Sur Netflix, ÉGAlim pourrait être une série à succès, avec ses saisons, rebondissements, psychodrames. La loi initiale a enfanté 2 versions successives, 3 prolongations de ses mesures expérimentales (SRP 10 notamment) et plusieurs commissions d’évaluation ou groupes de travail.
Il y a quelques jours je donnais mon point de vue à
@SAFThinkTank.
Trop d'éléments dans cet empilement de lois contreviennent à la logique économique ou aux règles européennes. Les progrès du revenu agricole durant la période procèdent plus d'éléments conjoncturels et de l'évolution du rapport offre-demande que de la loi dont l'efficacité reste questionnée par les députés eux-mêmes. La dernière commission d’évaluation d’ÉGAlim 2 “considère ainsi qu’il est difficile de conclure à l’efficacité économique des nouvelles dispositions prévues par la loi ÉGAlim 2”.
Il faut rappeler que le problème posé par la tension sur les prix n'est pas le rapport amont-aval mais l'existence de concurrents plus compétitifs sur le marché, ce qui est sain, et de problèmes structurels de pouvoir d'achat dans le pays. D'ailleurs l'état du commerce extérieur devrait nous aveugler sur ce point.
En fait ces lois, croyant protéger, protègent surtout des efforts de compétitivité nécessaires des agents comme de l'Etat, et exposent ainsi la filière à l'importation et aux délocalisations, de la production comme de la négociation. Faire bien vivre le marché serait bien plus efficace que le contraindre.
Alors, ne faudrait-il pas repartir de zéro ?
Sans logique de marche en avant irréelle, sans sanctuarisation de prix impossibles, sans transparence dangereuse. Sans prétendre exporter à Bruxelles une règlementation dont nos voisins n'ont ni envie ni besoin.
Repartir de zéro, c'est à dire raisonner sur le réel, en se permettant d'imaginer sur un terrain vierge, vierge d'EGAlim, mais vierge aussi de la LME, de la loi Galland et même, pourquoi pas, de la Circulaire Fontanet.
Comme lorsqu'on fait un BBZ, budget base zéro, analyser la situation réelle (elle est bien moins manichéenne qu'on veut bien le croire), définir des objectifs collectifs (c'est à dire pour le pays, pas pour les agents économiques, ça c'est leur problème; par exemple, le revenu des agriculteurs ne peut être un objectif, le volume produit oui, ce qui amène à poser celui des investissements, de la rentabilité... qui permet de l'atteindre; donc le revenu est ici un moyen.) et poser un cadre normatif qui permettent aux agents de jouer librement au service de cet objectif.
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