Le libre-échange et le capitalisme sont le seul levier qui ait jamais sorti des masses humaines de la pauvreté. Ce n'est pas une opinion, c'est le fait économique le plus massif des deux derniers siècles. La pauvreté extrême dans le monde est passée d'environ 40 % de l'humanité en 1990 à moins de 10 % aujourd'hui. La Chine seule a sorti près de 800 millions de personnes de la misère, le jour précis où elle a cessé de planifier et commencé à échanger. Aucune redistribution, aucune subvention, aucune "protection" n'a jamais fait ça. Seul le commerce libre l'a fait.
Et voilà un homme qui monte sur une estrade pour appeler ça "une religion absurde".
Posons le diagnostic honnêtement. La France n'est pas, et n'a pas été depuis quarante ans, un pays libéral. C'est une économie socialiste. La dépense publique y représente près de 57 % du PIB, le record absolu du monde développé. Le taux de prélèvements le plus élevé de l'OCDE. Un État présent dans chaque transaction, chaque embauche, chaque prix. Le mythe de la "France ultralibérale livrée à la jungle des marchés" est l'escroquerie intellectuelle centrale de notre vie politique. La France ne souffre pas d'un excès de marché. Elle souffre de n'en avoir presque plus. Le malade ne meurt pas de liberté, il meurt de son absence.
C'est précisément le libéralisme qui sauvera la France. Pas comme slogan, comme mécanique.
Alors disons ce qu'est le vrai libéralisme, parce que personne en France ne sait plus le définir. C'est la concurrence ouverte, le droit de propriété, l'État de droit, la liberté d'entreprendre et celle, vitale, de faire faillite. C'est un système où le consommateur est l'arbitre, où l'on s'enrichit en servant mieux les gens que le voisin, où aucun privilège n'est garanti par le pouvoir. Personne n'y est protégé. Tout le monde y est libre.
Le capitalisme de connivence, c'est l'inverse exact, et c'est ce que la France pratique depuis des décennies. C'est l'État qui choisit les gagnants. Les subventions aux amis, les monopoles abrités, les normes écrites pour tuer les petits et sanctuariser les gros déjà installés, la rente captée par le politique. Dans ce système, le profit ne vient plus du client, il vient du lobbying. On ne gagne plus en créant de la valeur, on gagne en achetant une faveur.
Et c'est là qu'il faut nommer la chose. "Protéger nos producteurs", c'est la définition même du capitalisme de connivence. C'est protéger des rentes installées contre la concurrence, et donc contre le consommateur, qui est toujours le plus pauvre, et qui paie l'addition à la caisse. Bastiat l'avait réglé il y a 180 ans : dans le protectionnisme, on voit l'usine sauvée, on ne voit jamais les millions de Français appauvris, les emplois jamais créés, le capital gaspillé. Glucksmann n'est pas l'ennemi du capitalisme. Il en est la pire version. Le capitalisme de connivence déguisé en justice sociale.
Soyons clairs, parce que plus personne n'est dupe. Ceux qui hurlent contre "l'ultralibéralisme" gouvernent le pays le plus étatisé du monde développé. La gauche et l'extrême droite communient désormais dans le même protectionnisme, ce qui prouve que le vrai clivage n'est plus droite contre gauche, mais liberté contre État. Ceux qui vous sortent de la pauvreté sont des marchands et des entrepreneurs. Ceux qui vous y maintiennent sont toujours, sans exception, ceux qui promettent de vous "protéger".
La France n'a pas trop essayé le libéralisme. Elle ne l'a jamais essayé.
Raphaël Glucksmann: "Nous mettrons fin à cette religion absurde du libre-échange généralisé. [...] Nous protègerons nos producteurs, et nous le ferons nous, pas l'extrême droite"
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