Joined July 2015
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On s’amuse de voir Raoult clouer le bec à Perronne et Palomba. Je suis le premier à déguster l'ironie de la chose. Mais elle raconte quelque chose de plus important que la victoire momentanée de "notre camp" sur "le leur" et personne n'en parle, comme trop souvent. D’abord, elle rappelle que le complotisme n’est pas une doctrine cohérente. Prouver que les complotistes se contredisent n'a quasiment aucun intérêt. J'en sais quelque chose par mon expérience dans ce milieu, les croyances les plus contradictoires peuvent y coexister pacifiquement (ou de façon plus salée comme ici, mais c'est rare), parce que ce qui fait l’unité du groupe n’est pas une vérité commune. La même personne peut croire sérieusement que Lady Di est encore en vie, et aussi qu'un complot a commandité son assassina, et avec conviction sioupé. Ce qui réuni dans le complotisme (et manque un peu dans le scepticisme ?), c’est une défiance commune envers ceux qui sont habituellement chargés de produire, vérifier et arbitrer la vérité. Très souvent, le complotisme nait de la déception envers les trop belles promesses, les prétentions, les dissimulations pratiques et les arrangements en tous genres de la vérité institutionnalisée d'où qu'elle vienne: politique, industrie, médias... Raoult occupe ici une place particulière. Pour cellezéceux qui s'arrêtent au sens strict c'est incompréhensible puisqu'il vient du monde institutionnel. Mais il a construit son personnage public autour de sa liberté, son indépendance: l’homme de terrain qui voit ce que les bureaucrates, les médias et les "fonctionnaires de la science" seraient incapables de voir. Il pouvait donc devenir une autorité pour des gens qui prétendent justement refuser les autorités. Aucun problème. Je vais sans doute vous décevoir mais, le voir traiter brutalement d’autres figures de cette galaxie ne fera pas s’effondrer grand-chose. On risque même de revoir ça souvent, vu que ça a buzzé pas mal. Une communauté unie par le rejet de l'arbitrage de la vérité par les institutions peut parfaitement tolérer que ses contre-autorités se contredisent, même sur les choses les plus fondamentales. Certains vont même s'en féliciter et je dois vous avouer que je pense qu'ils le peuvent, au moins pour l'ouverture à la diversité d'opinions. Hé béh si. Chacun choisira simplement l'autorité dont la contradiction menace le moins son propre récit. Peu importe, l'objectif commun reste intact: combattre le fantasmatique pouvoir imposé par les institutions. Quelque chose qui crée manifestement une plus grande tolérance de la différence que rassembler autour de la recherche de la méthode la plus efficace pour déduire le réel. Mais... notre jubilation dit aussi quelque chose de nous, chers curieuzezécurieux. Je m’y inclus volontiers: c’était marrant de voir ceux que nous percevons comme appartenant au même camp se déchirer entre eux (en sachant que franchement, les sceptiques n'ont aucune leçon à faire là dessus...). On ressent cette petite satisfaction très humaine : "Même Raoult trouve qu’ils racontent n’importe quoi." En rire n’est pas un problème. Le problème commence lorsqu’il tient lieu d’analyse. Car nous nous mettons alors, nous aussi, à penser en camps: eux contre nous, leurs figures contre les nôtres, leurs humiliations comme autant de points gagné dans un match que je trouve, excusez moi, un peu puéril. Or le vrai désaccord est moins arrangeant, moins confortable. Il n’oppose pas simplement les gens qui font confiance aux institutions à ceux qui pensent par eux-mêmes. Il n’oppose même pas la confiance à la méfiance. Le complotisme peut réclamer des preuves impossibles aux institutions, puis accepter une vidéo, une intuition ou la parole d’une contre-autorité dès lors qu’elle confirme que les institutions mentent. L’indépendance devient alors non plus une condition souhaitable de l’enquête, mais une condition initiale à la possibilité de vérité: si quelqu’un est rejeté par le système, c’est qu’il peut détenir une part de cette vérité qui gène le mensonge du système. Cette part de vérité tant recherchée est tellement précieuse qu'elle pousse à tolérer jusqu'au mépris de Raoult. Évidemment, on va le rappeler, cette méthode ne marche pas du tout. On peut être seul, courageux, sincère, indépendant, et profondément se tromper. Il existe malgré tout, derrière beaucoup de trajectoires complotistes, un malentendu que je trouve important de prendre au sérieux. Les sceptiques cherchent idéalement une méthode qui résiste le mieux possible au réel. Les complotistes sincères cherchent souvent une source de vérité qui résiste le mieux possible au pouvoir. Ce ne sont pas deux méthodes équivalentes. La seconde ne permet pas, à elle seule, de départager le vrai du faux. Mais ce sont deux inquiétudes légitimes et humaines, qui concernent tous les camps: Comment ne pas être trompé par le réel, et comment ne pas être trompé par ceux qui prétendent le décrire ? Voilà pourquoi cette scène est intéressante. Pas parce que Raoult aurait soudain rejoint "notre camp" mais parce qu’elle montre qu'il n'en existe réellement aucun. Il ne s'agit plus de faits partagés, seulement d'autorités concurrentes et de publics qui choisissent leur champion au gré du vent. Et vous, ça vous a fait quoi d'aimer Raoult ?
