšre ouvrier. De quelles chances a-t-elle bĂ©nĂ©ficiĂ© pour s’en sortir et occuper un emploi bien rĂ©munĂ©rĂ© en 1968 ? C’est grĂące Ă  cette Ă©pargne que son mari, mon pĂšre, fonctionnaire Ă  l’universitĂ©, m’a inscrit en facultĂ© des sciences et technologies en France. Puis cette femme aimante m’a accompagnĂ© en Europe pour le dĂ©but de mes Ă©tudes supĂ©rieures. Aujourd’hui, je me vois mĂ©ritant, Ă©crivant peut-ĂȘtre avec talent. Est-ce entiĂšrement vrai ? J’en parle en n’ignorant pas que tout cela participe aussi de la reproduction sociale dĂ©crite par le sociologue français. Je suis, Ă  mon niveau et dans le champ de mes capacitĂ©s, le rĂ©sultat d’une reproduction sociale. Si le Bidoua est important pour moi, par exemple, c’est parce que dĂšs l’ñge de cinq ans, le vieux Kulu Bivougou, mon oncle, m’en a fait l’école avec conscience, patience et sagesse. Combien sont-ils, ceux qui Ă©crivent avec talent sans avoir bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un accompagnement parental conscient et constant ? Il faut ĂȘtre lucide sur ses mĂ©rites et sur ses hĂ©ritages. Alors seulement, on veillera Ă  plus d’égalitĂ© au bĂ©nĂ©fice de l’harmonie sociale, mĂȘme quand on est dominant dans un champ d’action et de rĂ©flexion donnĂ©. L’intelligence et le mĂ©rite n’en sont que plus aiguisĂ©s lorsqu’on sait, en toute conscience et honnĂȘtetĂ©, distinguer ce que l’on a reçu en hĂ©ritage et ce que l’on a bĂąti soi-mĂȘme. Il faut le dire et le montrer dans les trois dimensions dĂ©crites par le fils du paysan bĂ©arnais devenu sociologue et philosophe : l’argent, la connaissance, le rĂ©seau. Manekang.
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L’écriture 🎈 Quand on Ă©crit, on s’interroge sur les a priori de chaque lecteur, ravi. En vĂ©ritĂ©, Ă©crire, c’est donner Ă  voir tout ce qui habite notre pluralitĂ© mentale : le venteux, le pluvieux, le prĂ©cieux, le consciencieux, ou mĂȘme l’ennuyeux. L’écriture est ainsi la fille aĂźnĂ©e de la rĂ©flexion. 😊
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L’imagination 😊 Toute imagination est l’ingĂ©nieuse inspiration du bonheur de l’instant. Ce samedi matin, j’ai imaginĂ© cette phrase et je l’ai Ă©crite. Il est capital que chaque instant de souffle fĂ»t cueilli avec bonheur, dans la dĂ©lectation. Imagination et savoir sont amis...
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Les chroniques du Golf 🎈 Koli Ngoli Ngolo Zing Ngolo Koli Ngoli Ngolo Zing Ngolo Le vieux Omgba Martin, nĂ© en 1907, est le fils de Manga Ntsama et d’Essono. Ce catĂ©chiste joue du tambour ce dimanche aprĂšs-midi. DĂ©jĂ  trĂšs ĂągĂ©, il veut transmettre l’amour de ce qu’il est aux siens. Alors, il a rĂ©uni plusieurs petits-enfants et arriĂšre-petits-enfants autour de lui. Omgba Martin joue du tam-tam. La musique rĂ©sonne dans le village du Golf, du carrefour jusqu’aux rives du fleuve Mfoundi, plus loin, tout en bas. De la riviĂšre MinsolĂ© en contrebas jusqu’aux sommets verdoyants du mont FĂ©bĂ©. Omgba Martin tape le tam-tam appelĂ© Nkul dans sa langue Ă©wondo. Il chante fort, les yeux exorbitĂ©s de bonheur : Koli Ngoli Ngolo Zing Ngolo Koli Ngoli Ngolo Zing Ngolo Il tape avec la vigueur de son vieil Ăąge d’agriculteur, planteur de cacao. Il frappe