Arthur Mensch disait récemment : “l'IA, ce sont des électrons transformés en tokens. De l'électricité transformée en intelligence.” Cette équation simple, la France vient de décider de la prendre au sérieux.
93 milliards d'euros annoncés au sommet Choose France du 1er juin. SoftBank, Brookfield, Salesforce. Catalogue de promesses ? En réalité, c'est la cartographie des infrastructures du XXIe siècle qui se dessine sur notre sol. Car ce qui se construit sous nos yeux n'est pas simplement une nouvelle industrie mais une nouvelle infrastructure. Derrière chaque réponse générée par une IA : de la puissance de calcul, des processeurs, des centres de données et, tout en amont, de l'électricité. Les gigaoctets sont des gigawattheures sous une autre forme.
Lorsque le pétrole a rencontré l'automobile, nous avons construit des routes. Lorsque le charbon a rencontré la vapeur, nous avons construit des voies ferrées. Aujourd'hui, la rencontre entre l'électricité et l'IA crée une nouvelle infrastructure dont le data center constitue le nœud essentiel.
Alors que certaines économies occidentales découvrent aujourd'hui la difficulté de construire une ligne électrique ou un terminal portuaire, la France demeure un grand pays d'infrastructures. Électricité abondante, décarbonée, pilotable, transportée par de solides réseaux : c'est précisément ce qui attire les investisseurs internationaux.
Mais le combat n'est pas gagné. Attirer les infrastructures est une chose. Capter la valeur qu'elles créent en est une autre. Personne ne trouverait normal que des trains remplis de voyageurs traversent le territoire sans jamais s'y arrêter. L'image vaut pour l'IA.
Or une infrastructure du XXIe siècle ne produira pas ses effets dans une économie organisée selon les réflexes administratifs du XXe. Si nous conservons les mêmes lourdeurs réglementaires, les mêmes complexités fiscales, les mêmes obstacles à l'investissement, la même complexité du cadre européen, un paradoxe redoutable se profile : disposer d'une infrastructure IA de classe mondiale tout en voyant notre productivité continuer de stagner.
Les trains de l'intelligence artificielle passent déjà par la France. La seule question est désormais de savoir si nous voulons être un simple pays de transit ou la gare centrale où se crée la valeur.
Notre chronique à quatre mains avec Yann Padova à lire dans
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