La gueule des complotistes quand ils se font dézinguer par Raoult, c'est collector ...
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Étienne Klein et la New Beat. Vous l’avez certainement vu passer, porté aussi bien par ses défenseurs que par ses accusateurs : selon les informations d’Arrêt sur images, @EtienneKlein va perdre son doctorat en philosophie des sciences en raison des nombreux plagiats présents dans sa thèse soutenue en 1999 lorsqu'il avait 41 ans. (Au moment ou j'écris, la décision publique de l’université n’est pas disponible. Un peu comme une décision de justice, elle n'est pas encore rendue.) Depuis, les articles à charge circulent. Certains sont nécessaires et documentés. D’autres transpirent une fascination plus trouble pour l’iconoclasme: le plaisir de voir tomber une figure admirée, comme si la chute d’une statue constituait en elle-même une victoire de l’esprit critique. J'ai du mal à contenir ma nausée, je vous avoue. De son côté, Klein produit une défense qui lui est désormais familière: il reconnaît des manquements, mais en réduit la portée. À lire sa lettre publiée sur X, on pourrait croire à juste quelques phrases dont les guillemets auraient été oubliés. Ce n’est hélas pas ce que montre le dossier. Il ne s’agit pas seulement de citations imparfaites ni de quelques emprunts isolés. Les comparaisons publiées font apparaître des paragraphes, et parfois des pages entières, repris presque à l’identique. La mise en couleur des passages correspondants est édifiante. La gravité du problème ne peut raisonnablement plus être niée. Pour autant, il serait bon de la mesurer, cette gravité, sans mauvais jeu de mot. Sa comparaison avec ChatGPT ne le sauve pas davantage. Elle lui vaudra probablement, et assez justement, une accusation de "whataboutisme" (comparer deux trucs pas vraiment comparables comme le financement de l'armée et le logement des sans abris): les raisons pour lesquelles nous devons aujourd’hui réfléchir au fonctionnement des modèles de langage ne sont pas comparables aux obligations d’un chercheur de 41 ans soutenant une thèse en 1999. Les règles de citation existaient. Elles étaient connues. Elles ont été enfreintes, point. Voilà pour les faits. Mais les faits ne nous dispensent pas d’essayer de comprendre, surtout si on se prétend sceptique. Et donc en tant que sceptique, je vous invite, contrairement à certains de mes anciens collègues davantage amateurs de déculottées publiques que de miroirs, à examiner l’affaire intégralement avant de transformer un constat en "portrait moral" définitif comme le veut la tendance. Un mot comme "plagiat " désigne une transgression réelle. Mais il ne nous dit pas, à lui seul, comment cette transgression s’est produite, ce qu’elle révèle de son auteur, ni quelle réponse proportionnée nous devrions lui apporter. C'est un lieu de rendez-vous pour réfléchir, et non une conclusion en soi. J’ai connu quelqu’un qui plagiait de manière presque compulsive. Je ne poserai évidemment aucun diagnostic, mais son comportement m’évoquait davantage une forme de kleptomanie intellectuelle qu’une stratégie consciente. Cette personne semblait littéralement incapable de comprendre le problème: elle absorbait les créations des autres, entières, puis les restituait telles quelles comme si leur origine avait été effacée. Effectivement aujourd'hui cette personne peut probablement vivre sa tendance tranquillement dissimulé derrière les reformulations d'une IA. Cette expérience m’a appris qu’on ne peut pas jeter automatiquement dans le même sac tous ceux auxquels on applique le mot "plagiaire". Et c’est ici qu’il faut revenir en 1999. Je me souviens très bien de ce monde-là. Internet balbutiait encore et n’intéressait guère le grand public. Il existait une forme de caste sociale composée de ceux qui