et chante avec ses enfants qui reprennent le mĂȘme refrain en chƓur. Ce dimanche aprĂšs-midi, c’est la fĂȘte au Carrefour Golf. Devant la maison au toit Ă  quatre pentes, la musique suspend le temps dans l’exaltation de la culture. Au bas de l’escalier de la chaleureuse maison, JosĂ©phine, dite Mama Yossa, sa tendre Ă©pouse, le contemple. Elle admire le spectacle, ravie. Les enfants chantent et dansent dans la cour ; certains jouent du tambour. Ils sont joyeux. Omgba Martin est le fils d’un homme du clan Tsinga et d’une femme du clan BĂ«nĂ«. Il Ă©voque parfois sa mĂšre en s’exclamant : « Manga Ntsama ! » C’est une vaillante femme du clan BĂ«nĂ«, disparue et pourtant toujours prĂ©sente dans la mĂ©moire ardente de son cƓur. Lui et sa femme JosĂ©phine vivent leur amour depuis plusieurs dizaines d’annĂ©es. Il ne compte plus le temps passĂ© avec cette dame du clan Mvog Ekoussou, niĂšce du clan MvĂ«lĂ«. Lui et sa femme ont donnĂ© naissance Ă  une fille unique qui a eu la bonne idĂ©e d’aller en mariage chez les Étons. Quand le sang Tsinga se mĂ©lange Ă  celui des Étons, ça dĂ©tonne. Il en rĂ©sulte la beautĂ©, le dynamisme, l’assurance. Ma mĂšre est un de ces esprits Ă©tonnants, issus de l’union entre le Mfoundi et la LekiĂ©. Les chroniques du Golf sont un rendez-vous oĂč la mĂ©moire est conviĂ©e, ainsi que les chemins qui la relient Ă  l’époque actuelle. L’écrivain est en effet un chauffeur qui mĂšne le vĂ©hicule des pensĂ©es et des rĂ©alitĂ©s sur les routes du temps. Il est toujours en Ă©veil, sinon c’est le dĂ©cor, dommageable pour le fil de la pensĂ©e. Il est Ă©galement engagĂ©, comme l’affirmait la vĂ©nitienne savante dans sa barque romaine de la rĂ©gion de VĂ©nĂ©tie. De plus, l’écrivain sait ĂȘtre aiguisĂ© lorsque les herbes veulent dĂ©jĂ  envahir la route. Le terrain sur lequel Omgba Martin a bĂąti sa chaumiĂšre est sacrĂ©. C’est un lieu de mĂ©moire sur lequel reposent son corps, celui de sa femme, ainsi que celui de leur petit-fils. Cet espace sacrĂ© aurait Ă©tĂ© vendu Ă  un promoteur. Que promeut-il ? Et Ă  qui a-t-il remis les piĂšces sĂšches de ses promotions ? L’histoire est encore floue, secrĂšte. L’argent a coulĂ©. Dans le quartier du Golf, il se dit que la surface de terre coĂ»te excessivement cher. Tout ce qui est cher attire toutes sortes d’individus, rĂ©unis dans les nƓuds gordiens de l’iniquitĂ©. Il en fut ainsi du quartier du Golf. Il en est encore ainsi. Je me demandais ce qu’il adviendrait des tombes du vieillard Tsinga. Il suffit que les os soient retirĂ©s et plantĂ©s ailleurs, disent-ils. D’ailleurs, il ne pousse rien qui soit issu des os. Cependant, il y aura un os. Un gros. Koli Ngoli Ngolo Zing Ngolo Koli Ngoli Ngolo Zing Ngolo Yi ou neu nwouwoup Beu tara Yi ou neu nwouwoup Beu nya mvama Beu sĂŽ beu djeum abĂŽg WĂŽ bĂŽ mkpali Ngueu ou zeugue sĂŽ Neu wĂą zou djeum abĂŽg Oussouari biboui Ou veu mod nfeu adjeum Omgba Martin joue du tam-tam dans sa cour. Il est debout sur sa tombe, les yeux exorbitĂ©s. Omgba Martin chante, entourĂ© de ses petits-enfants virevoltants, brillants, chantant. Ils sont dans la cĂ©lĂ©bration sans Ă©motion, en communion dans la transmission de la beautĂ© de leur ĂȘtre. Koli Ngoli Ngolo Zing Ngolo Koli Ngoli Ngolo Zing Ngolo. Manekang.
