Quand
#Amandine est morte de faim de septicĂ©mie et de dĂ©faillance cardiaque, le 6 aoĂ»t 2020, Ă 13 ans, elle ne pesait plus que 28 kilos pour 1m55. Son corps Ă©tait couvert dâhĂ©matomes et de plaies, il lui manquait plusieurs dents et une partie de ses cheveux Ă©taient arrachĂ©s.
Vendredi aprĂšs-midi, la cour dâAssises de lâHĂ©rault a condamnĂ©
#Sandrine_Pissarra, sa gĂ©nitrice â lâemploi du mot « mĂšre » serait trop dĂ©placĂ© et serait, surtout, une insulte Ă la mĂ©moire de cet enfant-martyr â Ă la perpĂ©tuitĂ©, assortie de vingt ans de sĂ»retĂ©. On se prend Ă regretter quâil nâexiste pas, dans le code pĂ©nal français, de peine plus forte pour un tel monstre. Son beau-pĂšre,
#Jean_Michel_Cros, autre monstre par sa complicitĂ©, sâen sort avec 20 ans de rĂ©clusion. Le gĂ©niteur dâAmandine, quoique manifestement complice de Pissarra et coupable Ă minima dâune immonde lĂąchetĂ© nâĂ©tait pas poursuivi. Et puis, il y a les « autres » : les
#enseignants qui nâont rien vu pendant des annĂ©es, les
#services_sociaux qui ont ignorĂ© les appels Ă lâaide de lâenfant et se sont contentĂ©s des dĂ©clarations lĂ©nifiantes des adultes. A une surveillante, pourtant, elle avait confiĂ©: "Je vais mourir. Je ne tiendrais jamais. Lola, sâil te plaĂźt dis-moi combien de temps cela va durer..." Mais ces adultes lĂ non plus ne sont pas poursuivis. On espĂšre au moins que leur culpabilitĂ© les accompagnera pour le restant de leurs jours.
Car Amandine nâa pas eu de vie. EnfermĂ©e dans un cagibi sans fenĂȘtre et sans chauffage, avec la machine Ă laver, elle nâen sortait que pour aller Ă lâĂ©cole (jusquâau premier confinement). Elle ne mangeait jamais Ă la table de sa « famille », dans lâindiffĂ©rence totale de son « frĂšre » et de sa « sĆur » (qui il est vrai, Ă©taient Ă©galement maltraitĂ©s, mais nettement, nettement moins) et nâĂ©tait que chichement nourrie. Quand ses bourreaux lâextrayaient de sa prison pour faire le mĂ©nage, elle Ă©tait dĂ©nudĂ©e « afin de ne pas pouvoir voler de goĂ»ters dans les placards », dira sa « sĆur ». Et quand la famille allait se promener ou se rendait au bord dâune riviĂšre pour un moment de dĂ©tente, elle nâĂ©tait jamais lĂ mais restait enfermĂ©e dans son cachot. Avant mĂȘme dâĂȘtre morte, Amandine Ă©tait dĂ©jĂ , pour tous, un fantĂŽme. Une absence.
JâarrĂȘte lĂ car cette histoire est atroce. Elle est de ceux qui nous fait honte de notre humanitĂ© : aucun animal ne se comporterait comme ses tortionnaires. Si, un dernier mot : quand elle est morte, Pizzarra et Cros ont tentĂ© de la ranimer. Au bout dâun moment, sa sĆur a lĂąchĂ© : « Laissez tomber, elle est morte ». Et ce fut sa seule oraison funĂšbre.
La sociĂ©tĂ© aujourdâhui, lui a rendu justice. Une justice quâelle a attendu durant toute sa jeune vie.
Je ne suis pas croyant et je ne sais pas sâil existe un endroit oĂč vont les morts. Mais jâespĂšre quâAmandine a enfin trouvĂ© la paix et que la nuit lui est douce.