Cette actualité fait beaucoup de bruit.
@BlackRock perd 6.5% sur la journée (ça c’est rare) et surtout, beaucoup de gens ne comprennent pas vraiment ce qui se passe. Cette incompréhension amplifie encore plus le bruit… et peut finir par amplifier le problème lui-même.
D’abord, ce n’est pas BlackRock qui refuse de permettre des retraits.m comme un échange de cryptomonnaie qui refuse les retraits, c’est très différent:
On parle d’un fonds spécifique de BlackRock, investi en « crédit privé ». Et dans ce type de fonds il existe presque toujours des limites contractuelles de retraits, souvent autour de 5 % par trimestre. Ces limites de retrait sont écrites dans le contrat pour une raison simple : les actifs détenus par ces fonds sont peu liquides.
Si BlackRock devait liquider trop vite les positions pour payer les retraits, ils devraient vendre ces prêts dans l’urgence… ce qui ferait chuter violemment les prix. Au final ce seraient les investisseurs eux-mêmes qui perdraient encore plus d’argent.
Ces clauses existent donc justement pour protéger les investisseurs. Évidemment si les capitaux sortent des fonds, BlackRock gagnera moins d’argent sur le long terme… Mais ce n’est pas vraiment eux qui sont en difficulté ici.
Le point intéressant est ailleurs:
Le problème c’est la perception du risque. Le bruit médiatique se propage et commence à toucher tout le marché du crédit privé.
1. Si les investisseurs ont l’impression qu’ils pourraient avoir du mal à sortir de ces produits, ils vont paniquer et vouloir sortir encore plus vite.
Et plus il y a de gens qui veulent sortir, plus la file d’attente des retraits / ventes s’allongent par peur de rester bloqués et encore plus d’investisseurs vont demander à sortir… cercle vicieux.
C’est exactement comme ça qu’on crée un choc de liquidité.
2. Cela montre aussi l’ampleur d’un problème plus profond dont je parlais dans ma vidéo sur OpenClaw. Même si ce n’est évidemment pas la seule raison des tensions actuelles, les entreprises SaaS sont en train de se prendre une claque énorme… notamment à cause de l’IA et de la peur que beaucoup de ces services logiciels deviennent rapidement obsolètes.
Si ces (mega géantes) entreprises commencent en plus à perdre l’accès aux financements privés, on peut réellement assister à un effet domino encore plus violent.
Il y a déjà de la casse sur certaines grosses boites. Mais ce qui inquiète vraiment les marchés et le prix de black rock ici, c’est la possibilité que cela se généralise en crise sur les marchés du crédits. (et non pas par la peur que blackrock nous face une FTX)