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Question de trajectoire 🎈 À quoi servent les mathĂ©matiques ? Si on considĂšre cette science fondamentale d’un point de vue strictement banal, on rate son substratum. La banalitĂ© consiste Ă  penser que les mathĂ©matiques ne sont qu’une divagation de l’esprit dans l’inutilitĂ©. En somme, une affaire d’hommes et de femmes qui pĂ©rĂ©grinent seuls sur une planĂšte remplie de symboles dĂ©cryptables par eux seuls. Il n’en est rien. Dans les mathĂ©matiques rĂ©side une volontĂ© de structuration rigoureuse du Tout : autant ce qui est ordonnĂ© que ce qui ne l’est pas, autant ce qui est visible que ce qui ne l’est pas. Qu’est-ce qui est visible ? Par exemple, la trajectoire d’un ballon de football tirĂ© par Vincent Aboubakar au-dessus du gardien serbe Vanja en Coupe du monde. On se souvient tous de cette action de gĂ©nie qui engendra un but extraordinaire. Qu’est-ce qui ne l’est pas ? Par exemple, l’échantillonnage et la discrĂ©tisation d’une chanson de Mvett grĂące aux outils conceptuels inventĂ©s par le mathĂ©maticien français Joseph Fourier. C’est grĂące Ă  ces transformations scientifiques que la musique du Mvett peut ĂȘtre Ă©coutĂ©e dans la boĂźte multimĂ©dia convergente qu’est le tĂ©lĂ©phone. À quoi servent les mathĂ©matiques ? Certains pensent que Dieu, l’unique MaĂźtre de la CrĂ©ation, en est le PĂšre. On dira qu’Il est le PĂšre de Tout. D’ailleurs, Il est le Tout. Celui qu’Einstein appelait « le grand Horloger de la montre universelle ». Dieu est le crĂ©ateur des mathĂ©matiques et Il les a offertes aux Hommes pour qu’ils puissent comprendre la logique de Sa crĂ©ation. En tant que CrĂ©ateur, Il en est Ă©videmment le MaĂźtre mathĂ©maticien absolu. Les mathĂ©matiques servent ainsi Ă  comprendre le monde. Elles servent Ă  saisir la structure des choses, toutes choses, Ă  l’aide d’outils universellement acceptĂ©s, dans un esprit de dĂ©monstration froide et rigoureuse. Quand les outils n’existent pas encore, le temps est requis pour les inventer, sans prĂ©cipitation inutile. Une science qui Ă©mane de Dieu a tout le temps nĂ©cessaire pour Ă©tablir les vĂ©ritĂ©s absolues qui perdurent. Quelles furent les premiĂšres formules mathĂ©matiques imaginĂ©es par les Hommes ? Je ne sais pas. Mais en ce qui concerne un sujet qui me passionne particuliĂšrement, celui du Bidoua, le temps recule trĂšs loin dans les traces de sa conceptualisation. Des indices attestent d’une volontĂ© de « mastication du temps » dĂšs le IIᔉ siĂšcle de notre Ăšre, en Afrique de l’Est, dans l’empire d’Axoum, situĂ© dans l’actuelle ÉrythrĂ©e. LĂ -bas, des fouilles ont rĂ©vĂ©lĂ© des plateaux oĂč circulaient des graines. Ces graines Ă©taient dĂ©jĂ  rĂ©gies par une Ă©quation mathĂ©matique sous-jacente liĂ©e Ă  la mastication du temps. Selon l’espace considĂ©rĂ©, cette Ă©quation traite d’évolutions linĂ©aires ou paraboliques. Ces Ă©volutions en ligne droite ou en parabole sont appelĂ©es des trajectoires. Le Bidoua est un objet conceptuel permettant d’en prĂ©dire l’issue. Sur un plateau de Songo, le Bidoua indique oĂč aboutira un volume de graines parti d’un point de dĂ©part vers un point d’arrivĂ©e. Dans la simulation ludique du jeu, cela correspond Ă  une logique d’anticipation : regarder loin pour voir tĂŽt. Mais qu’en est-il lorsque le pion dĂ©passe la rĂ©alitĂ© de la graine physique ? Le pion devient alors projectile dotĂ© d’une trajectoire balistique. C’est ce qui se produit quand la fonction du Bidoua est formalisĂ©e dans d’autres ensembles mathĂ©matiques que celui des nombres naturels. La trajectoire balistique du Bidoua rĂ©vĂšle alors qu’un projectile issu d’un point initial peut atteindre un point final en passant par une hauteur maximale. Dans une trajectoire balistique, aussi appelĂ©e trajectoire en cloche, les mathĂ©matiques donnent sens au visible. Elles permettent de le comprendre et d’en faire l’usage qui sied aux besoins de l’esprit. À quoi servent les mathĂ©matiques ? Il faut de la poĂ©sie pour en saisir le substratum. Manekang.
