Le problĂšme des dĂ©croissantistes, câest quâils raisonnent comme si lâhumanitĂ© vivait enfermĂ©e dans un appartement sans fenĂȘtres, avec un compteur Ă©lectrique au mur et une bougie qui se consume lentement.
Dans ce monde mental fermé, chaque innovation finit naturellement par apparaßtre comme une menace. Chaque usine devient une faute morale, chaque data center un danger, chaque avion un péché supplémentaire contre la planÚte.
Leur logique est donc parfaitement cohĂ©rente⊠à condition dâaccepter leur point de dĂ©part : celui dâun monde aux ressources figĂ©es, aux frontiĂšres dĂ©finitives et aux possibilitĂ©s condamnĂ©es Ă rester constantes.
Ăvidemment, si lâon considĂšre que la production Ă©nergĂ©tique actuelle reprĂ©sente un plafond infranchissable, alors oui, la dĂ©croissance finit par sembler inĂ©vitable. Il faudrait produire moins, industrialiser moins, voyager moins, consommer moins, ralentir partout et sur tout.
Mais cette vision porte en rĂ©alitĂ© un autre nom : la capitulation devant lâavenir.
Car, depuis 5000 ans, lâhumanitĂ© fait exactement lâinverse. Câest lâhistoire dâune espĂšce qui repousse, mĂ©thodiquement, toutes ses limites : le feu, la vapeur, lâatome, le numĂ©rique, lâIA.
Et demain : les robots humanoĂŻdes, la fusion, lâespace...
Face Ă la nuit, le dĂ©croissantiste souffle les bougies pour les Ă©conomiser. LâhumanitĂ©, elle, a inventĂ© lâĂ©lectricitĂ©.
Nous ne sommes pas une civilisation nĂ©e pour apprendre Ă se restreindre Ă©ternellement. Nous sommes une civilisation nĂ©e pour explorer, construire, inventer et Ă©tendre le champ du possible. Et câest prĂ©cisĂ©ment ce qui est en train de se jouer aujourdâhui.
La rĂ©volution qui arrive ne sera pas seulement technologique. Elle sera simultanĂ©ment technologique, Ă©nergĂ©tique et industrielle. LâIA sans Ă©nergie abondante ne fonctionnera pas. La rĂ©industrialisation sans innovation ne fonctionnera pas davantage. Et la transition Ă©cologique elle-mĂȘme Ă©chouera sans puissance technologique massive.
Les trois devront avancer ensemble.
Cela exige une immense ambition collective, avec des dĂ©cisions courageuses sur le nuclĂ©aire, les infrastructures, la recherche, la robotique, la formation et lâinvestissement de long terme.
Le vrai progrĂšs nâa dâailleurs jamais consistĂ© Ă nier les limites. Il rĂ©side dans la capacitĂ© de lâintelligence humaine Ă les repousser sans perdre son humanitĂ©.
Je crois profondĂ©ment Ă la tempĂ©rance. Jâen parle dâailleurs dans "Le Nouveau Temps". Mais la tempĂ©rance ne sâoppose pas au progrĂšs. Elle en est peut-ĂȘtre mĂȘme la condition de survie. Ce nâest pas demander Ă lâhumanitĂ© de redevenir plus petite, plus lente ou plus faible. Câest lui apprendre Ă devenir plus puissante sans devenir plus brutale. La tempĂ©rance, câest une sagesse technologique.
Le destin dâune civilisation ne se mesure pas Ă sa capacitĂ© Ă ralentir. Il se mesure Ă sa capacitĂ© Ă produire assez dâĂ©nergie, assez dâintelligence et assez de courage pour continuer Ă avancer.
Le défi du siÚcle.