avaient simplement réussi à accumuler énormément de connaissances. Dans mon village, certaines personnes étaient principalement respectées parce qu’elles "savaient beaucoup de chose". Le médecin en était naturellement l’exemple parfait (j’apprendrais trente ans plus tard qu’il n’était d’ailleurs pas particulièrement bon). On présupposait volontiers qu’une personne ayant accumulé beaucoup de savoir était plus respectable qu’une autre. Personne n’aurait lancé à un érudit : "Oui, bon, t'as trouvé ça à la bibliothèque", avec le mépris que l’on entend aujourd’hui dans : "Tu as trouvé ça sur Internet." Vous me direz que la bibliothèque et Internet ne sont pas la même chose. Précisément. Klein s’est construit dans un monde qui récompensait fortement le fait de savoir, de retenir, de relier et de restituer. Notre époque valorise davantage le savoir-faire, la capacité de vérifier et le savoir-trouver. La frontière n’est évidemment pas absolue, mais le déplacement culturel est réel. Cela ne change pas les règles de 1999. Cela peut toutefois nous aider à comprendre le type d’intellectuel que Klein est devenu au fil du temps, pour réussir à s'élever dans son monde à lui. Ce sont ses deals faustiens à lui. Après les premières révélations concernant son livre Le Pays qu’habitait Albert Einstein (qui contenait déjà plusieurs passages repris d’autres auteurs) j’ai commencé à observer plus attentivement sa manière de travailler, qui est à peu près identique que ce soit en radio, conférence, bouquin ou article de presse. Klein semble fonctionner depuis toujours comme un assembleur. Il constitue un immense stock de notes, de phrases, d’anecdotes, d’images et de paragraphes. Quand on lui demande de parler d’un sujet, il prélève dans ce stock les pièces qui lui semblent pertinentes et compose avec elles un nouveau tableau. Il ne fait pas que restituer, il tisse des liens entre des morceaux de connaissance véritable pour souligner un sujet, voire faire émerger une proposition neuve comme ses livres sur le temps. C’est un formidable assembleur de pièces de puzzles. Mais une (très grande) partie de ses pièces a perdu son étiquette. De son propre aveu, nombre de ses notes ne comportaient plus de références suffisamment précises. Il n’y avait, pourrait-on dire, aucune "gouvernance des données" chez Klein. En clair, c'était un peu bordélique bien que redoutablement efficace (l'un favorisait il l'autre ...?). L’origine d’une formulation s’effaçait tandis que la formulation, elle, demeurait telle quelle. On pourrait facilement réaliser un montage à la manière de Quotidien, mettant en parallèle toutes les conférences dans lesquelles il réutilise les mêmes histoires (la grande majorité sont les siennes, n'exagérons rien non plus...), les mêmes images et les mêmes phrases. J’avais moi-même cessé de l’écouter régulièrement ....parce que j’attendais qu’il renouvelle son stock de pièces. Ce mode de fonctionnement n’excuse rien. Un chercheur et un auteur ont précisément la responsabilité de connaître l’origine des matériaux qu’ils emploient. C'est le principe, nous sommes des maillons de la connaissance, et il est important de ne pas s'approprier ceux des autres (d'autant que ça ne change pas grand chose, on brille tout autant en société en sachant citer de belles choses qu'en en générant). Mais il permet peut-être de qualifier plus précisément ce que Klein a fait. Vous savez ce que cela me rappelle ? La New Beat. En 1989, Confetti’s sort C in China, un morceau construit à partir d’éléments sonores évoquant très directement plusieurs œuvres préexistantes, notamment l’univers des Concerts en Chine de Jean-Michel Jarre (un must, soit dit en passant). Pourtant, les éditions publiques du disque ne créditent comme auteurs que mes compatriotes Serge Ramaekers et Dominic Sas. S’ensuivirent