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C’est quoi l’intelligence? Est-ce un innĂ©? Un acquis? Une prĂ©tention? Une ambition? Une conscience? Un concours de patience? À mon avis, l’intelligence c’est simplement la thĂ©orie Ă©rudite de la raison sage. 😊🎈
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Toi, je t’aime Tu sais je t’aime Je le dis sans flemme L’ñme belle et sereine Dans l’humanitĂ© belle L’intelligence est reine Pour la fratrie humaine L’imagination sans peine Dessine cette fontaine Coulant dans tes veines Tu sais, je t’aime Dans cette vaste plaine Vis sereine.
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Serge Mbarga Owona 🇹đŸ‡Č retweeted
Replying to @Manekang
La CNPS avait les meilleures Ă©coles du systĂšme Éducatif Les meilleurs enseignants, parceque mieux payĂ©s que leur collĂšgues de la fonction publique. Je ne comprends toujours pas pourquoi elles ont fermĂ©.
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Les chroniques du Golf 🎈 Il y a quelques mois, j’ai vu une vidĂ©o montrant un bulldozer s’attaquant au beau et paisible terrain gazonnĂ© du Golf Club de YaoundĂ©. J’ai alors promis d’écrire sur ce quartier de la capitale politique du Cameroun. « Les chroniques du Golf » est un titre qui me semble appropriĂ© pour convoquer ma mĂ©moire au banquet du souvenir. Il y a beaucoup Ă  dire sur le quartier du Golf. Mes souvenirs les plus anciens remontent Ă  une Ă©poque oĂč je n’allais pas encore Ă  l’école. C’était en 1977. J’ai en effet intĂ©grĂ© ce qu’on appelait alors l’école maternelle spĂ©ciale en 1979, Ă  l’ñge de 4 ans. Elle existe toujours, mon Ă©cole maternelle du quartier Tsinga. À l’époque, elle s’appelait « L’école maternelle de la Caisse Nationale de PrĂ©voyance Sociale », en abrĂ©gĂ© CNPS. La CNPS est l’organisme public chargĂ© de la sĂ©curitĂ© sociale au Cameroun. Pourquoi disposait-elle d’une Ă©cole maternelle ? Je ne l’ai jamais su. Je remercie mes parents de m’y avoir inscrit. Les fondamentaux y Ă©taient solides : en grande section, nous Ă©crivions dĂ©jĂ  notre nom complet. Je me souviens encore de la sensation Ă©prouvĂ©e Ă  cinq ans en voyant « Mbarga Owona Serge Bienvenu » tracĂ© de ma main sur une feuille blanche, avec des lettres que je dĂ©couvrais. Nous qui Ă©crivons avec plaisir nous livrons Ă  cet exercice souvent pour partager : nos impressions, nos souvenirs, nos imaginations, nos connaissances, nos opinions, nos rĂ©flexions et mĂȘme nos Ă©motions. L’écriture est un don offert Ă  tous ceux qui souhaitent imprimer la marque du temps dans le temps qui passe. Bien Ă©videmment, il faut, autant que possible, que la lecture soit un bonheur enrichissant pour celles et ceux qui prennent le temps de lire. C’est pourquoi l’effort est fourni pour que les yeux cueillent le bonheur des mots alignĂ©s dans les esprits. Il y a quelques mois, j’ai Ă©tĂ© offusquĂ©, et mĂȘme scandalisĂ©, par la vue du bulldozer dĂ©chiquetant la terre verte du Golf Club de YaoundĂ©. Je ne sais pas ce que l’affaire est devenue. Mais les possĂ©dants, ceux qui ont l’argent, ont depuis longtemps engagĂ© une brutalitĂ© outrageuse et outranciĂšre contre la nature normale des choses : contre le bon droit, contre la juste justice, contre le bon sens, contre les anciens, contre les ancĂȘtres et