Iran : la paix en trompe-l’œil
On en est réduit à applaudir au bord de la route, comme pour le Tour de France, le passage d’une diplomatie américaine dont nous ne maîtrisons ni le parcours, ni l’arrivée.
Le communiqué européen publié ce 15 juin a quelque chose de presque indécent par ses silences. On y salue « chaleureusement » l’annonce d’un mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran. On y parle de stabilité régionale, d’économie mondiale, de liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, de nucléaire, de sanctions. Mais rien, ou presque, sur l’essentiel : le peuple iranien, la répression du régime, la sécurité d’Israël, les missiles, les milices et les proxies régionaux qui maintiendront la pression au Liban .
Ce que certains présentent déjà comme une victoire ressemble surtout à un retour au statu quo ante, mais en pire : dégel d’avoirs iraniens, allègement des sanctions, reprise d’un dialogue nucléaire, sans garantie claire sur le désarmement des leviers militaires de Téhéran.
Or le dossier iranien ne se résume pas aux centrifugeuses et aux sanctions. C’est aussi une question de peuples, de frontières, de missiles, de milices et de sécurité existentielle pour Israël.
La réalité est cruelle : l’Europe commente, s’inquiète, applaudit parfois, mais pèse peu. Elle regarde passer la caravane diplomatique américaine, pendant que Téhéran conserve ses instruments de pression au Liban, au Yémen, en Irak ou en Syrie.
Une désescalade peut être nécessaire. Mais sans contreparties vérifiables, y compris sur la sécurité d’Israël et sur l’appareil régional iranien, elle risque surtout de financer une pause stratégique plutôt que de construire une paix durable.
De quoi tenir jusqu’aux midterms américaines, et s’auto-congratuler au G7 peut-être. De quoi régler le problème iranien, certainement pas.
Mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran : la déclaration des dirigeants de la France, du Royaume-Uni, de l’Allemagne et de l’Italie.
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