naturellement un immense scandale, un procès historique, la destitution des coupables et le retrait de toutes leurs récompenses. Non, je plaisante. Il ne se passa pratiquement rien. La musique populaire affrontait alors la généralisation du sampling. Les techniques évoluaient plus rapidement que les normes et les pratiques juridiques. C’est finalement tout l’écosystème musical qui dut absorber le choc, clarifier les droits et redéfinir les frontières entre citation, transformation, hommage et appropriation. Ouf pour Serge et Dominic, coup de bol, pas besoin de rédemption publique. Vous les jugez autant, plus ou moins que Klein pour ce qu'ils ont fait ? Aujourd’hui, la musique traverse un nouveau bouleversement avec l’intelligence artificielle. Elle l’absorbera également. Redistribuer les cartes ne signifie pas les faire disparaître. Mais en 1999, la recherche universitaire ne découvrait pas soudainement de "sampling littéraire". Les règles étaient parfaitement établies et stables. Klein les a ignorées, ou progressivement cessé de mesurer leur importance, pour des raisons qui demeurent en partie incertaines et à ce stade - à mon sens - ne regardent que lui et sa conscience. Savait-il toujours qui il recopiait lorsqu’il reprenait l’un de ses paragraphes ? Probablement parfois oui, parfois non. Il est plausible qu’au fil des années, l’origine de certains fragments ait disparu de son système de notes et qu’il ait perdu avec elle le réflexe de considérer cette origine comme essentielle. C’est une hypothèse explicative, pas une absolution. Reste alors sa défense actuelle. Elle minimise encore le problème, et c’est profondément décevant. Après tant d’années et tant de révélations, on aurait pu espérer une reconnaissance claire : "J’ai adopté une méthode de travail défaillante. Elle m’a conduit à m’approprier les formulations d’autres auteurs. J’ai eu tort. Je vais faire tout ce qui est possible pour corriger ce qui peut encore l’être." À la place, nous retrouvons l’un des mécanismes humains les plus ordinaires : quand reconnaître ses torts menace trop fortement l’image que l’on a construite de soi, on concède le détail et l’on conteste l’ensemble. Ce mécanisme n’a rien d’exceptionnel. Je peux même le comprendre : j’ai moi-même goûté plusieurs fois à ce que coûte une reconnaissance entière de ses torts, lorsqu’on essaie de ne pas se réfugier derrière les nuances, le contexte ou ses bonnes intentions. Cela m’a beaucoup apporté, mais cela m’a aussi beaucoup coûté. J’ai néanmoins toujours pensé que cette disposition était indispensable au scepticisme. À quoi bon apprendre à débusquer les biais, les rationalisations et les contradictions si nous ne sommes pas capables de retourner quand il le faut ces outils contre nous-mêmes ? Je ne prétends certainement pas réussir toujours cet exercice. Mais je regrette qu’il soit si souvent célébré en théorie et si rarement pratiqué lorsque l’aveu menace réellement une réputation, une position ou l’image que nous avons de nous-mêmes. Et lorsque je vois certaines personnes prendre un plaisir presque jubilatoire à exposer Étienne Klein, je ne peux m’empêcher de remarquer qu’elles sont elles-mêmes loin d’être des modèles lorsqu’il s’agit de s’appliquer leurs propres principes. Je viens d’un monde où salir publiquement quelqu’un au-delà de ce qui est nécessaire pour établir les faits revient aussi à se salir soi-même. Alors voilà, curieusezécurieux : dans cette affaire, je ne trouve guère de héros. Je ne vois aucune vertu dans les défenses qui minimisent la gravité des emprunts. Mais je n’en vois pas davantage dans les réquisitoires qui résument les personnes à une faute, généralisent la charge à l’ensemble d'un travail et semblent attendre son effacement avec une gourmandise à peine dissimulée. Encore une fois, les