contre les hĂ©ritiers d’une certaine façon d’ĂȘtre, respectueuse de la terre et de ceux qui y furent les premiers invitĂ©s. Chaque habitant d’un lopin de terre n’y est en effet qu’un invitĂ©, le temps de son souffle de vie. On a beau construire tout ce qu’on veut Ă  coups de pierre, de bĂ©ton ou de marbre, tout au mieux on finira sous le marbre. Cet Ă©tat des choses se rĂ©sume dans la phrase cĂ©lĂšbre : « VanitĂ© des vanitĂ©s, tout est vanitĂ©. » Ce que j’ai vu il y a quelques mois concernant le terrain gazonnĂ© du golf risque de se reproduire avec la maison d’un grand homme que j’ai connu. Ce fut le plus ancien homme qu’il m’ait Ă©tĂ© donnĂ© de connaĂźtre : Omgba Martin, mon arriĂšre-grand-pĂšre. J’ai sur le torse la trace d’une potion qu’il m’avait appliquĂ©e avec soin le jour oĂč, en l’aidant Ă  fendre du bois, je m’étais Ă©corchĂ© la poitrine. Il en reste une cicatrice et le souvenir de cet homme polyglotte, qui parlait d’abord l’allemand, puis le français. Il parlait bien Ă©videmment un ewondo exemplaire, ce catĂ©chiste chrĂ©tien fervent. Chaque dimanche, aprĂšs la messe, il sortait ses tambours, tam-tams et balafons. Il nous transmettait l’amour de ce que nous sommes. Si aujourd’hui mes racines me comblent d’épanouissement, c’est grĂące Ă  des hommes de la trempe de celui-lĂ . En arrivant du Palais des CongrĂšs de YaoundĂ© et en allant vers le quartier Mbankolo, exactement au Carrefour Golf, se trouve la maison de mon arriĂšre-grand-pĂšre maternel : Omgba Martin. J’ai appris que quelqu’un aurait vendu son patrimoine Ă  un promoteur. Que feront-ils de toutes les tombes des miens ? Cette affaire, je la suis dĂ©sormais en pensĂ©e, en actes et par l’écriture. Nous qui Ă©crivons sommes Ă©veillĂ©s. Manekang.
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Honneur Ă  l’esprit 🎈 L’ensemble qui constitue l’intersection entre les mathĂ©matiques et la poĂ©sie s’appelle la polymathie. Nul n’entre en polymathie s’il n’est crĂ©atif dans le barycentre de la crĂ©ativitĂ©. 😊
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Grandiose! đŸŽˆâ€ïž Ce fut ainsi hier Ă  la Case des Arts Ă  YaoundĂ©. Donny Elwood, le chansonnier du tube Ă  succĂšs "Negro et beau" a tout donnĂ©. Ce fut un grand bien qui fit plaisir Ă  toutes les Ăąmes mĂ©lomanes. On s’est donnĂ© rendez-vous en 2027 pour cĂ©lĂ©brer toujours Cyril Effala.
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Cyril Effala ❀ « Et le neuviĂšme commandement, qu’en as-tu fait mon grand ? Dis-moi si la femme et le brĂ©viaire font dĂ©jĂ  bon mĂ©nage. Auquel cas, songe au mariage. » Le 6 juin de cette annĂ©e de grĂące 2026, un public nombreux composĂ© de femmes, de vieux et de jeunes s’est dĂ©lectĂ© en mĂ©moire de « Monsieur l’abbĂ© ». Monsieur l’abbĂ© est en effet le surnom dont nous avons baptisĂ© cet artiste de gĂ©nie: Cyril Effala. Tous les ans depuis longtemps, nous accordons un jour de notre temps de vie Ă  cet esthĂšte retournĂ© trop vite au pays des immortels. Samedi, ce fut sublime: d’abord avec les confĂ©renciers venus de multiples horizons, qui ont effilĂ© la musique de Cyril Effala. Ensuite, le feu sacrĂ© du savoir maĂźtrisĂ© dans les mots fĂ©conds et les sons profonds a Ă©levĂ© la montgolfiĂšre de nos plaisirs jusqu’à l’infini. La vie est un plaisir lorsque le