Je tiens à saluer aujourd'hui la mémoire d'une femme libre, indépendante et profondément engagée, qui tout au long de sa vie, aux côtés de Jacques Chirac, n'a cessé de faire vivre ses convictions au service des autres. Mes pensées affectueuses vont à sa fille Claude, à son petit-fils Martin et toute sa famille. Je l'ai bien connue et admirée pour la passion qu'elle mettait au service de ses convictions.
Bernadette Chirac fut bien davantage qu'une « première dame ». Élue conseillère générale de la Corrèze puis adjointe au maire de Sarran, elle fut l'une des rares épouses de chef de l'État à exercer un véritable mandat électif, ancré dans ce territoire qu'elle aimait et qui le lui rendait. Cet enracinement disait tout d'elle : la proximité, la fidélité, le sens du concret.
Pionnière dans l'accompagnement des plus fragiles, elle présida de 1994 à 2019 la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France. À sa tête, elle donna à l'opération des Pièces jaunes une ampleur nationale, transformant la générosité modeste de millions d'enfants en chambres parents-enfants, en maisons des adolescents et en équipements anti-douleur. Vingt-cinq années d'un engagement obstiné, qui aura amélioré le quotidien d'innombrables jeunes patients hospitalisés. Elle présida également, à partir de 2007, la Fondation Claude-Pompidou, au service des personnes âgées, malades et handicapées.
Au-delà du rôle protocolaire, elle a su gagner le cœur des Français par son énergie, son franc-parler et la sincérité de ses combats, pour la dignité des malades, pour l'inclusion des personnes en situation de handicap, pour ces causes que l'on n'ose pas toujours porter sous les projecteurs.
Femme de caractère, femme de cœur, Bernadette Chirac laisse l'image d'une vie entièrement tournée vers les autres. La France lui doit beaucoup. Qu'elle en soit, aujourd'hui, chaleureusement remerciée.
Dominique de Villepin
©️ Bernadette et Jacques Chirac en 1987. Gamma-Rapho.