positions les plus extrêmes occupent tout l’espace. Et les sceptiques les plus visibles ne sont pas nécessairement ceux qui nous invitent le mieux à la prudence épistémique. Alors je le fais. Examinez les faits. Essayez de comprendre les mécanismes. Distinguez la transgression, son intention probable, ses conséquences réelles et la réponse que vous jugez proportionnée. N’adoptez pas l’opinion de celui qui vous aura raconté l’histoire avec le plus de conviction. Étudiez ses différents aspects, puis confrontez les à vos propres valeurs. Souvenez-vous également que vous êtes, vous aussi, un diable parmi les diables : un être humain capable de rationaliser ses erreurs, de défendre son image et d’oublier d’appliquer à lui-même les principes qu’il exige des autres. Vous obtiendrez alors VOTRE opinion. Et elle sera votre droit le plus strict. En dehors de cette opinion, il reste toutefois les règles. Étienne Klein les a enfreintes. Ce fait n’est plus sérieusement contestable. Il semble encore résister à l'idée d’en reconnaître pleinement l’ampleur. Mais son travail ne se réduit pas à ces infractions. Le mot "plagiat" ne raconte pas du tout la même histoire dans tous les cas. Et nous devons nous méfier de ceux qui entretiennent volontairement la confusion entre établir un plagiat, juger une œuvre entière et réclamer l’effacement, le cancel pur et dur, d’une personne entière. Étienne Klein est une sorte de sampler. Cela explique peut-être une partie de ses pratiques sans les rendre acceptables. Mon opinion personnelle est qu’il devrait désormais reconnaître les faits sans les réduire, corriger ce qui peut l’être (notamment la thèse), créditer les auteurs auxquels il a emprunté et laisser ensuite le temps faire son travail. Nous avons encore besoin de personnes brillantes comme lui. Toutes les personnes brillantes vous décevraient un jour sur une durée suffisamment longue, les grands sages n'existent pas. Mais avoir besoin de leur intelligence ne signifie pas devoir nier leurs manquements. Chaque être humain devrait avoir droit à une possibilité de réparation proportionnée aux efforts qu’il accomplit pour réparer. Et si nous ne laissons aucune place au rachat, nous ne défendons plus l’intégrité: nous construisons seulement une société dans laquelle reconnaître ses torts devient suicidaire. Nous serions alors coresponsables, à mon sens. La véritable question n’est donc pas de savoir si Étienne Klein doit être innocenté ou détruit. Elle est de savoir s’il acceptera enfin de regarder sa méthode en face et si nous sommes encore capables, collectivement, de distinguer la justice du pilori. Prenez soin de la méthode avec laquelle vous jugez vos semblables.
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Petit hors-sujet très assumé. J’ai passé ces dernières semaines à fabriquer presque obsessionnellement un datapack Minecraft Java appelé Wrong Yellow. L’idée n’était pas de copier les Backrooms dans Minecraft, mais d’imaginer ce que donnerait une anomalie liminale générée selon les règles propres du jeu : des lieux et une dimension que Minecraft n’aurait jamais dû générer. C’est 100 % vanilla : -aucun mod -aucun shader -aucun resource pack Collez juste le fichier dans le bon dossier, that's it. Je sais parfaitement que ce n’est pas le public habituel de ce compte, donc ne cliquez pas “pour me faire plaisir” si Minecraft ne vous intéresse pas (mais merci pour l'intention🥰). Mais si vous aimez Minecraft Java, les Backrooms, les espaces liminaux ou les projets indés un peu obsessionnels, la vidéo de présentation (un peu flippante) est ici : youtu.be/Twwm6WeKtKo Le datapack est gratuit.
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Comme ça, vous savez.
Et oui, c’est bien lui à droite, toute à droite sur la photo. Époque antivax dans les manif Philippot.