gĂ©nie humain rĂ©unit les gens de tous horizons pour cĂ©lĂ©brer l’exquis. Cyril a engendrĂ© l’exquis dans tous les esprits qui furent sensibles Ă  ses Ă©crits Ă©rudits. « Assez de ce tintouin, assez de tout ce foin, moi j’ai faim. C’est de pain que j’ai besoin, c’est de soins que j’ai faim. Hommes de peu de foi, ne piĂ©tinez pas mes droits. » Ce sont lĂ  aussi quelques mots forts de ce gaucher fulgurant du verbe. Un habile archer pour dĂ©cocher des flĂšches de la morale contre celles et ceux qui ne croient pas en Dieu. Le tout-puissant dĂ©tenteur Ă©clairĂ© du glaive ardent de la justice. Un orchestre initiĂ© par l’un des membres de la Sainte TrinitĂ© initiale a accompagnĂ© de nombreux musiciens sur scĂšne : Elodie NzhiĂ©, Bibiane Sadey, Donny Elwood, Tobie OnambelĂ©. Le dernier des Mohicans du trio qui avait rĂ©veillĂ© l’esprit incisif de Mongo Beti Ă  Lille s’appelle Wilfried Etoundi, chef d’orchestre samedi soir. Tout ceci se dĂ©roulait Ă  la Case des Arts Ă  YaoundĂ©. « Toutes ces portes qu’à nos nez on claque, bon Dieu sont autant de claques. Puisqu’il y en a pour qui on les ouvre. Tous ces malfaiteurs qu’on couvre. Le pain, le vin, dont ils n’ont mĂȘme pas besoin ; le pain, le vin ; tant d’autres en ont besoin
 » Les portes de la Case des Arts Ă©taient, elles, grandes ouvertes samedi soir. La confĂ©rence Ă©tait gratuite, le concert Ă©tait gratuit. Et le repas servi Ă  tous Ă©tait gratuit. Pourquoi ? Parce que c’est le cercle des amis de Cyril Effala qui a tout payĂ©. C’est ainsi que, selon nos visions d’une certaine esthĂ©tique de la cĂ©lĂ©bration et des ovations, nous avons commĂ©morĂ© celui qui fut un pionnier de gĂ©nie. Je fus dans le panel de la confĂ©rence pour parler du Songo: les graines Ă  Ă©panouir les psychologies. J’ai parlĂ© de stratĂ©gie en lien avec la musique. Les mots perçants de Cyril Effala et son adresse mĂ©lodieuse furent ses opĂ©rations habiles. C’est grĂące Ă  cette stratĂ©gie conçue dans les annĂ©es 2000 que, vingt-cinq ans plus tard, des gens sont rĂ©unis, chantant : - Tu as brĂ»lĂ© ta vie, comme un cierge dans la nuit, tu as fondu petit Ă  petit. Les alcools, c’était ta vie, et de l’aube Ă  la nuit, tu courais les femmes, tu avais grand appĂ©tit. Quand le « Negro et beau » Donny Elwood monta sur scĂšne, il y eut des milliers d’étincelles. Les yeux des spectateurs furent brillants devant la magie orchestrĂ©e par l’artiste Ă©mĂ©rite. Entre deux chansons, il parla de son ami Cyril : l’influence bĂ©nĂ©fique qu’il eut sur lui, la dĂ©couverte de l’adolescent de talent par un gardien de la mĂ©moire, l’artiste Urbain Assoma. Samedi soir Ă  YaoundĂ©, la fĂȘte fut simplement sublime en hommage Ă  Cyril Effala. Son gĂ©nie fut cĂ©lĂ©brĂ© par tous les invitĂ©s au repas de sa sagacitĂ© artistique. Le Vaste Songe, le cercle qui entretient la flamme de cette esthĂ©tique hĂ©tĂ©roclite, aime nourrir et promouvoir les cultures anciennes. Depuis la France oĂč il vit, Ada Bessomo, promoteur engonguieng de cette passion, Ă©tait en intrication quantique. Chacun de nos souffles de bonheur lui Ă©tait partagĂ© instantanĂ©ment, au-delĂ  de la vitesse de la lumiĂšre. C’est cela, l’esthĂ©tique du Vaste Songe. L’annĂ©e prochaine, nous allons une fois de plus cĂ©lĂ©brer Cyril Effala, l’abbĂ© des leçons de choses. Manekang.
