« GÉNOCIDE ». La principale association internationale de spécialistes du génocide a adopté dimanche 31 août 2025 une résolution affirmant que les critères juridiques permettant de déterminer qu'Israël commet un génocide à Gaza étaient remplis, devenant la huitième organisation dans le monde à conclure à cette qualification juridique.
« Les politiques et les actions d'Israël à Gaza répondent à la définition juridique du génocide telle qu'elle figure à l'article II de la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide (1948) », affirme le texte soutenu par 86 % des votants de l'Association internationale des chercheurs du génocide (IAGS), qui compte 500 membres.
Pour arriver à la conclusion qu'un génocide est commis par l'armée israélienne à Gaza, le texte de trois pages se fonde sur sept critères distincts :
- L’ampleur des crimes commis
- La cible principale : les civils
- La destruction de l’avenir palestinien
- Les déclarations de responsables israéliens
- La destruction systématique de conditions de vie
- Les constats d’organismes internationaux
- Le consensus d’experts
Créée fin 1994, l'association des spécialistes du génocide exerce un poids académique et politique notable dans le domaine de l'étude et de la prévention des génocides. Organisation interdisciplinaire et non partisane qui rassemble des universitaires, militants, artistes, survivants, journalistes, juristes et décideurs publics à l'échelle mondiale, elle a adopté jusqu'ici neuf résolutions reconnaissant des épisodes historiques ou en cours comme des génocides.
Dans son texte, l'IAGS stipule également que l'attaque du 7 octobre 2023 du Hamas contre Israël, qui a déclenché l'opération israélienne, constituait un "crime international".
Avec cette nouvelle résolution, l'IAGS devient la huitième entité, organisation ou rapporteuse internationale à conclure à la commission d'un « génocide » ou d' « actes génocidaires » par Israël à Gaza : la Commission internationale indépendante d’enquête de l’ONU sur les territoires palestiniens occupés, la rapporteuse spéciale de l'ONU pour les territoires occupés Francesca Albanese, le Comité spécial de l'ONU chargé d’enquêter sur les pratiques israéliennes dans les territoires palestiniens occupés, la Fédération internationale des droits de l’homme, et les ONG internationales de défense des droits de l'homme Human Rights Watch, Amnesty International et Médecins Sans Frontières.
En réaction, le ministère israélien des Affaires étrangères a dénoncé une "honte pour la profession juridique et pour tout standard académique", reposant selon lui "entièrement sur la campagne de mensonges de Hamas et sur le blanchiment de ces mensonges par d'autres". Selon la diplomatie israélienne, « l'IAGS n'a pas effectué la tâche la plus élémentaire en recherche, qui est de vérifier les informations ».
Le 26 janvier 2024, les dix-sept juges de la Cour internationale de Justice (CIJ), plus haute juridiction des Nations unies, ont estimé qu' « il existe un risque réel et imminent qu’un préjudice irréparable soit causé » à la population palestinienne de Gaza, avant d'ordonner à Israël de « prendre des mesures immédiates » pour permettre la fourniture « de l’aide humanitaire à la population civile de Gaza ». En revanche, il faudra à la CIJ plusieurs années pour statuer définitivement sur la perpétration par l'armée israélienne d'un « génocide » à Gaza ou non.
LIRE la résolution de l'association des chercheurs sur le génocide :
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Source vidéo :
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