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Mr.Sam - Point d'interrogation retweeted
Pour la petite histoire, en octobre 2021 à Paris, j'avais participé à une interview de Xenia Fedorova, alors directrice de Russia Today France, l'agence d'influence étrangère russe. Je garde le souvenir d'une femme charismatique, mais froide et calculatrice. Après la petite visite des locaux de Russia Today, elle nous avait reçu dans son bureau. On lui avait dit un peu au dernier moment que je venais, on espérait qu'elle ne me connaisse pas, et qu'elle ne sache pas que je parle russe (on sait jamais, ça peut servir pour entendre des choses). Elle faisait une forte impression, mais tout sonnait faux chez elle. Chacune de ses phrases semblait savamment choisie, préparée, calculée, policée. La moindre question un peu dérangeante, par exemple sur ses liens avec le régime de Poutine, donnait lieu à une session intense de victimisation à base de "mais de toute façon vous n'aimez pas la russie", "on ne fait que donner notre point de vue", "c'est de la censure", etc. On lui montrait des documents écrits noir sur blanc par le gouvernement russe, disant que RT France avait pour but de faire de la propagande ; elle tournait ça en procès d'opinion injuste, avec la Russie dans le rôle de la pauvre petite victime. Commedia dell'arte, acte 2 scène 2. Au final, elle s'était tournée vers moi et m'avait dit qu'elle savait que j'avais dit du mal de Russia Today, sur le plateau de BFM, à telle date. Elle s'était renseignée sur moi. Elle avait coupé court à l'interview suite aux questions sur sa vie privée et son petit ami de l'époque (le gérant de la chaine Youtube Thinkerview) avec qui elle avait été aperçue en soirée. Par respect, nous n'avions pas évoqué cela dans notre article. Avant de partir, elle m'a souri et m'a parlé en russe. "Как вам Петербург?" Elle savait depuis le début. J'en ai frissonné. Xenia Fedorova n'est pas journaliste, elle joue à un niveau bien plus élevé que ça. Et ses intentions à l'égard de la France ne sont pas bienveillantes.
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Force est de constater que l'"AI slope" est systématiquement la dernière étape avant la claque.
Sailor Moon X Tarantino. Prenez mon argent !
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Accuser publiquement, ce n’est jamais anodin. Se taire face aux victimes non plus. Entre les deux, il y a une zone difficile, inconfortable, explosive : méthode, preuves, prudence, parole, réparation. La sulfureuse Demon Wild Eye vient de sortir une enquête sur #BalanceTonYouTubeur. Elle est nécessaire. Regardez et partagez🔥
Ma nouvelle enquête est enfin disponible sur ma chaîne YouTube Wildeye Demon : youtube.com/watch?v=D8y11CMD… Je rouvre les dossiers de #BalanceTonYouTubeur pour comprendre ce que nos certitudes laissent dans l’ombre.
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Il y a peu, j’ai recommandé la chaîne de Franky / Pourtoninfo avec beaucoup d’enthousiasme. Je voyais dans son travail quelque chose de stupéfiant : des débunks capables d’obtenir une vraie visibilité, parfois autour de 30 % des likes du post initial, sur des figures très exposées comme Aberkane, Raoult, Le Pen, Bardella, Mélenchon, etc. grâce à un workflow d'écriture assistée par IA. Certes, avec très peu de bienveillance, c'est une chose qui ne me plait jamais mais avec laquelle j'ai appris a composer en plus de 10 ans, autre débat, ce n'est pas le sujet ici. J’y voyais peut-être une piste : l’IA, bien utilisée, pouvait aider à inverser un peu cette saleté de loi de Brandolini. Et manifestement, c'est bien réel. Il se passe quelque chose, comme une nouvelle dynamique, entre l'esprit critique et l'IA. Mais encore une fois, autre débat pour une autre occasion. Depuis quelques jours, j’ai découvert, comme vous toutes et tous, que la personne derrière ce compte avait menti sur des éléments importants de son parcours, de ses titres et de ses compétences. S'était inventé une vie XXL, et ce à de nombreuses reprises dans le passé. C’est grave. C’est inadmissible. Et c’est encore plus grave quand on prétend combattre l’imposture et la désinformation. Je regrette donc de vous avoir recommandé ce compte sans connaître ces éléments. J’ai été trompé, comme beaucoup. Y compris par mon enthousiasme bien entendu. Il n'y a aucune honte à avoir à ça. Il y en aurait