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Le Vaste Songe ❀ Il y a longtemps, trĂšs longtemps, de jeunes femmes et hommes d’horizons divers avaient eu l’idĂ©e d’un Vaste Songe pour : nourrir et promouvoir les cultures anciennes. Une culture ancienne est celle qui a Ă©tĂ© amie avec le temps suffisamment longtemps pour gagner toutes ses lettres de noblesse au firmament de la perpĂ©tuation Ă©ternelle. Beaucoup de gens en Ă©veil aiment les cultures anciennes. Elles tissent les liens entre plusieurs mondes : ceux d’avant et de maintenant, ainsi que ceux d’ici et de lĂ -bas. Quand on a les pieds profonds dans les cultures anciennes, qui qu’on soit, d’oĂč qu’on vienne, on est trĂšs souvent chez soi partout. De plus, on a l’esprit en germination tel les graines d’une plante Ă©panouie et Ă©panouissante. « Nourrir et promouvoir les cultures anciennes », ainsi avions-nous dĂ©fini « Le Vaste Songe ». C’était il y a longtemps, nous n’avions pas trente ans. Les nombreux pieds qui dansaient l’Ozila Ă©taient dĂ©jĂ  trempĂ©s dans l’humus fĂ©cond, sans hubris, dans l’amour des cultures anciennes. Le Vaste Songe organisait les rencontres « Ozila » dans la belle ville de Lille en France, puis un jour, il connut la comĂšte Cyril Effala. C’était un grand gĂ©nie selon nous qui avions pris le plaisir d’écouter la puissance poĂ©tique de sa musique de gĂ©nie. « Rakataka toum toum, Rakataka toum toum ; Akoma Mba et ses Ă©popĂ©es Ă  la diable, autour du grand feu de bois. » Ce petit oiseau Cyril Effala s’était posĂ© sur les branches de nos cƓurs, du miel plein la patte, plein le bec. Puis comme tous les aigles des grandes hauteurs, il est montĂ© sur sa comĂšte magique et il est parti, retournĂ© Ă  Engong, au beau pays des Ăąmes immortelles. Ce fut un Homme de fer, qui tenait sa guitare avec le doigtĂ© gaucher d’une Ăąme virtuose. C’était en 2005. Depuis lors, tous les ans, Ada l’érudit des astres bienfaiteurs, artiste savant, nous avait conviĂ©s au partage. Partager ce que nous avions aimĂ© avec Cyril Effala, vivant avec lui, l’écoutant, savourant la parole de son cri du cƓur. CĂ©lĂ©brer ce que nous avions ressenti, baignant dans la fulgurance exquise de ses mots choisis avec la prĂ©cision du mĂ©tronome. Aujourd’hui, samedi 6 juin de l’an de grĂące 2026, plus de vingt ans aprĂšs la mort du gĂ©nie, il ressuscitera dans les chansons, les siennes et celles de ses amis rĂ©unis pour le festin sur la table vaste de la culture. C’est un songe que nous vivons, les yeux en Ă©veil, ayant dans nos Ăąmes l’amitiĂ© pour ce bel esprit avec lequel nous avons beaucoup appris. À la Case des Arts, humble lieu de la belle culture Ă  YaoundĂ© la belle, nous allons mettre l’esthĂ©tique du Vaste Songe au service de la convivialitĂ©. Il y aura l’état de l’art de la musique qui pense au menu des rĂ©jouissances. Il y aura aussi la parole, celle des auteurs, des professeurs et de connaisseurs de multiples horizons. Il y a diversitĂ© Ă  foison dans le vaste Songe. Alors, Ă  tout Ă  l’heure dans la Case des Arts Ă  YaoundĂ©. Le roulement du tambour dĂ©butera avant la nuit, Ă  15 heures trĂšs prĂ©cisĂ©ment. Manekang.
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Les rĂ©pĂ©titions vont bon train 😎 Demain samedi Ă  Ongola, il y aura du spectacle Ă  la Case des Arts. Parmi les tĂȘtes d'affiche, le Negro et Beau Donny Elwood. Ce sera Ă©videmment gratuit. Ainsi va l'esthĂ©tique du Vaste Songe. Il y aura aussi confĂ©rence sur le Bidoua, dĂšs 15h!
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Le Continent. â€ïžđŸ‡šđŸ‡Č🎈 AprĂšs avoir longtemps appelĂ© leur pays « l’Afrique en miniature », les Camerounais aiment dĂ©sormais Ă  le surnommer « le Continent ». Certains trouvent cette attitude prĂ©tentieuse. D’autres, folle furieuse. D’aucuns pensent que les Camerounais sont des cons incontinents dans l’éructation de la bĂȘtise. À quoi rĂ©pond-elle, cette volontĂ© de s’aimer grand ? En rĂ©alitĂ©, il y a un certain nombre d’habitants du Cameroun et d’ailleurs qui pensent beaucoup : *cogito*. Un pays oĂč l’on parle français, anglais et plus de deux cents langues locales ; celui oĂč cohabitent chrĂ©tiens, musulmans, ancestriens, naturiens, mvettĂ©ens, shintoĂŻstes, hindouistes, rosicruciens et tĂ©moins de JĂ©hovah. Une Nation de montagnards, de cĂŽtiers, de forestiers, de sahĂ©liens ; un ocĂ©an humain produisant de l’or, du pĂ©trole, du gaz, de la bauxite, du fer ; un pays de terres rares dont les essences de bois attirent le monde entier ; un triangle au sommet des meilleurs potentiels hydroĂ©lectriques d’Afrique ; et un sol arable dans lequel germent mathĂ©maticiens, physiciens, artistes et Ă©crivains de renom
