#Niger : l’habit ne fait pas le moine, même sous treillis
Le Niger traverse une période de turbulences administratives inédites. Alors que les civils ont longtemps été pointés du doigt pour leur gestion approximative des affaires publiques, un nouveau visage de mauvaise gestion en témoigne les messages radios relayes sur les réseaux sociaux, émerge : celui des hommes en treillis. Ces hommes investis dans les rouages de l’administration sont désormais rattrapés par des scandales de gestion, révélant une crise de gouvernance qui dépasse les clivages traditionnels.
Les révélations proviennent d’inspections ponctuelles, souvent déclenchées par des dénonciations anonymes. Ce qui étonne, c’est la circulation sur les réseaux sociaux de messages radios censés être confidentiels, exposant les fautes de gestion et les détournements de fonds. Ces documents, bien que non officiels, ont alimenté l’indignation populaire et mis en lumière des pratiques jusque-là dissimulées.
Ces dérives soulignent un problème structurel : le manque de formation en gestion administrative et en passation de marchés publics. Qu’ils soient civils ou militaires, les agents publics semblent mal préparés à assumer les responsabilités liées à la gestion des ressources de l’État. L’uniforme, longtemps perçu comme un gage de rigueur, ne suffit plus à garantir la probité.
Autre fait marquant : le silence des acteurs de la société civile. Ceux qui, hier encore, dénonçaient avec vigueur les abus des civils, semblent aujourd’hui muets face aux dérives des hommes en treillis. Une discrétion qui interroge, surtout lorsque certains de ces acteurs ont été récemment intégrés dans les sphères du pouvoir.
À chaque inspection, des têtes tombent. Mais la sanction se limite souvent à une simple révocation. Pas de poursuites judiciaires, pas de restitution des fonds. Les fautifs sont mis « au garage », en attente d’une prochaine nomination. Une pratique qui rappelle tristement les méthodes politiques d’antan : blanc bonnet, bonnet blanc.
Et maintenant ? Si l’État lançait une inspection générale des services, si la Cour des comptes reprenait son rôle avec rigueur, et si les marchés publics étaient audités en profondeur, le pays découvrirait sans doute l’ampleur réelle de la mauvaise gestion. Mais en l’absence de volonté politique au plus haut niveau, le cycle de l’impunité risque de se perpétuer.
La Redaction : Niger Stop Corruption