à refuser de le reconnaître. Quand j’ai appris les faits, j’ai confronté Franky directement à ces derniers, car nous avons tissé quelques liens entretemps. Je voulais faire un truc simple : suspendre mon jugement jusqu’à sa réponse officielle, publique, après confrontation. Pas pour le protéger. Pas pour minimiser, mais pour ne pas formuler un verdict public avant d’avoir sa version murement réfléchie et assumée. Il y a la dissonance cognitive comme vous savez, elle prend du temps. Bref, faire ça proprement sans l'influencer autrement qu'en lui disant "voici les faits, voici ce que j'en pense, à ton tour". Mais alors que j'attendais la prise de parole et d'actes de Franky pour m'exprimer sur ce que je savais déjà être une déclaration de rupture de confiance, d'autres sceptiques, pourtant au courant de l'état de la confrontation, ont décidé sans prévenir de condamner publiquement Franky, modifiant à coup sur l'issue de sa réflexion et coupant court à l'échange que j'avais avec lui. Ceci m'a poussé à critiquer leurs actes aussi. Cette position a été caricaturée, notamment par des comptes qui ne me tiennent plus trop en estime au point de me bloquer, mais de quand même parler de moi sans que je puisse répondre. On apprécie ce nouveau classique que je vous laisse juger. Ma position, je la maintiens pourtant : suspendre son jugement n’est pas absoudre. Je pense que ces sceptiques ont eu tort de dresser un procès public avant cette réponse. Mon désaccord avec eux ne porte pas sur la gravité des mensonges, mais sur la méthode. La méthode est au cœur de tout à mes yeux. Avant même le besoin de faire justice. J'espère qu'ils me feront le privilège d'essayer, avec neutralité et objectivité, de comprendre un peu mes propos, avec une vraie ouverture à la différence de principes. On peut condamner une imposture et refuser une mécanique de tribunal public immédiat. L'un n'exclu pas l'autre. Voici donc ses aveux. Vous avez les faits, vous avez sa réponse, vous avez les critiques. À vous de juger. À mes yeux, le contrat de confiance envers le contenu de ce compte est rompu. S’il poursuit son activité, il faudra vérifier ce qu’il affirme avec une vigilance accrue. Je suis en colère contre Franky pour ses mensonges. Je suis aussi en colère contre ceux qui confondent exigence critique et procès public précipité. Je ne veux choisir aucune de ces colères. Aux curieuzezécurieux qui m’ont fait confiance lorsque j’ai recommandé ce compte : je vous devais cette clarification. Je suis désolé. J’ai peut-être vu émerger un outil utile contre la désinformation, j’ai aussi manqué des signaux importants. C'est ainsi, je ne prétend pas valoir mieux que quiconque sur le fait qu'on peut endormir ma vigilance. Néanmoins je conserve mon enthousiasme. Les fruits que j'ai vu étaient réels, je fais mon travail en cherchant ce qui leur permet de pousser et je continuerai tel quel, avec un peu plus de vigilance sur ce nouvel angle mort et en vous promettant d'en faire toujours de même pour les suivants, qui ne manqueront pas. La suite vous appartient à toutes et tous.
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Ce mélange de légèreté et de perfection emballé par une maîtrise impeccable est fascinant.
ニャッキの伊藤有壱さんにお声掛け頂き、コマ撮りの展覧会に一作家として参加しています。私はコマ撮り分野ではない場所から活動をはじめて、デザインの視点でのコマ撮りに取り組んできましたが、今回初めてコマ撮り界の本丸の方々とご一緒でき嬉しいです。今6年目のマッチ撮影素材等を展示しています
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Que la quatrième soit avec vous.
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Un type dont le chauffeur me confiera qu'un soir il lui ai dit "le monde est antisémite, je suis obligé de cacher mes origines et d'être raciste". Potin de technicien oui, mais ça fait beaucoup là non ?
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Alors, que la justice fasse son travail. Mais moi, ça fait des années que je sais que quand on vient me casser les lucioles avec des généralités sur la toxicité des hommes et autres conneries, c'est à ce genre de mufle qu'on le doit.
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Vous avez déjà vu des "films de youtubeur" ? Quand on donne le gros joujou "équipe à 10M€" à des mecs qu'on pensait propices à créer de la bonne fiction parce qu'ils rassemblent déjà le public sans besoin d'école de ciné ? Bon ben vos films IA, ils me font le même effet.
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