 est tout simplement un Continent. Rentrant du dur labeur hier soir, je pestai contre une crevasse dans laquelle ma voiture s’enfonça, sur une route sans Ă©clairage Ă  Douala. Comment est-ce possible, me dis-je ? Ce n’est pas possible. Dans ce type d’incomprĂ©hensions, il faut se dire qu’il y a toujours une cause et une raison. La cause n’est pas la raison. Nuance. Par exemple, la cause peut ĂȘtre qu’il n’y a pas de budget, et la raison peut en ĂȘtre que le budget a Ă©tĂ© affectĂ© ailleurs, soit consommĂ©, soit
 disparu. Magie. Je pestai, puis me souvins (se souvenir) de mon frĂšre, de l’autre cĂŽtĂ© de la MĂ©diterranĂ©e, pestant contre des manquements contre lesquels je pouvais avoir des leviers d’action professionnels. Tiens : il m’a Ă©tĂ© dit par la savante VĂ©nitienne que le « je » est obsessionnel. En vĂ©ritĂ©, on Ă©crit avec le sang, comme le pense Nietzsche : « Écris avec du sang et tu apprendras que le sang est esprit. » Vaudrait mieux le sien, et en produire de meilleure qualitĂ©, si possible. C’est lui qui transporte l’oxygĂšne dans l’esprit. Ceci mĂ©ritait d’ĂȘtre dit. Ce texte est Ă©crit au dĂ©but de ce beau petit matin pluvieux, car hier, je me suis souvenu des causes et raisons de mon retour dans ce pays. J’ai dĂ©terrĂ© mon contrat initial, puis l’ai regardĂ© en pensant au chemin parcouru. VoilĂ  18 ans que j’ai reçu ce mail dans ma boĂźte Ă©lectronique. WhatsApp n’existait pas encore, du moins dans sa version populaire. Il s’inventait peut-ĂȘtre dĂ©jĂ  dans l’imagination crĂ©atrice et passionnĂ©e d’un groupe d’ingĂ©nieurs volontaires. Le hasard bĂ©nĂ©ficiant aux Ăąmes en Ă©veil qui fabriquent ainsi les conditions du hasard heureux. J’ai Ă©coutĂ© un grand dirigeant du financement industriel en France. Il parlait des enjeux de prospĂ©ritĂ© lĂ -bas : enjeux de financement de l’économie, de compĂ©titivitĂ© avec la Chine, de vieillissement de la population. Il argumentait sur la nĂ©cessitĂ© de la transformation des mentalitĂ©s et utilisait mĂȘme des mots forts : « colonisation Ă©conomique chinoise ». Peut-ĂȘtre pour rĂ©veiller les consciences. Écoutant ce grand capitaine dans le bateau de Diderot, Malraux, Rimbaud et Victor Hugo, je pensai au nĂŽtre de vaisseau posĂ© sur le continent africain. Le Cameroun est un pays adossĂ© Ă  l’équateur. C’est « le cƓur de l’Afrique ». Ainsi l’a nommĂ© le pĂšlerin augustinien du Saint-SiĂšge, le pape LĂ©on XIV, pendant sa mĂ©morable visite pluridimensionnelle ici. Le Camer’cƓur doit pulser l’oxygĂšne de la volontĂ© de prospĂ©ritĂ© sans inĂ©galitĂ©s. Enfin, je tombai « sans glisser » sur un contenu vidĂ©o dans lequel un monsieur rĂ©alisait le Top 5 des pays d’Afrique francophone en termes d’étendue du rĂ©seau de routes bitumĂ©es. Il cita le Mali, puis le SĂ©nĂ©gal, la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo et la CĂŽte d’Ivoire. Je voulus zapper, me rappelant ce que j’avais vĂ©cu le soir. J’écoutai : premier, le Cameroun. C’est vraiment un Continent de pays ! Manekang.
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S’en vont les anges. 🎈🕊 Puis s’en vont les anges À tire d'ailes, en cadence Loin de toutes souffrances Ils s'envolent les anges Munis de leurs fragrances Partis en toute fulgurance Au Paradis vivent les anges Avec Dieu, enfin ils dansent Adieu Carole, belle Ăąme d’Orange đŸ™đŸŸâ€ïž
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Samedi 06 juin 2026 🎈 Comme tous les ans, les amis de l’artiste de gĂ©nie Cyril Effala lui rendront un bel hommage digne de son influence sur les Ăąmes nĂŽtres. Les rĂ©pĂ©titions se sont intensifiĂ©es sous le magistĂšre du guitariste immense, mon ami Wilfried Etoundi. Ce sera gĂ©ant!
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